La métamorphose de Raphaël

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Les éditions Eyrolles ont eu la gentillesse de m’envoyer plusieurs livres, dont le roman de Patrice Lepage. C’est un roman sur la prise de conscience et le vrai sens de la vie, sur l’identité et les peurs qui nous empêchent d’être soi, qui se déroule au cœur de la nature, à l’écriture douce, subtile voire onirique. Un petit bijou à offrir pour Noël. je te fais part ici de mes impressions de lecture, une lecture qui m’a révélé beaucoup de choses…

Le pitch est simple : Raphaël vit une existence  » classique » de Bobo parisien : un emploi de cadre, des potes, des conversations creuses, des fêtes superficielles, une copine avec qui ce n’est pas la joie, mais on fait avec. Et puis… Les attentats du 13 Novembre entraînent en lui un cataclysme. Il ne voit plus rien comme avant. Marion, sa copine, lui prend souvent la tête tout en semblant de plus en plus distante. Un soir, elle découche. Il découvre, dans un cahier bleu qui doit être son journal intime, qu’elle en voit un autre. En plein séminaire, il décide de ne pas rentrer, et part dans les montagnes. Il revient enfin à Paris en ayant pris la décision de quitter Marion. Mais cela ne  » suffit » pas. Lors d’une fête avec sa bande de potes, il se rend compte combien plus rien ne le touche, plus rien n’a de ses avec eux. Il s’enfuit. Ayant pris un congé sans soldes, le voilà sommé de retourner au travail : il négocie son licenciement. Et il retourne vivre dans les montagnes. Cet été, Raphaël va à la découverte de lui-même à travers de belles rencontres : Pit, le chien, Elio le berger, Leïla l’artiste, et la montagne.

P1070980.JPGEn commençant cette lecture, j’ai eu très peur. C’était extrêmement bien écrit, rien à dire là-dessus. Patrice Lepage manie la description des paysages et de l’intériorité très judicieusement, sans nous perdre. Mais parfois, il y a des éléments qui justement nécessiteraient un petit peu plus, comme l’enfance de Raphaël. Il y a trop de mystères sur le lieu.  J’ai eu le sentiment que ce flou géographique et temporel était une façon de donner à ce roman des allures de conte. Et cela fonctionne bien finalement.

J’ai eu également très peur aussi d’assister à un chamboule-tout misogyne où la seule coupable aurait été Marion. Mais finalement non, Raphaël reconnaît également ses torts. Marion est coupable de fonctionner, finalement, comme tout le monde, et d’avoir cherché des solutions là où il ne faudrait pas en chercher. C’est-à-dire ailleurs, vers un tiers, et non en elle.

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Passées ces deux craintes, j’ai pris grand plaisir à lire cette reconquête de soi, par Raphaël. Mais surtout, j’ai commencé à avoir des flashs de ma propre vie, des remontées de souvenirs quand Raphaël en avait, des parallèles entre ce qu’il vivait et ce que j’ai vécu, ce qui a entraîné des prises de conscience intéressantes. Disons que ce roman, j’aurais pu le lire en janvier dernier quand j’ai pris conscience de la façon dont les autres me traitaient. Obligatoirement, quelque chose en moi leur permettait cela.

Les magnifiques conversations de Raphaël avec ses amis m’ont rappelé mes conversations avec le Père Vincent, mais aussi avec des amis que j’avais rencontré en Espagne, lors de mes différents séjours. Les montagnes aussi, ont trouvé en moi deux échos : la Sierra Nevada de Grenade, Grenade elle-même sur sa montagne mais aussi les gorges d’Héric où j’aimais aller me perdre seule ou avec Papa Tornade quand j’aillais en cure thermale à Lamalou les Bains. J’y ai pensé beaucoup, dans ses gorges d’Héric, lu, écrit, rêvé, dormi, je le suis baignée dans l’eau gelée aussi… Il y a quelque chose de magique dans les montagnes qui te ramène à toi par un effet d’écho. J’imagine que chaque lecteur aura ses flash, dans cette lecture. Face aux souvenirs d’enfance de Raphaël, les tiens te reviendront comme j’ai pu me souvenir de tas de choses que je faisais enfant.

Après la lecture cela continue. Je suis en train de lire un essai où il est question d’hyperesthésie, quand tout à coup, je repense à Raphaël et ses jeux d’enfant. Et je me revoie moi-même, avec mes visualisations, mon imagination, mes heures passées à courir, lire, et jouer das le grand terrain du voisin.  Quand on est enfant, il y a toujours une singularité dans ce qu’on fait, dans notre façon de jouer, qu’aucun jouet et qu’aucune règle de peut formaliser. Et bizarrement, alors que l’on a si bien réussi à « être soi » tant d’années, on se formate. L’éducation, tout d’abord, les règles de vie ensemble, ce qui est somme toute nécessaire… mais nous habitue à faire comme tout le monde. Et puis les études, les choix de vie, le parcours, souvent dictés par la recherche de sécurité financière. On s’attache au lieu d’y tenir, on se crée des barricades qui sont des prisons, au lieu d’être réellement protégé… et heureux. Et l’on arrête de voir la vie par la voie de notre créativité sensible… Enfin, c’est ce qu’on croit. Disons qu’on la voit toujours, mais qu’au lieu de’y voir de la magie, cette créativité sensible, que chacun porte en soi, devient dérangeante. Le roman parle de changement, je parlerai davantage d’authenticité et d’essence. Redevenir soi est le  sens de ce roman, qui apprend comment s’ancrer et se recentrer à travers Raphaël. 

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J’ai recopié de nombreux passages de ce roman, et ce n’est pas fini. Il y a de magnifiques phrases qui agissent comme des catalyseurs, qui réveillent en toi quelque chose d’enfoui, qui sera différent selon chaque lecteur. Les mots de Patrice Lepage sont vraiment très beaux, on dirait une symphonie pastorale. Il y a une certaine lenteur qui s’impose dans la lecture qui permet de déguster chacune des étapes de la métamorphose de Raphaël.  Tu y trouveras une invitation à renouer, par le biais de la nature, avec ta véritable nature. Raphaël ne se métamorphose pas… Il devient lui. Il sort de sa  chrysalide asphyxiante. A ton tour ? 

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Illustrations : n’ayant pas sous la mains de photos personnelles d’Héric ou de Grenade, j’ai choisi des photos de fleurs, J’adore en faire. je trouve que cela correspond bien au thème de l’éclosion de Raphaël… Elles sont de moi.

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