L’arbre-fontaine

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Quand j’étais enfant, j’aimais ces romans tout doux, qui parlaient de la nature, de la campagne, d’une vie proche des animaux et de la forêt. je me souviens d’un roman où les enfants partaient en vacances en roulotte et passaient à Vezelay, près de chez moi, ou encore de ce roman où une petite fille partait habiter chez une tante en forêt. J’adorais. Le style Colette, avec des descriptions précises des végétaux, des papillons, des oiseaux et des mammifères me subjuguaient; je n’aimais pas les récits de science-fiction et je ne cherchais pas à tout prix les livres aux actions trépidantes.

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Quand j’ai lu le résumé de l’arbre-fontaine de Pierre Cousin, paru aux éditions Ex-aequo, j’a retrouve mes plaisirs de lecture d’enfant. C’est un roman jeunesse réaliste qui arrive à parler de la gravité de la vie tout en ouvrant la porte sur le merveilleux de la nature.

Lucie a neuf ans, elle vit avec son papa charpentier-couvreur, souvent très occupé, mais qui fait out à la maison parce que la maman de Lucie est décédée. La petite fille va souvent chez ses grands-parents au cœur de la forêt, pour les mercredis, les week-end et les vacances. Elle jouit d’une étonnante et belle liberté : elle se rend seule dans la forêt, elle va seule d’une maison à l’autre, en vélo, elle se promène au fond des bois, près des mares, et guette les cerfs, les renardeaux, des hiboux. Sa grand-mère a un jardin et une grande passion pour les fleurs et les papillons; Lucie vit en dehors du temps, elle ne regarde pas la télé. dans son monde, on ne mentionne ni internet, ni les jeux vidéos.  Elle laisse cela à Limace, son camarade de classe; A l’école, elle s’ennuie, parce que sa nouvelle maîtresse suit le programme à la lettre et se fiche pas mal des découvertes des enfants; Quand Lucie lui apporte des boules de déjection, qui avait fait l’objet d’un cours avec la maîtresse précédente, celle-ci se pince le nez et demande à Lucie de les reprendre. Lucie n’a pas de copines : elle préfère jouer au foot avec les garçons et les filles la jalouse car ils sont un peu amoureux d’elle. Elle sait grimper aux arbres et elle n’a peur de rien. Lucie a un secret : elle sait maîtriser ses rêves; le croit-elle ? est-ce vrai ? En tout cas; elle veut rêver de l’arbre-fontaine, qu’elle a découvert dans un livre sur les merveilles de la nature : c’est un arbre qui attire à lui l’eau du ciel et sous lequel on peut se doucher. Il vit dans le désert d’El Hierro. ce qu’elle ne sait pas, c’est que même dans les rêves on peut faire de merveilleuses rencontres… cependant, dans la vraie vie , les inquiétudes de son grand-père sont preuve que le danger existe : il est garde-chasse et traque les braconniers. Le grand-père de Lucie arrivera t-il à ce que justice soit faite sans mourir lui aussi d’une balle de braconnier, comme son propre père ?

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L’arbre-fontaine est un livre à la lenteur délicieuse, extrêmement bien écrit, précis, éducatif, sans être trop didactique; On ne sent pas l’adulte qui veut donner des leçons de biologie aux enfants, mais le lecteur apprendra énormément sur le monde de la forêt. C’est un livre que je conseille à tout visiteur de la forêt de bercé et du musée Carnuta et je compte bien envoyer cette chronique au musée pour qu’ils demandent à avoir ce titre dans leur boutique. Colette aurait adoré, c’est vraiment dans la veine des Claudine et des romans sur la nature qu’elle a peu écrire comme Sido. cela m’a beaucoup rappelé ma solitude d’enfant et ce plaisir de passer des heures au pied d’un arbre, d’essayer d’attraper un oiseau, de lire seule dans le champ du voisin. Limace propose souvent à Lucie de venir avec elle, mais ça ne l’intéresse pas. Elle préfère chercher les crapauds accoucheurs et les renardeaux. Elle m’a beaucoup fait penser à cette chanson :  » Il faut que tu respires » : si on n’y prend pas garde, ce roman finira par devenir un récit archéologique.

Il est donc urgent de le mettre dans les mains de tous les enfants, dès 8-9 ans, pour les sensibiliser aux beautés de notre forêt. Il y a de la magie partout dans ce livre, mais aucune baguette magique : juste le pouvoir étonnant de l’enfance.

 

Pierre Cousin, L’arbre-fontaine, Editions Ex-Aequo, Collection Saute-mouton, 18 euros. 

 

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