Publié dans Le quotidien

Fernando Pessoa

Je te parle dans ma vidéo de bilan des douze jours ( en fait 17 pour le défi complet, je suis en train de rattraper les défis d’ailleurs, que j’avais en retard parce que je n’avais pas le bouquin) d’un  poème de Fernando Pessoa.
ce poème, c’est ce que mon cœur ressentait depuis que j’avais 17 ans. J’étais toujours pensé que l’on me connaissait pur ce que je n’étais pas. J’étais la fille de, j' »étais ainsi, je devais être comme ça, j’avais des étiquettes collées sur la gueule par les autres ( ma propre famille).

Bureau de tabac

                                               Fernando Pessoa.

Je ne suis rien Jamais je ne serai rien. Je ne puis vouloir être rien. Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

(…).

J’ai tout raté. Comme j’étais sans ambition, peut-être ce tout n’était-il rien. (…)

Que sais-je de ce que je serai, moi qui ne sais pas ce que je suis ? Être ce que je pense ? Mais je crois être tant et tant ! Et il y en a tant qui se croient la même chose qu’il ne saurait y en avoir tant! Un génie ? En ce moment cent mille cerveaux se voient en songe génies comme moi-même et l’histoire n’en retiendra, qui sait ?, même pas un ; du fumier, voilà tout ce qui restera de tant de conquêtes futures. Non, je ne crois pas en moi. Dans tous les asiles il y a tant de fous possédés par tant de certitudes ! Moi, qui n’ai point de certitude , suis-je plus assuré, le suis-je moins ? Non, même pas de ma personne… (…)

j’ai fait en secret des philosophies que nul Kant n’a rédigées, mais je suis, peut-être à perpétuité, l’individu de la mansarde, sans pour autant y avoir mon domicile : je serai toujours celui qui n’était pas né pour ça ; je serai toujours, sans plus, celui qui avait des dons ; je serai toujours celui qui attendait qu’on lui ouvrît la porte auprès d’un mur sans porte (…)

Mon coeur est un seau qu’on a vidé. (…)

J’ai vécu, aimé – que dis-je ? j’ai eu la foi, et aujourd’hui il n’est de mendiant que je n’envie pour le seul fait qu’il n’est pas moi. En chacun je regarde la guenille, les plaies et le mensonge et je pense : « peut-être n’as-tu jamais vécu ni étudié, ni aimé, ni eu la foi » (…)

J’ai fait de moi ce que je n’aurais su faire, et ce que de moi je pouvais faire je ne l’ai pas fait. Le domino que j’ai mis n’était pas le bon. On me connut vite pour qui je n’étais pas, et je n’ai pas démenti et j’ai perdu la face. Quand j’ai voulu ôter le masque je l’avais collé au visage. Quand je l’ai ôté et me suis vu dans le miroir, J’avais déjà vieilli. J’étais ivre, je ne savais plus remettre le masque que je n’avais pas ôté. Je jetai le masque et dormis au vestiaire comme un chien toléré par la direction parce qu’il est inoffensif – et je vais écrire cette histoire afin de prouver que je suis sublime.

( ce sont des passages choisi)

Et bien tu sais quoi ? Je me sens grâce à ce défi …

 

 

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