Publié dans Coups de coeur, Coups de gueule, Non classé

Maïakovsky le torturé

maiakovskiJ’ai découvert Vladimir en Première alors que je lisais un roman d’Yves Simon, Océans. D’ailleurs, au passage, ce roman magnifique , dont le héros veut voir le Naeco, l’envers de l’océan, ce héros adolescent puis homme qui rêve de devenir écrivain alors que son père n’est qu’un employé de la SNCF, je te le conseille. C’est un roman foisonnante à la lecture ardue, qui mélange deux romans mais qui reste tout à fait linéaire dans son récit; Il y a dedans une belle histoire d’amour. Un jour, Léo-Paul Kovky rencontre je ne sais plus quel personnage, un vieil homme cultivé, qui lui dit  » si tu as une fille, appelle là maïa en l’honneur du grand poète ». je me suis donc jetée sur les poèmes de Maïakovski, j’ai surtout aimé sa vie, ses démons, ses histoires d’amour, sa fin tragique et déterminé.  Sa position révolutionnaire n’est pas toujours très bien comprises. Ni très claire.

Bon, pour la photo, désolée, il n’a jamais souri une seule dans sa vie ce type-là. C’était le presque beau-frère d’Aragon, un temps. peut-être a t-il ri avec Lili Brik son autre grand amour. Je ne sais pas. Avec sa fille ? je ne sais pas. mais photographiquement parlant c’était une catastrophe.

Ce que j’aime dans le poème que je te donne à lire ce soir c’est la métaphore de l’espoir. Après une révolution, on se demande toujours ce qu’il adviendra . Après des attentats on se demande toujours ce qui se relèvera après les massacres. Comment la lumière peut-elle revenir quand on est au fond des ténèbres, quand chaque jour une nouvelle ombre vient encore s’ajouter à la nuit.

 

 

****

Mais peut être

Ne reste-t-il

Au temps caméléon

Plus de couleurs ?

Encore un sursaut

Et il retombera,

Sans souffle et rigide.

Peut – être,

Enivrée de fumées et de combats,

La terre ne relèvera-t-elle jamais la tête ?

Peut être,

Un jour ou l’autre,

Le marais des pensées se fera cristal

Un jour ou l’autre,

La terre verra le pourpre qui jaillit des corps,

Au-dessus des cheveux cabrés d’épouvante

Elle tordra ses bras, gémissante

Peut être…

Écoutez !

Puisqu’on allume les étoiles,

c’est qu’elles sont à

quelqu’un nécessaires ?

C’est que quelqu’un désire

qu’elles soient ?

C’est que quelqu’un dit perles

ces crachats ?

Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,

il fonce jusqu’à Dieu,

craint d’arriver trop tard, pleure,

baise sa main noueuse, implore

il lui faut une étoile !

jure qu’il ne peut supporter

son martyre sans étoiles.

Ensuite,

il promène son angoisse,

il fait semblant d’être calme.

Il dit à quelqu’un :

» Maintenant, tu vas mieux,

n’est-ce pas ? T’as plus peur ? Dis ? «

Écoutez !

Puisqu’on allume les étoiles,

c’est qu’elles sont à quelqu’un nécessaires ?

c’est qu’il est indispensable,

que tous les soirs

au-dessus des toits

se mette à luire seule au moins

une étoile?

traduction Simone Pirez et Francis Combes

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