Objectif Zéro déchet : enfin un livre intéressant

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J’ai commencé à m’intéresser au zéro déchet en 2015, au moment de la naissance de ma cadette. L’arrivée d’un second enfant multiplie considérablement les couches et autres trucs à jeter. Nous avons toujours eu un composteur, nous trions nos déchets depuis longtemps. Et à ce sujet, figure-toi que j’ai découvert que ce n’était pas le cas dans de nombreuses villes de campagne, faute de service de ramassage du recyclable ! Tu te dis qu’à la campagne les gens seront plus proches de la nature et plus responsables. Et bien non !

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La nature te nourrit, donc ne la détruis pas !

Bref, passé ces quelques gestes faciles, on se demande bien comment faire pour réduire ses déchets à quasiment zéro. J’ai en tête cette image de Béa Johnson brandissant un bocal contenant ses déchets pour un an. Des bricoles comme un papier de chewing gum, une vis cassée. Je me demande souvent si ces personnes mentent. J’ai lu plusieurs ouvrages, dont celui de Béa Johnson et celui de « Famille zéro déchet » et je trouve cela irréalisable avec la vie qu’on mène. Par exemple, pour  » Famille zéro déchet » tu vois bien que le temps passé à faire ses courses, sa cuisine, ses produits ménagers, est énorme. Autant arrêter de dormir. Et de travailler pour y arriver. Et puis je suis tombée sur le livre de Monica da Silva Objectif zéro déchet, dans la collection C’est malin. Je l’ai donc lu avec attention et j’en garde de bonnes choses.

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J’ai aimé que le livre mette en avant que les déchets ne sont pas que ceux de la poubelle mais aussi ceux qui partent par nos tuyaux et les pratiques quotidiennes qui impactent sur l’épuisement des ressources de la terre. L’eau, l’électricité, mais aussi le pétrole qui est partout : dans la production de tout produit alimentaire, de tout médicament, de tout produit non bio, pour l’hygiène mais aussi tout simplement dans le transport de ceux que tu achètes, d’où la nécessité d’acheter local. Elle explique très bien qu’il faut aider notre planète et que nos actions n’ont pas un but uniquement personnel et économique.

Tout d’abord, les conseils pour commencer peuvent paraître déroutants : elle te demande de faire le tri et donc de jeter pour ensuite ne plus jeter. Chez nous, tout est trié : les vêtements vont directement à Emmaus ou Inservet, une association du coin qui donne du travail aux plus démunis tout en leur fournissant des vêtements et en recyclant les tissus inutilisables tels quels. Les encombrants vont à la déchetterie où ils sont souvent revalorisés. Idem pour les déchets verts, les cartons, le verre : on trie tout.

Là où trier ce qu’on a dans une maison peut être intelligent c’est de voir ce qui impacte sur les déchets : par exemple les machines qui utilisent des capsules. Elles sont désormais à la cave, on les utilise pour les invités. On peut également gagner de la place, de l’eau de vaisselle en limitant le nombre d’objets de la même famille : une casserole suffit souvent, une passoire également. L’auteure parle surtout de la charge émotionnelle et de l’effet étouffant des objets ainsi que de l’effet  » nouveau départ » du trio qui permet de prendre de nouvelles habitudes plus saines. Bref, je vous dirais donc « trier, mais faites attention quand même à ne pas engranger des départs d’objets à regret et un nouvel achat par la suite ». C’est mon avis, et mon expérience. J’ai racheté à Momox un livre que j’avais vendu 2 ans avant et je suis certaine que c’est mon exemplaire, en plus !

Par la suite, Le livre est construit par pièce de vie et activité : cuisine et salle à manger, salle de bain, le reste de la maison. Ces conseils sont évidents mais bien vus. Acheter en vrac, local, bio et de saison en circuit court, voilà ce qui peut résumer la phase achat. L’auteure fait le point sur tous les labels bio et équitables et ça j’ai apprécié. Elle dit aussi pourquoi c’est malin de planifier ses menus, donne des conseils cuisine, explique ce qu’il ne faut pas jeter, comme les épluchures de légumes pour faire des bouillons et donne des recettes inratables.

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La partie salle de bain est intéressante, même si je suis complètement contre cette mode étrange de ne plus se laver les cheveux, voire de ne plus se laver le corps. il existe même des gens qui se frictionnent uniquement; ils te maintiendront qu’ils ne sentent pas mauvais. Pour en avoir fréquenté dans certains lieux de travail, je te dirais qu’eux et moi n’avons pas le même odorat. Il y a quand même moyen de rester propre et de limiter les déchets. Souviens-toi de mon ami Gabriel, le voisin crado. Franchement, pour moi, quand Zéro déchet signifie hygiène négligée, je fuis. Dès que ça parle papier toilette lavable, je fuis.

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Se rappeler que nos médicaments sont des déchets et que nous pouvons faire nos remèdes et nos tisanes nous-mêmes. Image du livre sur les remèdes à faire soi-même.

Les déchets c’est pas que la poubelles. Sache donc que le shampoing solide existe et que tu peux continuer à te laver et faire ton ménage en polluant moins, car oui, les produits chimiques sont des déchets invisibles qui s’en vont par nos tuyaux mais qui sont bien là. Les médicaments que nous ingérons également.

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Economiser les ressources de la planète aussi

Tu peux aussi récupérer ton eau de douche pour les toilettes. Mon rêve serait un système fermé de récupération de l’eau de douche et ça existe pour de vrai ! Les toilettes sèches c’est pas mon truc mais on peut limiter les chasses d’eau en journée et la nuit également.

Mais pour ce qui est du lavage du linge ou de l’entretien de la maison, j’ai fait le tour de tout et je ne suis absolument pas satisfaite. Je ne peux pas vivre dans une maison à moitié propre; C’était le même problème avec Flylady, c’était toujours approximatif et « Ne regarde pas dans les coins »

J’ai trouvé une gamme de produit bio pas chère et efficace chez Action, alors tu vois, tout est possible. J’ai nettoyé ma maison au vinaigre et bicarbonate pendant trois ans mais là j’en ai marre de cette odeur et tout ne part pas. J’ai tenté tout de qui existe d’alternative à la lessive industrielle boules de lavage, noix, lessive naturelle, et rien ne va. ce serait merveilleux que ce soit les fabricants qui nous vendent des produits efficaces et responsables ! C’est urgent ! Franchement, nous ne sommes pas les seuls, nous les petits, à pouvoir agir, et sur ce point je me sens vraiment limitée.

Tu trouveras quand même dans ce livre des recettes sympas faciles économiques pour le reste de la maison. Le produit vaisselle, par exemple, est très bien, je l’ai déjà utilisé avant de trouver mon produit bio pas cher. L’avantage étant que tu peux alors remplir ton contenant toi-même, mais derrière tu auras quand même 6 emballages à jeter des ingrédients correspondants. Au final, j’ai souvent l’impression de seulement déplacer le problème; par exemple, avec mon chiffon lavable à la place du sopalin : je ne jette pas, mais j’utilise de l’eau pour faire une lessive… Bref, est-ce bien efficace ?

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Le land’art : une activité écolo, bio, zéro déchet !

Le livre consacre également une partie aux enfants ( et aux bébés, petites usines à déchets), à une autre à la famille et une dernière aux amis. Tu trouveras des idées de cadeaux et d’emballage zéro déchet, du dématérialisé aux made in home, tu trouveras des idées pour recevoir sainement et zéro déchet. La partie jardin est bien trop succincte mais je t’aiguillerai bientôt vers un super bouquin concernant le jardin et je pense qu’on va se documenter sur la permaculture. L’idéal serait de tout faire pousser soi-même, depuis la graine et même de trouver ses graines auprès de particuliers. Si ta graine a fait 2000 bornes en camion, est-elle éco-responsable ?

Bref c’est vaste et compliqué et pour ne pas se décourager je te dirais de commencer petit petit, petit.

Je ne suis absolument pas zéro déchet, je culpabilise un peu, mais je ne peux pas professionnellement parlant le faire.Il faudrait forcément que je néglige mon travail et mes enfants pour ça. Cependant, il y a des choses qu’on peut faire au quotidien, comme faire compenser son blog ou son voyage (je m’étais inscrite à un programme qui plante un arbre par blog, il existe des sites pour compenser son émission carbone en arbres plantés également). Il y a aussi une partie sympa sur le travail et le voyage dans le livre. Cependant certains conseils sont inapplicables dans mon travail :l’impression recto/verso est impossible pour tous les élèves qui ont un cahier et collent les feuilles, et pour tous les dys- qui ne savent pas gérer les recto-verso ( dyspraxiques surtout). Il y a aussi toutes ces photocopies que je fais en trop parce que mes élèves perdent leur document. je leur en envoie de plus en plus par courriel, et chacun imprime ce qu’il souhaite. C’est la seule façon que j’ai trouvé de limiter les dégâts en attendant que tout élève ait une tablette ( qui sera également un déchet programmé).

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Chez ma copine Angie Créas, des débarbouillettes démaquillantes écolo et zéro déchet !

Bref, on ne peut pas s’arrêter de vivre et on ne peut pas tout changer à la fois. je conseille donc de lire ce livre et de le garder sous le coude : il comporte à chaque chapitre un challenge en 15 gestes à effectuer : on peut le faire seule, en famille , avec des amis. On peut se donner un mois de délai pour assimiler trois gestes différents par exemple.

Et puis je conclurai qu’il faut sans cesse revenir aux gestes du début, qu’on a effectué lors du tri : se demander quand on achète, si c’est nécessaire, si on n’a pas déjà l’équivalent ? Si on va s’en servir souvent ? SI c’est juste une fois, peut-on emprunter, louer ? Ensuite après consommation, il faut regarder ce qui reste : ça se trie ? ça se conserve ? ça peut se réutiliser en le modifiant ? Il y a des tonnes de DIY sur pinterest et c’est peut-être ce que mentionne le moins l’auteure : on peut transformer ses  » déchets » en matière première de DIY, rappelle-toi la boîte de litière de mon chat ( qui, depuis, n’a pus de litière, plus de boîte, ne fait plus que dehors et crée du compost, il est redevenu zéro déchet, le chat !)

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Ce livre t’apporte beaucoup de pistes et surtout te permet de te poser les bonnes questions. Il n’est pas un livre qui te fait la morale, même s’il t’alerte au départ sur les conséquences de notre mode de vie actuelle; mais en vérité, il est profondément optimiste. Je reviendrai d’ailleurs sur cette optimisme possible dans une chronique d’un super film, bientôt !

Monica da Silva, Objectif zéro déchet, C’est malin grand format, Editions LEDUC.S

Version epub disponible, un extrait est consultable sur le site !

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