Hypersensible et bien dans sa peau de Susanne Moeberg

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J’ai mis un an à lire ce livre et j’avais bien du mal à dire à Jouvence quand j’allais enfin écrire mon article. Le problème, ce n’est le livre, qui est beau, clair, bien fait, empathique et utile. Le problème c’était moi. Il y a des éléments de soi qu’on a du mal à affronter et personnellement c’est mon hypersensibilité.

J’ai été élevée dans une famille où fallait la cacher, parce que ça faisait faible. On me disait même  » si tu pleures on va croire que t’es manipulable et on va te retrouver dans une secte ».Du coup, je suis devenue spasmophile, puis j’ai fait des crises de tétanie pour finir par devenir somnambule avec attaque de panique nocturne. En gros, plus j’affrontais, je me battais contre cette hypersensibilité, plus elle me paralysait et me rendait malade. C’est comme un gros bourlet que tu fourres dans ton jean et qui ressort par la couture et la fait péter.

Encore aujourd’hui, je suis entourée de personnes avec qui faut pas s’exprimer, faut pas crier faut pas s’exprimer (même si ces personnes ne se gênent pas pour crier, péter des câbles que tu comprends pas, apparemment on n’a pas tous les mêmes droits, et me gonfler, me pomper l’air et être bien pénibles au passage). Et puis souvent donc, même dans le milieu médical on essaie de faire disparaître ton hypersensibilité avec des médocs. Pour que tu sois mieux. Sauf que j’ai jamais vu un zombie péter le feu.

En fait, moi, j’avais bien compris qu’elle était  » utile » ou du moins qu’elle était enrichissante, cette hypersensibilité. Déjà, elle me rend impitoyablement créative. Je dis impitoyablement, parce que mon ancien chef m’a dit un jour  » Vous êtes déstabilisante pour les autres que voulez-vous : il vous fait 2 jours pour mettre au point un projet qu’on mettrait 6 mois à créer. Je vous envoie une offre par mail, vous me répondez 5 minutes plus tard avec un projet ficelé. Et vous écrivez une pièce de théâtre en 4 jours ! ». C’est que c’est exactement comme ça que ça se passe. Il faut dire qu’un problème prend une telle ampleur dans ma tête que ça me monopolise le cerveau, le coeur et le temps. Je n’en sors plus. Alors j’ai tout intérêt à réagir et régler la question fissa. Cette semaine, donc, j’ai écrit deux projets, et ficelé tout ça alors que ça aurait dû me prendre 5 mois. Créative donc, j’arrive à me dépêtrer de situation pourrie comme par exemple cette fois où finalement la personne qui devait se charger d’un truc important au travail n’a rien foutu pendant 4 mois tout en disant le contraire. Car l’hypersensibilité rime souvent avec hyper intelligence, hyper potentiel, appelle-ça comme tu veux.

Créative et empathique : forcément , je ressens tellement les émotions que j’arrive bien à les décrire. Et comme je ressens fort, j’ai une très grosse intuition. Bref, ça a donc plein d’avantages mais aussi de gros inconvénients : l’hyperesthésie, le trop-plein, le pétage de plomb facile comme les gosses qui en ont eu  » trop », la colère facile, le besoin de solitude et de calme, le besoin de vide, la transpiration excessive en cas de discussion  » à coeur rompu ».

Tu me diras  » Mais alors ce livre allait t’aider ». Oui, oui, il aide bien : à cerner les choses car l’auteur qui est concerné fait bien le bilan de tout ça, en expliquant ce qu’est l’hypersensibilité, ses  » signes », ce qu’est l’hyperesthésie etc. Mais le souci, c’est qu’elle te fait faire des tests et des exercices. Tu ne fais pas que « lire ». Donc t’es dans l’introspection, le retour dans le passé et… ça fait pas du bien. Enfin pas au départ. Moi je refermais le bouquin et je me barrais loin. Car l’hypersensible est souvent hypermnésique et il vit émotionnellement le souvenir vieux de 20 ans comme s’il y était encore ! Pour bien vivre son hypersensibilité, il faut de la lucidité : revivre les choses , s’en souvenir pour savoir ce qui est déclencheur. Tout l’intérêt de ce livre c’est d’apprendre à maîtriser tout ce qui va provoquer des crises, afin de ne garder que les points positifs de l’hypersensibilité. Reconnaître les signes précurseurs, les trucs à fuir etc. Bref, c’est un gros travail de fond et on ne s’imagine pas forcément que 94 pages joliment illustrées peuvent autant te retourner. alors voilà, tu es prévenue : ça tempête avec ce bouquin, que je te conseille vivement. Sois prêt quand même : c’est un vrai travail thérapeutique que tu commences avec cette lecture. Mais tu apprendras à être toi-même, à te délester des jugements des autres, à stabiliser ton contexte de vie. Le sous-titre c’est bien  » défi » : et là, tu en a un gros à relever ! On ne rigole pas !

Courage ! Lis ! et Change ! Pour être un hypersensible heureux et garder ta petite graine de folie qui germe si bien !

Hypersensible et bien dans sa peau, le défi de la haute sensibilité, Susanne Moeberg chez Jouvence, collection  » Vivre léger ».

7 commentaires

  1. Très intéressant- Je pense être hypersensible également et tout en souffrant de crises d’angoisse – aujourd’hui, c’est gérable grâce à un gros travail passé – j’avoue me reconnaître dans cette hypercréativité et productivité. Tout ne peut pas être seulement négatif !

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