Le concours de Madame Gisèle : Neuf regards d’enfants révélés par l’ennéagramme

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Anne-Sophie Thiry de L’Autrement dire propose de découvrir l’ennéagramme à travers un récit à plusieurs voix très sympathique.

Madame Gisèle est une institutrice chanceuse (ironie personnelle) : elle n’a que 9 enfants dans sa classe. Elle leur propose, un soir de neige, de participer le lendemain à un concours de bonhomme de neige. Chaque enfant va réagir très différemment à cette nouvelle. Dans les pages suivantes, deux pages sont consacrées au monologue intérieur de chaque enfant : il y a Bernardette,  » qui est très chouette » ( c’est ce que j’ai pensé tout de suite en lisant) et qui pense tout de suite à aider les autres, qui pense savoir ce que veulent les autres mais qui intervient aussi auprès des autres alors qu’ils ne lui ont rien demandé. Elle en oublie son propre bonhomme de neige … Il y a Martine, qui anticipe, s’organise et fait des listes, ne laisse rien au hasard. Il y a François le roi des compétitions, Rodolphe qui aime être seul et se sent unique, mais aussi incompris, Romain, déjà dans le refus et la révolte, Carole, Gaël, Céline et Noé… L’une envisage l’amusement avant tout, l’autre à transgresser les règles ou les changer avant même de les connaître. Chacun incarne donc un des profils de l’ennéagramme et obtiendra un résultat ( son bonhomme de neige) très différent de celui des copains.

Chaque profil a ses qualités, ses avantages, mais aussi ses inconvénients. Disons que les difficultés viennent des caractéristiques du profil de l’enfant, et qu’une fois qu’on les connaît on peut être plus vigilant et mieux dialoguer.

A la fin, Madame Gisèle intervient pour annoncer qu’il ne reste que 5 minutes et j’ai bien ri en lisant les réactions des enfants : on se croirait dans mes classes.

Enfin, des prix sont attribués. Tout le monde gagne mais pour une raison différente. La dernière page propose trois questions pour appréhender les relations humaines et surtout les relations avec les enfants à travers l’ennéagramme.

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Source : fogarra.fr

Personnellement, je connaissais les sept profils d’apprenants, je connaissais les différentes formes d’intelligence mais je ne connaissais pas l’ennéagramme. Je trouve dommage qu’il ne soit pas reproduit à la fin de l’ouvrage et que ne soit pas précisé que les profils peuvent se combiner pour former des personnalités. Il y a bien une mise en garde sur le fait de ne pas cataloguer les enfants, mais pas d’information sur les combinaisons, les relations privilégiées aussi qui se créent entre profils.

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même source

J’ai cependant bien aimé ces récits en monologue intérieur, sans jugement et sans vraiment poser des qualificatifs qui seraient trop enfermant pour les enfants. On ne pose pas d’étiquette. Le souci est un peu là : L’ennéagramme fonctionne avec 9 étiquettes et je suis contre les étiquettes. Tu sens bien que l’auteure non plus ne veut pas enfermer les enfants sous une étiquette. Le livre ne se suffit donc pas à lui-même… D’où sans doute l’idée de le proposer plutôt comme support à des formations qu’Anne-Sophie organise elle-même avec Jean-Marie Hoton. C’est surtout en Belgique ou dans le sud.

Personnellement, j’ai beaucoup appris avec cette page (celle des deux images), qui propose des cartes mentales très claires, précisant ce qu’on veut, ce qu’on refuse, ce qu’on ressent, quand on fait partie ou qu’on laisse s’exprimer tel pan de notre personnalité. Je pense en effet qu’on a tous en nous les 9 tendances mais qu’elles s’expriment plus ou moins fortement selon les moments de vie, les expériences que l’on a vécu, l’éducation… Bien évidement, on a sans doute de façon innée un profil dominant, mais pour moi, rien est définitif.

Je pense que c’est toutefois intéressant d’utiliser cet outil pour mieux se connaître, comprendre ses réactions émotionnelles et ses propres mécanismes intérieurs. Du coup, on peut prendre de la distance avec soi-même et accueillir ses propres réactions avec plus de distance, un recul qui permet d’ajuster sa façon d’agir et de décider , mais aussi de mieux accueillir ses émotions, comme la frustration. Face aux enfants, aux élèves, c’est aussi intéressant de savoir quel profil s’exprime le plus face à tel exercice, telle situation, pour mieux les accompagner. Je pense également que c’est un outil vraiment complémentaire à la rue des émotions. On peut demander à l’enfant ou à soi-même de chercher quelle émotion on ressent grâce à la roue et relier ensuite ce dont on a besoin, l’émotion que l’on ressent, à une motivation et un profil de l’ennéagramme.

Voici la page des formations sur l’ennéagramme proposées par L’Autrement dire

et la page concernant le livre Le concours de Madame Gisèle

Personnellement, je pense que cet ouvrage sous forme de conte est vraiment formidable pour introduire le dialogue avec les enfants et découvrir l’ennéagramme. Il engage aussi à aller lire des ouvrages plus approfondis sur le sujet et à suivre des formations. J’ai trouvé très intéressant en tout cas de voir le point de vue des enfants de l’intérieur et le résultat obtenu à la fin, très différent pour chaque enfant, décrit pas lui et dessiné également à la fin de l’ouvrage. C’est un super support à utiliser en classe, même avec des grands du lycée. Bravo Anne-Sophie Thiry !

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