Publié dans Avant t'avais des principes...

Elever un enfant à deux

Mama, qu'elle est bonne ta cuisine ( après trois jours à faire du cinéma et à ne rien avaler)
Mama, qu’elle est bonne ta cuisine ( après trois jours à faire du cinéma et à ne rien avaler)

On parle souvent de la difficulté à élever un enfant solo. Etre maman ( ou papa, ça arrive ) solo, devoir endosser les deux casquettes ( d’ailleurs quelles sont ces casquettes ? Mystère !) d’être là sur tous les fronts …

On parle également souvent de la difficulté à être parent divorcé, à devoir se  » partager » l’enfant et la garde, les problèmes desdites gardes alternées et autres , des pensions alimentaires et tout le reste.

On parle aussi des familles recomposées, des familles de mixité culturelle ou sociale.

On parle rarement de la difficulté de la situation dite  » de base » celle que tout le monde pense être LA situation idéale pour un enfant et pour une femme : élever un enfant au sein de son couple; Un papa, une maman, un enfant. le truc classique quoi. Même pas avec homosexualité des parents, non, je veux vous parler de la situation dite  » habituelle » : Papa et maman élève le même enfant.

Or, depuis quelques temps, je me suis aperçue que non, nous n’élevions pas le  » même  » enfant.

Avec Maman seule, Bébé Comète fait du dessin, joue calmement au bébé, à la maison de poupée, chante,  écoute, elle est gentille, douce, fait des câlins, mange son assiette, en redemande, et fière d’être autonome. Elle aime dire  » je t’aime Maman  » et faire des bisous. Elle reste dans son caddy, assise, elle est polie, et puis elle tient la main.

Avec Papa seul, Bébé Comète fait du jardinage, beaucoup de sport, joue aussi à la maison de poupées, mais court dans tous les sens, saute sur le canapé, fait du toboggan, court, court, court, saute, n’écoute rien, ne reste pas dans la poussette ou le caddy.

Dernièrement j’ai montré à mon mari que Bébé comète SAVAIT rester dans le caddy. Et aussi qu’elle savait tenir une promesse. Oui.  Il en a donc ensuite fait l’expérience seul et a été très surpris.

A quoi ressemble une sortie à trois ? Prenons l’exemple de Leroy Mer*** : Bébé Comète est dans sa poussette. Soit elle veut sortir, soit elle réclame le chariot voiture. Dans lequel elle va rester 5 mn. Ensuite, elle est  » libérée » par Papa parce que soi-disant  » ça sert à rien tu vois bien qu’elle reste pas en place » et donc il cède, et donc elle court, elle saute, elle grimpe, elle voit un escabeau elle escalade l’escabeau. Elle s’est même prise en pleine figure une barre en fer, parce que bon voilà einh, le monsieur au micro il le dit c’est pas un parc de jeu Leroy Mer***. Au restaurant d’Aliné** elle ne veut pas manger c’est  » pas bon ça » elle recrache, elle jette par terre, elle bouge elle veut jouer etc.

Et à la maison ? En fait ça fait trois jours que ma fille n’avait pas mangé correctement le midi. Bon OK elle était malade. Mais quand même.

Je ne sais pas si c’est à cause de la grossesse et de la venue de la petite sœur, mais en présence de son papa, ma fille est horrible avec moi : elle me crie  » pas toi pas toi » elle me tape, elle hurle, elle ne fait rien comme il faut.

J’en suis arrivée ce matin à ne plus vouloir rentrer chez moi.

Or, nous avons passé la journée seules sans papa. Elle a mangé TROIS assiettes complètes ( soit une escalope de veau entière et trois assiettes de pâtes) deux crèmes dessert au caramel et au chocolat. Elle a été mignonne, n’en a pas mis partout, m’a fait des câlins, m’a dit  » je t’aime maman ». Et elle s’est mise au dodo de la sieste sans histoire après que j’ai changé sa couche ( sans histoire ni hurlement non plus). Elle m’a dit  » je t’aime maman » au moment de faire dodo. J’ai rien fait de spécial, je lui ai dit « non » plusieurs fois ( quand elle voulait être debout sur une chaise, quand elle jetait Poupon violemment, quand elle a voulu déplacer les meubles) mais quand je suis seule avec elle, aucun bras de fer n’est nécessaire, bizarrement. Tout se fait dans la douceur.

Non, élever à deux un enfant n’est pas toujours génial. . Ce n’est pas toujours facile, confortable, idéal. Parce que par moment l’enfant préfère l’un ou l’autre, parce qu’on n’a pas le même seuil de tolérance, pas toujours les mêmes principes, la même autorité. Dire à une enfant de deux ans  » mes interdictions sont nécessaires à ta sécurité et à ton éducation, ce sont un mal pour un bien, plus tard tu auras de bonnes bases pour ta vie » c’est pisser dans un violon. Evidemment qu’elle préfère que papa la laisse courir dans tous les sens ! Pour moi il y a un temps pour chaque chose. Pour lui, tout est prétexte à jouer ! Moi aussi je veux être la gentille qui permet tout. D’ailleurs hier soir, je m’en suis donnée à cœur joie : oui j’ai rallumé la lumière, donné de l’eau, donné des livres, cédé sur tout. Résultat : elle a dormi vers 22h30 au lieu de 21h00/21h30 et nous à minuit passé on était toujours debout. Vive le no limit !

La mixité culturelle existe dans tout couple, en fait. La garde alternée aussi puisque des fois je suis avec elle seule, des fois c’est lui. Quant à la recomposition de la famille, on est en plein dedans avec la petite sœur qu’il faudra accepter, les changements d’espace dus aux travaux et au changement de chambre et de lit…

Finalement, parent solo, divorcé, veuf, en couple, mixte, homo, hétéro ou extraterrestre , on rencontre tous les mêmes difficultés pour élever un enfant : éduquer, c’est devoir interdire, c’est fixer des règles. A deux ou seule, on est toujours mis en difficulté par ce petit être qui ne demande qu’à se jouer de notre amour. Et qui naturellement préfèrerait le  » tout est permis ». C’est affirmer, c’est être sûr de ce qu’on dit, ne pas céder sans pour autant devenir tortionnaire. Papa Comète a du mal. Déjà avec son filleul je voyais bien. Je me souviens d’une sortie au zoo où le gamin de 5 ans l’a fait tourné en bourrique sans que papa Comète s’en rende compte. Mais moi je ne veux pas d’une Comète-monstre, je veux mon bébé Comète vivant, bolide, mais gentil. Je ne serai pas la méchante de service. J’ai eu une mère tortionnaire et ce n’est pas ce que je suis. Mais il y a des principes qu’on doit tenir. Seulement pour les tenir sans crier, sans violence et dans la bonne humeur, il faut de la COHERENCE au sein de la famille. Moi aussi je veux rire, monter sur la table et me rouler par terre. Chiche ?

 

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2 commentaires sur « Elever un enfant à deux »

  1. Cet article innatendu sur la situation de « base » comme tu le dis, fais écho en moi! Merci pour ce post qui apporte à ma réflexion du moment : je ne sais pas c’est l’effet nouvelle annee ou si c’est les 18 mois de mon arbrisseau qui approche et qui est en train de prendre un sacré p´tit caractere, mais je me dis aussi que nous n’elevons pas tout à fait le même enfant!

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