Publié dans Coups de coeur, Coups de gueule, Non classé

Paul Eluard, le sensible

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S’il y a un poète que je trouve hypersensible c’est Paul Eluard. J’avais 13 ans quand j’ai découvert ses poèmes dans un manuel de français qui n’était plus en vigueur dans mon collège et que ma prof m’avait donné. Tous les soirs dans mon lit, je les lisais à haute voix. J’aimais tout autant les poèmes d’amour comme  » la courbe de tes yeux » ,  » Notre vie » que les poèmes à Gabriel Péri,  » j’écris ton nom » et tous les textes de résistance.

J’étais touchée par sa vie, se faire piquer sa première femme par un ami peintre puis retrouver un grand amour dans sa vie, la perdre encore dans la mort.

Il avait des images, des expressions qui me touchaient au plus profond de moi. Mais ce n’était pas exactement ce que je ressentais à l’époque. Après je me suis mise à écrire des poèmes. J’ai toujours écrit des poèmes, j’ai commencé vers l’âge de 4 ou 5 ans. Non je ne mens pas, ma fille de deux ans 1/2 écrit également ses propres chansons, il suffit d’avoir de la mémoire et de les garder en tête c’est tout.

Bref, vers 13 ans, je suis devenue le poète du collège. J’écrivais pour tout le monde, j’ai rempli deux énormes cahiers A5 de 360 pages, qui doivent traîner quelque part dans une grange et aujourd’hui tout le monde s’en fout. Mais si j’ai tant écrit, c’est grâce, en grande partie, à Paul Eluard et Jacques Prévert.

Ce soir je te propose deux extraits du recueil publié clandestinement Au rendez-vous allemand et qui sont moins connus que l’hommage à Gabriel Péri ou  » J’écris ton nom ».

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Je trouve qu’il y a à l’intérieur le sens du combat, l’amour de la vie, la résistance, et l’idée que même si on essaie de tout nous prendre on gardera l’essentiel. Le deuxième poème en gros, il dit  » on vous emmerde ». Voilà.

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Evidemment, j’ai envie de rappeler tout de même qu’aujourd’hui le terme  » Allemands  » ne désignent pas le peuple allemand, nos contemporains, qui ne sont pour rien dans les atrocités de cette époque. Amis allemands, nous vivons ensemble dans le pardon et la paix, et nous avons souvent soufferts des deux côtés de ce qui s’est passé. C’est pour ça que j’aime bien le deuxième poème qui emploie le terme  » bourreaux ». Mais pour qu’il y ait un bourreau, Starobinsky, en étudiant le théâtre racinien, dit qu’il faut qu’il y a des victimes. Nous avons des victimes. On fera je l’espère en sorte qu’il n’y en ait plus.

Voici l’heure de s’aimer et de s’unir pour les vaincre et les punir.

Oui, nous on a les fleurs.

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