Sur le chemin du cœur avec Mary Laure Teyssedre

Tu connais sans doute Mary Laure Teyssedre, énergéticienne, spécialisée dans l’ancrage et l’abondance, qui a déjà publié une dizaine de livres dans ce domaine. Lors de mes recherches en 2017, j’avais eu la joie de découvrir qu’elle était Mancelle, et j’avais acheté son livre sur l’énergie, puis à sa sortie, son magnifique ouvrage sur l’Ancrage, que je relis régulièrement. Nous nous étions rencontrées en vrai lors de l’une des se interventions passionnantes à la Fnac du Mans. Tu sais, j’appréhende un peu de rencontrer quelqu’un dont j’aime les livres. Aimer un livre ne signifie pas que cela se passera bien avec son auteur, qui, parfois, n’est pas à l’image de son oeuvre. Mais j’avais adoré Mary Laure, sa vérité, son authenticité, son rayonnement et sa gentillesse.

Elle avait pour projet son roman en auto-édition, dont j’ai pu lire le début à la FNAC. C’est bizarre, cette idée de se dire « Non, je ne vais pas l’acheter j’attends » et finalement d’avoir attendu sciemment. Je l’avais retrouvé chez une amie et j’en avais donc lu une bonne partie. Et puis, en de début d’année, Mary Laure annonce fièrement la parution d’une deuxième version, plus conséquente, chez Jouvence, qui cette fois, accepte le challenge, ayant développé une collection « roman de développement personnel ». Sur le chemin du cœur arrive chez moi la semaine dernière, magnifiquement illustré. Je connaissais donc déjà l’histoire du cœur de Fred mais bizarrement à la relecture, avec l’histoire de Claire, je n’ai pas eu l’impression de relire la même chose.

Claire, le personnage principal, fait une étrange découverte lors qu’un repas de famille. Sa mémé, très discrète habituellement, lance une bombe en plein dessert : elle a été abusée, violée, quand elle était jeune. Enceinte de son violeur, elle n’a eu d’autre choix que de l’épouser. Le fruit de ce viol est la tante de Claire. Le jeune boulanger qui l’a agressé est son grand-père, Claire est révoltée, et ne comprend pas : comment peut-on aimer un violeur ? Son violeur ? Elle prend conscience alors de l’évolution de la condition féminine : « A mon époque, on ne connaissait rien au sexe, on ne parlait pas de ces choses-là, je ne savais pas que c’était un viol, et ce qu’était un viol » lui dit sa grand-mère ( je glose). Claire confie cette découverte bouleversante à la thérapeute qui l’aide au quotidien dans son évolution personnelle et professionnelle, car la jeune femme a suivi la formation d’une école prestigieuse qui assure  » le service après-vente » si j’ose dire. Cette professionnelle invite alors Claire à affronter sa part d’ombre : car ce violeur, c’est son grand-père, c’est une part d’elle-même, de son histoire. Claire refuse totalement ce genre de réflexion et se bute.

Quelques semaines plus tard, elle rencontre Fred, qui la confronte encore à cette ombre en elle-même. Fred lui aussi a ses secrets, douloureux, destructeurs. Alors que cet homme et cette femme se plaisent, l’histoire est impossible. Fred part alors gravir l’Everest, en quête de lui-même, « sur le toit du monde ». En quête d’un sens à sa vie. Claire empruntera la voie du développement personnel. Chacun va trouver en lui-même ses ressources, ses outils. Mais dans les deux cas, il s’agit de dépassement de soi. Les épreuves rencontrées par les personnages vont faire voler en éclat leurs certitudes, leurs limites, et les amener vers l’amour inconditionnel, de soi avant tout.

Crédit photo : la fille de Mary Laure

Je dis souvent que la société a les monstres qu’elle mérite. Notre société est une fabrication du monstre. Le saut de la victime en bourreau se fait sans crier gare, parce qu’on n’a pas accompagné nos victimes. Quand tu méprises la souffrance de quelqu’un, elle te rejaillit à la face. Une personne en souffrance devient vite celui qui fait souffrir. Mais ici, point de sauveur que soi-même. Ce n’est pas un roman feel good où un personnage vient servir de mentor à quelqu’un qui est perdu dans sa propre vie. Non. Ce roman m’a fait penser à Marguerite Yourcenar et Qui n’a pas son minotaure ? Un essai dans lequel la romancière explique que le minotaure est la part monstrueuse en soi, celle que Thésée combat et qui un passage initiatique qui le fera passer du statut d’adolescent tumultueux à celui de roi de la première des démocraties. Seulement chez Yourcenar, il reste petit et veule, parce qu’il n’identifie pas cette part du monstre en lui. C’est un mythe qui m’a toujours tenu à cœur car je pense malheureusement avoir en moi une part d’ombre monstrueuse que je dois à ma famille et à ce que j’ai vécu. Personne n’est venu. Mary Laure Teyssedre me l’a dit en privé : ce livre ne parle pas que de viol, mais des violences familiales, des abus, en amitié, en amour ou dans la vie professionnelle. Il parle de l’abandon aussi, même si l’auteure pense avoir traité cet aspect plus tôt pour elle ( c’est bien une qu’elle conte ici). Je me suis retrouvée confrontée à ce que j’avais vécu sans passer par la case « viol ». C’est un saccage que j’ai vécu : celui de mon enfance finalement, de mon innocence, où chaque souvenir heureux est entaché d’une réflexion, d’un abus, d’un abandon, d’une préférence qui n’était jamais pour moi.

Ce livre va te secouer, te faire comprendre que celui qui est détestable ne l’est pas toujours entièrement, que l’être le plus beau cache en lui parfois le pire des secrets et la pire des fautes. Que la plus grande des blessures offre aussi un apprentissage et quelque chose qui te fait grandir. Qui est-on pour juger quelqu’un qui peut avoir fauté un jour mais passe sa vie à se racheter ? Qui est le plus à fuir ? Celui qui est lâche et ne fait jamais de mal directement mais en cause en s’évaporant ou celui qui affronte avec courage ses erreurs ?


Au centre de cette magnifique histoire, il y a un cœur de verre magnifique, une oeuvre d’art que Claire va confier à Fred pour qu’il le place sur l’Everest, le point le plus haut de l’univers, afin qu’il rayonne de l’amour et de l’énergie qu’il porte en lui.

A la fin de cette lecture, j’ai vraiment ressenti comme un élargissement du cœur, un rayonnement qui émanait de ce récit et de moi-même. C’est une lecture libératrice. Mary Laure parle de « livre de soin ». Il y a quelque chose qui va te déranger dans tes certitudes et te faire découvrir qu’il n’y pas une vérité, mais qu’il y a la vie et sa complexité. L’amour est plus fort que tout si l’on s’en donne la peine. L’amour n’est pas le chemin le plus facile.

Ce roman est une lecture à la fois violente et pleine de sérénité. C’est quelque chose d’assez étrange, d’être libérée en ayant été très angoissée par de nombreux points. J’ai apprécié d’en apprendre autant sur les épreuves qu’il faut endurer pour gravir l’Everest ( sans moi, je te le dis !). Il n’y pas de « leçon donnée » dans ce livre, de vade-mecum tout prêt , juste la certitude que nous avons en nous de nombreuses clefs pour ouvrir les bonnes portes de notre âme, et accéder au sens profond des synchronicités.

Pour lire les trois premiers chapitres c’est ici

Acheter le roman c’est là

Les autres oeuvres de Mary Laure c’est à cette adresse

Et enfin le site de l’auteur c’est LA

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