Publié dans Coups de coeur, Coups de gueule, Non classé

Jacques Prévert, c’est mon chéri

Jacques-Prevert-souriant-IZIS-0145-88-74401Jacques Prévert je l’aime d’amour. J’aime tout chez lui. Son côté anar qui ne veut se caser nulle part, son refus des étiquettes, sa volonté de resémantiser des termes et expressions qui sont sclérosés, ses symboles préférés, son anticonformisme, sa clarté. La simplicité de sa poésie, il écrit comme il parle, et s’il doit dire merde il le dit.

Jacques Prévert a fait de très beaux collages, un dessin animé magnifique sur le totalitarisme  ( Le Roi et l’oiseau, je vous ferai un article bientôt) e des dialogues de films et des poèmes que ses amis lui ont demandé de publier.

Parmi ces poèmes, il y a Barbara. Barbara, elle me fait penser à une de ces filles du Bataclan qui attendrait son chéri à la sortie du concert. Barbra , ce sont toutes ces fiancées qui ont vu leur amoureux périr sous les balles vendredi.

Parce que même s’il faut combattre, il faut se souvenir que le plus important, ce serait de retrouver la paix. Que c’est elle notre idéal, non la revanche.

Barbara


Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N’oublie pas
Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu a tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu a tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert

PS: tu as vu ? Mes poètes ils sourient.

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