Moins d’achat, plus de bonheur !

IMG_20190421_162847.jpgAujourd’hui, je vais te parler du livre Tout le monde en a un sauf moi ! Libérer les enfant de la surconsommation de Valérie Halmon

On dit souvent que l’éducation c’est former l’avenir, c’est influer sur demain. Qui seront  les adultes de la prochaine génération ? nos enfants; Nous avons grandi après la crise de 70, dans une époque qui encourageait la consommation, et dont les modes suivaient le rythme effréné des avancées technologiques : le CD est apparu quand nous avions 10 ans. Qui n’en a pas acheté des tas pendant son adolescence ? C’était un objet de convoitise particulier. Il y a eu l’émergence du fluo, des Donkey Kong, des marques Naf Naf et Poivre blanc, des Nike et des Adidas.

Je vivais à la campagne et mes parents n’avaient absolument pas les moyens de payer n’importe quoi. je n’ai jamais eu de marque.  Nous allions dans une grande ville deux fois l’an.

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Un fast food de temps en temps et c’est la fête. Tout le temps et c’est la tête ! 

Aujourd’hui, cela a bien changé. Même à la campagne les ados arborent un look à faire pâlir la Kardiachiante. Tu ne trouves pas chez toi ? Il y a les boutiques en ligne ! Et comme nous avons grandi comme ça dans le  » il faut avoir pour être heureux » nous avons tendance à agir de la même façon avec nos enfants. L’élément déclencheur des achats est alors dans la tête du parent : quand on a manqué de tout, parce qu’on était en campagne ou dans une famille sans argent, on a tendance à tomber dans l’excès inverse. Pour soi, pour l’enfant, pour garantir qu’il ne souffre pas des mêmes frustrations sur nous. Et pourtant, je suis la première à dire que manquer d’amour, de considération et de soutien dans ses passions est plus grave que de manquer de polo Naf Naf. J’aurais mieux vécu l’absence de robe Poivre Blanc si je n’avais pas été rhabillé pour l’hiver assez régulièrement par certains membres de ma famille. croire que l’on a aucune valeur, nous en reparlerons dans cet article occasionne facilement un futur de serial acheteuse.

J’avais donc de grosses attentes avec ce livre, sans doute un peu trop. Ayant déjà amorcé une réflexion sur le sujet, ce livre était un peu répétitif pour moi. Il fait un  » tout du propriétaire juvénile », en énonçant tout ce qu’un enfant a , tout ce que nous payons aux enfants : fringues, jouets, jeux, écrans, sorties, activités extrascolaires et extraordinaires. Nous tombons dans l’excès et l’auteur, Valérie Halfon, explique comment et pourquoi notre société nous enjoint à cette surenchère permanente : malbouffe et dépendance au gras et au sucre, donc au plaisir faux, diktat de la mode, addiction programmée, publicités alléchantes, pression sociale. Qui n’a pas déjà été tenté d’offrir à son enfant ce que le fils de l’ami ou du voisin avait ? Le phénomène ne date pas d’hier ! Une personne assez gâtée me racontait qu’ainsi sa tante avait courir les boutiques pour offrir à sa fille la même robe qu’elle-même avait mis des mois à s’offrir. C’était il y a 45 ans, peut-être.

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la nature est si belle à contempler. C’est mieux que des Hatchimals non ? 

Le livre est construit en éventail avec une partie par domaine : alimentation, fringues, loisirs, écrans, activités extrascolaires… C’est intéressant il est vrai. Mais je m’attendais à autre chose avec le titre  » Tout le monde en a un sauf moi » : je voulais plus de solutions, de pistes de réflexions entre parent et enfant, d’amorces de débat familial possible, pour essayer d’expliquer aux enfants, ou mieux, d’engager chez eux une prise de conscience, sur les dangers de ces excès.

Les chapitres sont organisés en trois temps : le constat et les explications du pourquoi et du comment on nous manipule. Puis une partie  » Comment faire pour résister » qui m’a parue un peu faible. En fait, c’est surtout parce que cette partie  » Comment faire pour résister » n’apparaît pas dans la partie qui m’intéressait le plus : les loisirs ( activités, jeux, jouets, livres …) mais le livre se termine avec une partie sur les valeurs et le bonheur qui était très intéressante, et dont j’ai apprécié les conseils comme « cultiver le manque », et les phrases clefs :  » le plus beau cadeau que l’on puisse faire à son enfant est peut-être de lui montrer à quel point on apprécie d’être avec lui ». Lui montrer combien  » il a de la valeur » car il tombe dans les filets de la surconsommation en croyant qu’il n’en a pas. Comme nous : si on veut la montre Machin, c’est souvent parce qu’on pense que les qualités qu’on lui octroie seront alors nôtres. Pour moi, c’est vraiment une phrase déclic, autant dans ma relation à mes filles qu’à ma relation personnelle : j’ai une véritable addiction aux livres, par exemple, parce que je pense qu’ils détiennent un savoir que je n’ai pas et je leur donne donc beaucoup de valeur; or, il arrive que je lise un livre qui en  » sait » moins que moi ! De la même façon, il me fait tel stylo car j’ai le sentiment que je dessinerai-écrirai mieux avec ! C’est souvent vrai, mais pas toujours ! Enfin, quand on se trouve moche, on a besoin de s’aider un peu avec des crèmes et des fringues. Alors qu’au final, c’est peut-être autre chose qui nous rend beau.

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Lire rend tellement beau qu’on a même l’impression qu’elle a les fameuses boucles d’oreilles … qu’elle n’a pas !

 

Il y a tout de même quelques pistes comme essayer de ne pas juger ceux qui nous entourent sur leur apparence, faire faire une liste à son enfant des loisirs gratuits qui lui feraient plaisir. J’ajouterais que pratiquer la gratitude le soir est intéressant car l’enfant va remercier pour des choses simples et agréables autant que pour du matériel.

Personnellement, je pense qu’il nous arrive souvent de devancer les besoins de l’enfant. Je trouve que l’auteur n’insiste pas assez sur le fait que l’on a tendance à gâter notre propre enfant intérieur à travers l’enfant et qu’il faudrait plutôt attendre que l’enfant demande pour connaître ses goûts véritables. Valérie parle tout de même aussi de ménager l’attente, et le manque : comme pour nous, il arrive que 30 jours plus tard, un besoin n’en soit plus un. Elle explique aussi qu’il vaut mieux attendre que l’effet de mode passe, mais elle ne précise pas assez à mon goût les périodes charnières : méfiez-vous du début de l’été, de la rentrée, de Noël et du début du printemps sacralisé par Pâques : comme l’enfant change de garde-robe tous les 3 ou 6 mois ( nous ça grandit vite), et que les saisons dictent les modes également, ce sont les périodes où les publicités affluent et les nouveaux produits avec eux.

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Sa vraie passion : le cirque; cela vaut bien de sacrifier quelques broutilles

J’ai apprécié les chapitres sur les activités extrascolaires : il m’arrive de culpabiliser car mes filles ne pourront n’en faire qu’une, pour des raisons financières, peut-être deux pour la grande. Et les amis de mes filles, ou les enfants de nos amis, en font 3 voire 4, au prix de sacrifices et d’une organisation digne d’une agence de taxi parisienne. Nous avons privilégié ce qu’elles voulaient vraiment faire par passion et non pour faire comme les copines. Et nous avons fait faire à la grande une activité qui la canalisait. Mais évidemment, le facteur « réussite pour l’avenir » est en jeu aussi : les parents veulent que leurs enfants aient le plus de bagages possibles alors que, paradoxalement, ils arrivent parfois au lycée avec tellement d’activités qu’ils ne peuvent plus suivre et être à jour dans leurs devoirs !

Oui, les enfants doivent POUVOIR s’ennuyer. Pouvoir, c’est un POUVOIR. C’est la possibilité et l’aptitude, c’est aussi un AVOIR : celui du temps. Quant aux mentions des anniversaires Wahou, je peux témoigner: nos enfants préfèrent les anniversaires à la maison, chez nous ou chez leur copine, plutôt qu’un truc qui fracasse mais qui ne favorise pas le lien entre amis. C’est la mode chez nous des anniversaires dans des parcs de jeux couverts : c’est chouette, mais les enfants discutent moins. Chez nous, c’est chasse au trésor, piñata, séance de maquillage par la maman ( moi) et jeux. Cette année, nus avons même fait une séance de théâtre d’ombres qui a passionné les enfants de tous les âges. Pour les jeux, j’aime ceux qui sont éducatifs, ou qui permettent de créer et qui ne conditionne pas trop l’usage ( unique).

Finalement, la clef, avant d’acheter ou de décider de payer, à son enfant, des trucs déments, c’est de se demander :

  1.  s’il n’a pas déjà
  2.  s’il aura le temps d’en profiter
  3.  Si c’est en accord avec nos valeurs.

Personnellement la créativité est importante pour moi, tout comme une certaine démarche écologique, et le besoin de rangement. J’ai besoin aussi de passer du temps dans la nature et mes filles aussi.  Au lieu de connaître des marques et des objets, nous connaissons des noms de fleurs et d’animaux, des insectes et des oiseaux. C’est un réel plaisir de parcourir la campagne en voiture ( pour aller à la médiathèque) ou à pied et de citer le nom de telle fleur et de tel oiseau. résultat ma cadette a dit à sa sœur  » En fait, notre maman connaît le nom de toutes les fleurs « . J’ai démenti un peu mollement, je t’interdis de lui dire la vérité ! ( Rires).

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Nous sommes donc naturellement poussées à faire et être au lieu d’avoir, ce qui nous reconnecte à de vrais besoins. J’ai pris conscience en voyant le boxon dans le bureau de a grande qu’il ne fallait plus rien lui acheter tant qu’elle n’en prendrait pas autant soin qu’avant et tant que les réserves ne seraient pas vidées aussi ! Quant à la nourriture, nous testons tout sur Yucca. Par ailleurs, nous allons au marché quand j’ai le temps et à l’école ou chez nous, nous cuisinons, ce qui est une grande passion de ma cadette (la grande aime aussi). Je pense que faire soi-même est très valorisant pour l’enfant qui prend plus plaisir à manger ensuite. Ma meilleure amie a ainsi redonné envie de manger à son petit dernier qui aime goûter chaque aliment séparément avant de manger un plat.

C’est donc un livre à lire absolument si tu achètes trop et que tu ne sais pas pourquoi, si tu ne sais pas comment mieux éduquer ton enfant à la consommation. Ce sera peut-être un peu « enfoncer des portes ouvertes » si tu as déjà réfléchi à tout cela et que tu as visionné assez d’émissions Zones interdites et Capital pour comprendre comment ne pas être un dindon. Mais cela reste une lecture qui ouvre la réflexion et propose quelques solutions ou postes de débat. J’aurais juste aimé en trouver plus ou trouver des cartes mentales ou d’infographies pour les valoriser.

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