Publié dans Avant t'avais des principes..., Le quotidien

Pourquoi j’en voulais deux !

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Quand on veut un deuxième enfant, on se dit justement qu’ils pourront ( elles en l’occurrence ) jouer ensemble. L’aîné va devoir apprendre à partager ( ses jouets, ses parents, son espace, son temps, sa vie au final, pauvre petit !) mais il aura en contrepartie un compagnon de jeu. Toujours prêt, toujours là. Elles sont soeurs, c’est pour la vie, elles seront présentes l’une pour l’autre et c’est donc cette version idyllique de la fraternité ( et des soeurs ) que j’avais en tête. Personnellement, je n’avais ni frère ni soeur. Je devais donc me montrer sociable et faire beaucoup d’efforts pour avoir des amis. Mais quand je rentrais chez moi, j’étais seule. J’ai souffert quelque fois de voir ma meilleure amie avoir sa propre famille, son frère à elle. Et moi, je n’avais ni frère ni soeur.  Etre enfant unique, ça vous rend sociable et très conciliant. Cela rend amer aussi, car on n’a jamais d’allier acquis pour la vie, on est seul en famille, on est seul chez les autres aussi. Unique, c’est une belle façon de dire les choses, comme si on était une pièce rare. En vérité on est enfant seul, et il faut assumer ce choix qui n’est pas le nôtre, alors que souvent on se prend dans la tête  » t’es enfant unique, c’est pour ça ». L’enfant unique serait égoïste, égocentrique, jaloux, personnel. En vérité, il le devient peut-être, et quand il le devient c’est pour se protéger des attaques permanentes des autres. Heureusement les mentalités changent, l’enfant unique devient moins rare et en souffre moins, mais dans mon enfance, nous étions peu à ne pas avoir de frère et soeur, et nous étions jugés avant même d’être connus. Quand j’y pense, peut-être que ces parents d’enfant unique n’avaient rien choisi non plus. On ne parlait pas d’infertilité comme aujourd’hui. On disait  » je n’en veux qu’un, je veux tout lui donner » et on faisait passer pour un choix ce qui ne l’était pas forcément.

De cette période et de tous ces efforts pour se faire aimer malgré cette unicité, j’en ai gardé une grande capacité à être seule et à être aussi intransigeante qu’on l’a été avec moi. Contrairement à ce qu’on croit, l’enfant unique est finalement toujours à la merci des autres. Il n’y a pas de  » compagnon inconditionnel ». Parallèlement j’ai aimé la solitude et je l’apprécie toujours. J’ai développé un don pour l’écriture, le dessin, l’observation, et j’ai toujours fabriqué des trucs et des machins. Mais pour Comète, je voulais qu’elle connaisse ce que c’était avoir une soeur.

On a toujours une vision idéalisée de ce que l’on n’a pas eu, évidemment.

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La relation entre soeurs se construit étape par étape. Au début, Comète attendait beaucoup sa petite soeur, mais elle ne pouvait pas faire grand chose avec elle, et elle se faisait toujours gronder car elle était trop brutale. A la clinique, elle a même quitté la chambre plusieurs fois en disant  » puisque c’est comme ça je m’en vais » et elle n’avais que deux ans !

A la maison, elle voulait la porter, il fallait lui permettre avec beaucoup de précautions. Je ne voulais pas qu’elle regrette d’avoir une soeur ni créer trop de distances entre elles. mais il fallait tout de même protéger Tempête. Aujourd’hui, Tempête sait mieux se défendre, elle est moins fragile, mais nous nous fâchons encore car Comète est une vraie brute par moment, habituée aux jeux de plus grands qu’elle.

Cependant, c’est enfin le bon moment pour jouer ensemble : les filles communiquent, interagissent, se courent après, font la dînette, se causent. La petite imite la grande. la grande prend son rôle de grande sœur très au sérieux ( Merci la Reine des neiges). Même quand celle-ci n’est pas là, Tempête imite le dinosaure comme Comète ! Enfin, elles jouent ensemble ! Enfin, on sent la complicité s’installer. Et les câlins, et les rigolades. Elles s’aiment vraiment, elles s’entraident. J’aime bien voir les progrès de Tempête faits grâce à la présence de Comète comme la marche, le langage ou la communication non verbale, l’imitation des jeux de plus grands. Elle a développé très tôt une motricité fine qui m’épate. Elle parle beaucoup avec les gestes.

Ca y est ! Nous y sommes ! Elles jouent ensemble !

Et je vais peut-être pouvoir les laisser sans craindre pour Tempête !

 

 

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4 commentaires sur « Pourquoi j’en voulais deux ! »

  1. J’en voulais deux aussi, je ne suis pas fille unique. J’ai un frère, un demi-frère et une demi soeur (ces 2 derniers je ne les vois jamais) et je voulais vraiment que ma fille puisse avoir un frère ou une soeur. Un compagnon de jeu, un ami qui serait là pour elle toute la vie et inversement.
    La vie a voulu que nous en ayons un troisième, du coup elle aura 2 amis éternellement.
    Maeva et Nathan veulent jouer avec leur petit frère, mais oui bien trop petit pour le moment (1 mois et demi) et ils n’ont qu’une hâte : pouvoir passer beaucoup de temps à être ensemble, s’amuser et se chamailler aussi bien sur.

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