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1001 Listes: semaine 20, mes livres préférés.

20150519_153840[1]Difficile d’avoir des livres préférés quand on lit énormément. Est-ce que ce sont ceux que tu relis? Ceux qui ont changé ta vie? Ceux que tu aurais voulu écrire?

Je me souviens d’un été où j’ai lu Belle du seigneur. J’avais 18 ans et je venais de voir un spectacle sur ce roman. J’ai d’ailleurs mis en scène dans un autre de mes spectacles la fameuse scène de la baignoire. J’écoutais un album de Noa, et je trouvais que c’était particulièrement bien adapté pour cette lecture. La fin est atroce. mais on ne va pas spoiler. le style de ce roman est incroyable; le rythme des phrases, le monologue intérieur, la folie des deux personnages principaux, la beauté de l’amour qu’ils ont l’un pour  l ‘autre… Et quel humour , quand Albert Cohen nous parle d’Adrien ou de se mère !

Paroles fait partie de l’un des recueils de Prévert. J’ai écrit mon mémoire de maîtrise là-dessus et j’ai aussi monté un spectacle. J’aime cette façon que Prévert a de parler des autres mais de soi à travers les autres. Cette facilité à dire  » tu » et  » je » dans la poésie, une poésie du quotidien, mais avec des sentiments vrais, pas dépossédée de l’émotion. Une poésie qui chante, évidemment, une poésie de personnages, ce qui est rare. Mon autre poète préféré est Pessoa, peut-être plus pour la légende ( il a 70 hétéronymes connus mais 300 en tout !) que pour les vers. « Bureau de tabac » reste toutefois un de mes poèmes préférés. Avec eux, il ya aussi Neruda, Rimbaud et Baudelaire; Et puis Eluard; Bref, je ne pourrai jamais me passer de poésie. Quand on me dit  » ça sert à rien  » je réponds que ça sert à tout au contraire : à affiner sa mémoire, à passer le temps, à tromper l’ennui, à tromper la douleur, à mettre des mots sur des émotions, et donc à maîtriser ses émotions, à sentir en soi l’universelle dans le particulier, à se sentir paradoxalement unique de ressentir autant, à partager, à voir le Beau, à créer le Beau, c’est l’essence magique pour changer le monde, la poésie. pas un jour sans poème, c’est comme la pomme, ça donne bonne mine. Ah non, ça c’est la carotte !

J’ai lu Nos étoiles contraires ce printemps à la maternité, quasiment en accouchant. C’est un des meilleurs romans Jeunesse que je connaisse avec E=MC2 mon amour. Les personnages m’ont hantée des semaines durant. Je pense à eux comme à de bons amis. je vis ce roman comme ces personnages vivent la littérature : ils considèrent les personnages du livre dont ils sont fans comme des êtres vivants, et je fais de même.

Le cercle des amis fait partie des romans de Maeve Binchy dont je vous parlerai bientôt dans une chronique sur les romancières irlandaises. J’ai vu le film à la clinique, quand j’avais 18 ans, je me faisais opérer du dos. Oui je passe un peu trop ma vie dans les hôpitaux tu remarqueras. Du coup je ne vais que dans des cliniques parce que tant qu’à se faire chier autant avoir une bonne télé et une chambre seule. Le livre et le film sont super différents. Je me souviens d’une scène où la jeune héroïne pète un plomb chez ses parents parce qu’ils lui interdisent de vivre dans la grande ville tout en lui permettant d’y faire ses études mais l’obligent à rentrer tous les soirs. Elle leur dit  » vous me faites gravir une montagne pour que je vois combien c’est beau derrière et après vous me faites descendre de force en me disant que c’est tout ce à quoi je n’aurai jamais droit ».

J'ai travaillé ici !
J’ai travaillé ici !

Il y a des classiques dans ma liste comme Le grand Meaulnes, Le Cid, Nana. J’aurais pu en citer plein avec lesquels je vis ma vie. Des fois, je fais un truc et je me dis  » tiens c’est comme Mme Bovary ». Du coup, même si j’ai une existence assez solitaire hormis avec mes enfants et mon mari, dans le quotidien des journées je passe ma vie avec tout un tas de personnages que j’aime. Je trouve que la littérature est comme un appareil de vision qui décuplerait ta vie, un kaléidoscope qui donne des couleurs aux événements. Tu vis un truc et paf, tu as une citation, une scène, un trait de caractère du personnage qui te vient en mémoire. On vit drôlement plus intensément quand on a lu.

En 2009, j’ai lu Les yeux jaunes des crocodiles, et me suis beaucoup reconnue dans Joséphine. Pas à cause des kilos en trop ou de ses filles. A l’époque je n’en avais pas. Mais pour son amour de la littérature, sa double vie avec Audrey Hepburn et son roman médiéval qui la projettent dans deux mondes très différents. Et puis sa relation avec sa mère. Il y a  une scène terrible de sa jeunesse que j’étudie avec mes élèves : Joséphine et sa sœur Iris se baignent avec leur mère, il y a une forte vague et elles manquent de se noyer. la mère tente de ne sauver qu’iris. C’est atroce, Joséphine doit vivre avec ça toute sa vie; sa mère lui a demandé de la lâcher, de se pousser, parce qu’elle préfère sauver sa sœur : mais quelle horreur. Il y a beaucoup de couples de sœurs dans ce livre et j’espère que mes deux filles ne seront ni Iris/Joséphine ni comme les filles de Joséphine.

em>Le parfum a changé ma façon de vivre également : après, je respirais tout et partout. C’est sans doute le premier livre avec un anti-héros que j’ai lu, sur les conseils d’une élève de mon lycée. J’étais en seconde.

Amants, heureux amants m’a fait découvrir Valéry Larbaud. J’ai visité Montpellier en repensant à lui et à Paul Valery. Il s’agit de trois nouvelles, en monologue intérieur; C’était le programme de l’agreg il y a longtemps. J’ai adoré l’ambiance de ces livres  qui te parle à l’oreille, comme Mrs Dalloway aussi au programme ou les œuvres de Schnitzler. Mlle Else est souvent dans mes pensées elle aussi : pauvre petite fille que sa mère sacrifie pour du fric.

J’ai énormément de tendresse pour Les voyageurs de l’impériale. C’est un très beau roman sur plusieurs générations, mais c’est aussi un roman sur les liens père-fils. J’avais fait une Leçon sur le sujet publié sur le site Aragon. L’étude de cette oeuvre était extrêmement excitante. Je n’ai jamais vu l’adaptation cinématographique, à mon grand regret, qui traite de la première partie du livre, l’enfance de Pascal, intitulé  » Le bel été ». J’ai titré ainsi une de mes nouvelles en hommage à Aragon, même s’il n’y a que peu de liens entre les deux textes… Enfin si, il y en a , cela parle des rêves brisés dans les deux cas. Des rêves et de leur confrontation à la réalité sociale. Dans le même esprit, mais lu à un autre moment, et dans un autre style, j’ai adoré Marie-Salope de Gisèle Bienne. Je pense que c’est un roman déclencheur pour moi.

En ce moment, je lis A l’encre Russe : l’histoire d’un écrivain qui a écrit un roman suite à sa propre recherche de ses origines. Evidemment je ne peux que m ‘identifier, même si contrairement à lui je n’ai aucun problème d’inspiration et j’ai deux romans en attente de correction. car Nicolas est un auteur à succès. Enfin, d’un seul succès. Il n’arrive plus à écrire et s’est trop pris à jouer la rock star. Cela ne risque pas non plus de m’arriver : personne ne me connaît ! ah ah ah.

J’ai adoré Le coeur cousu, qui est un roman déroutant, sur le parcours, le chemin, le destin extraordinaire d’une femme maudite. J’aurais pu également citer La vérité sur l’affaire Harry Quebert. J’ai sauté des pages il est vrai, parce que la façon de reprendre sans cesse les épisodes avec des retours en arrière et des changements de points de vue rendra super bien au cinéma mais en littérature àa coupe les pattes. Mais l’histoire, les personnages, les rebondissements, les personnalités, les questions que cela pose sur le racisme et les préjugés… C’est vraiment un beau roman.

 

Conclusion de cet article : j’ai ajouté deux titres à ma liste. Et puis mon préféré, c’est le roman à venir.

Tu remarqueras qu’il y a beaucoup de romans. Mais je lis  aussi énormément de théâtre.

Comment veux-tu que je fasse une liste ? Mon sous-sol est bourré de bouquins, j’en emprunte, j’e vends, j’en donne….

 

Je te propose de retrouver ma chronique Nestlé sur ma fille qui est contaminée et qui dort avec des livres calés entre son matelas et les barreaux du lit ( d’autres mangent, nous on lit au lit !).

 

J’ai publié de te parler de Montaigne. C’est mon ami. ses amis  à lui c’étaient les livres. Tu comprends , si tes amis aiment des livres, alors tu n’arrêtes  pas de lire, et de converser, avec tes amis au sujet des livres, avec les livres eux-mêmes qui  » te parlent  » comme des amis… Non, je ne m’ennuie jamais, j’ai trop à lire.

PS: j’ai oublié Grégoire Delacourt ,Amélie Nothomb, Emmanuelle Cosso-Merad et Didier Van Cauwelaert. On en reparle très bientôt. Je poste parce que de toute façon c’est impossible pour moi de tout lister.

 

 

 

 

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3 commentaires sur « 1001 Listes: semaine 20, mes livres préférés. »

  1. super article.Je dois lire autant mais pas vraiment ce style de lecture, quoique j’ai dévoré :ensemble c’est tout d’Anna Gavalda, Zola à bercé mon enfance mais j’ai eut une net préférence pour le policier,la fantasy que j’ai découvert avec Marion Bradley Zimmer. Surtout sa version de la légende arthurienne.

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