Publié dans Le quotidien

Une vie de chat

P1040229Quand j’étais toute petite, ma maman ne pouvait plus s’occuper de moi. Mes frères, mes soeurs et moi-même étions trop nombreux, et ma maman avait eu la mauvaise idée d’établir ses quartiers à l’Université de Bourgogne. Une dame très gentille nous donnait à manger et elle se mit en quête de familles d’accueil. De bouche à oreille, on finit par me trouver une nouvelle maman. Quelqu’un de bizarre m’attrapa dans un carton et je rejoignis ma nouvelle demeure, un appartement dans le grand centre dijonnais, où je passai le plus clair de ma première journée et de ma nuit à miauler. Ma nouvelle maman décida de me faire un berceau et me donna un doudou. Elle veilla sur moi comme sur un petit humain, elle m’apprit à manger, à me laver, à faire mes besoins proprement. Puis nous commençâmes notre vie à deux.

Un jour, elle crut m’avoir perdu car je m’étais cachée dans un tiroir, j’avais très peur de l’aspirateur. Un autre jour, elle me promena en laisse dans la résidence, mais je n’aimais pas ça. une autre fois, elle m’apprit à profiter dignement des bains de soleil aux fenêtres. J’eux même un amoureux lors de mon séjour de vacances. Il y eut des gens en plus qui habitaient chez nous, qui disparurent, il y eut une nouvelle arrivante, très bruyante, il y eut également deux poissons, qui m’énervaient un peu. Alors un jour que ma maîtresse été absente, je fis pipi dans le bocal et ils moururent. Ce fut ma seule très grosse bêtise.

L’année suivant mon arrivée, ma maman prit donc un deuxième chat que j’élevais comme ma fille, car j’étais en manque de présence féline. Ma maman humaine travaillait beaucoup et j’étais privée de ses câlins alors elle me disait « Plus tard tu auras plus de croquettes ! ». Au final, nous déménageâmes trois fois, j’eus une cour, puis plus d’espace du tout, plus un grand appartement que nous partagions avec un vieux chat gris pas commode. Puis nous re-déménageâmes dans un appartement au Mans, et enfin, j’eus ma magnifique maison. Avec Nuga ma fille adoptive, j’ai ma propre chambre et j’ai des coussins partout à tous les étages. J’adore rester vers ma maman qui tape sur le claviers de l’ordinateur. J’ai connu le temps béni des téléviseurs et des écrans non plats, qui tenaient chaud aux cotes. Désormais je dois patienter à côté, ou sur les genoux de ma Maman…

Ma maman s’est donc installée avec un monsieur qui me donne à manger tous les soirs et change ma litière. Depuis, il y eut bien des aventures dans ma grade maison. J’ai une vie plutôt agréable, je peux sortir au jardin, paresser au soleil sur la terrasse… Mais ma maman a plusieurs maladies compliquées. Et quand elle est malade, Nuga et moi sommes également malades. J’ai une grosse tumeur qui s’est développée avec les maladies de ma maman, mais elle ne bouge plus désormais, c’est sur ma cuisse. J’ai aussi passé un certain temps à m’arracher les poils par plaques parce que je stressais car ma maman était gravement malade et prenait des traitements très pénibles. et puis je suis allée beaucoup mieux quand elle a attendu le petit bébé.

Oui, désormais, dans ma belle maison, il y a une petite fille très rigolote qui me fait plein de câlins mais qui a aussi tiré deux ou trois fois sur ma queue. Ca ne fait pas du bien mais je ne griffe pas, car elle est trop petite pour tout comprendre. Je me cache derrière sa maison à balles et je ronronne, j’aime qu’elle me fasse des bisous. Quand elle était tout petit bébé, je veillais sur elle, mais je n’ai jamais sauté dans le berceau.

Durant ses treize années partagées avec ma maman, j’ai été de bien des aventures. j’ai su la consoler quand sa vie sentimentale ou familiale était douloureuse, j’ai su être là, j’ai fait des câlins sur le canapé, dans le lit, j’ai été jetée comme consolation-bisous un matin de mai quand ma maman avait eu une terrible nouvelle.

Aujourd’hui, je ne vais pas bien…je suis une vieille dame au menton grisonnant, j’ai maigri, je ne joue plus, je saute de moins en moins et je mange peu. J’ai perdu une dent et une autre est sur le point de sauter. Ma mâchoire est gonflée, en feu, j’ai une autre tumeur… Ma maman a décidé que je ne souffrirai pas une vie sans mâchoire. Elle préfère peu de jours heureux que des années avec un tuyau. Et puis, que penserait la petite fille de moi ? Nous jouons ensemble et je ne veux pas l’effrayer ! Je veux rester pour elle le plus magnifique des chats de gouttière de la planète. je suis son amie, et je ne veux pas qu’elle ait plus de peine qu’il ne faut. Maman a bien raison, car en plus,  j’aime manger et sentir les saveurs contre mon palais, et puis j’aime avoir de la classe, de l’allure, je ne veux pas un visage sans mâchoire. Maman dit que je ne plains pas vu ce que j’endure… Pour la suite , on verra… Une vie de chat se termine… Mais j’en ai sept, alors vous savez … C’est pour Maman et la petite fille que ce sera dure. Moi, j’ai vécu ma vie de chat, je veux retrouver mes amis, mon amoureux, au paradis des chiens et des chats. Et je reviendrai, quand ce sera terminé … Quand ce sera terminé, je renaîtrai. Maman dit que je suis Bastet, et qu’elle voit toujours dans mes yeux l’étendu d’une connaissance immense. Quand elle étudiait Baudelaire je la toisais avec supériorité, avec cet air de celle qui sait… Je ne suis pas un chat ordinaire. Je reviendrai. je serai à nouveau petit bébé chat … C’est la vie, c’est comme ça…

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2 commentaires sur « Une vie de chat »

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