Publié dans Coups de coeur, Coups de gueule, Non classé

Robert Desnos, c’est mon pote

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Robert Desnos, c’est mon pote. Je l’aime bien. Il a écrit pour les enfants mais aussi pour la Résistance. Il n’a malheureusement pas longtemps survécu à la libération et ça me fait mal au cœur de l’imaginer, sortir des camps ( il a été déporté) malade, incapable de jouir de la paix. ce mec-là était un pacifiste comme Romain Rolland. mais face à l’horreur, la dictature, ce connard d’Hitler qui voulait nous dire comment vivre et comment être il a appelé ces concitoyens à la révolte.

J’aime beaucoup ce poème que je veux vous faire lire ce soir.

Ce coeur qui haïssait la guerre

Ce coeur qui haïssait la guerre

voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !

Ce coeur qui ne battait qu’au rythme des marées,

à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,

Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines

un sang brûlant de salpêtre et de haine.

 

Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent

Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne

Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.

Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.

 

Mais non, c’est le bruit d’autres coeurs, de millions d’autres coeurs battant comme le mien à travers la France.

Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,

Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises

Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :

Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !

Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,

Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères

Et des millions de Francais se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.

Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté

au rythme même des saisons et des marées,

du jour et de la nuit.

[ Extrait de L’honneur des Poètes (Minuit, 1946) et repris dans « Domaine Public » par Poésie/Gallimard ]

Tout sur Robert ici !

J’ai choisi cette photo parce qu’il se tient à une fenêtre, et je trouve que c’est une posture fort poétique : regarder dehors à la fenêtre ou dedans par la fenêtre… J’aimerais que Robert ait pu voir, comme le dit Baudelaire  » la vie en beau » à travers des verres de couleur. mais ce ne fut pas le cas.
Robert, on te salue.

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