Les écrans et moi : un livre et mon analyse !

Le service de communication du premier ministre a envoyé à plusieurs d’entre nous une proposition pour recevoir gratuitement ce livre des éditions Hygée. J’adore Hygée éditions et je suis ravie que le ministre ait fait appel à eux pour une question de santé publique car cette maison d’édition traitement justement de ces questions et en a fait son fer de lance. C’est MIDELCA, Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, qui s’est chargé de la diffusion de ce livre. Je remercie Antonin ( non, je ne dirais pas son nom, ici, la règle Antonin, c’est qu’on n’a plus de nom de famille), directeur de la communication, efficace et sympathique.

Le livre

Le livre est très très beau. Franchement, il est magnifiquement illustré, avec une couverture semi-rigide. Pour chaque question en rapport avec les réseaux sociaux, qui peut être une question de ton enfant , tu as sur la page de gauche une infographie claire, humoristique et jolie. Sur la page de droite tu as des réponses et des solutions. Il y a 4 rubriques par page : l’avis de l’expert, les astuces, une réponse à une question plus précise et enfin une question de débat ( en famille ou en classe). Les couleurs sont top, le papier, très beau, comme quoi s’adresser à un éditeur génialissime ça évite … plein de problèmes.

Les questions soulevées sont variées et progressives : comment faisait-on avant internet ? Notre cerveau s’est-il adapté au numérique ? Pourquoi on devient accro et quels sont les dangers ? Les effets des jeux vidéos, le danger de la quête de popularité sur la toile chez les ados ( et les autres ! ah ah ah). la question de la véracité des infos sur internet, comment réagir après avoir vu des images choquantes ? Des questions enfin sur l’écologie et internet mais aussi la collecte de données personnelles. Il y a enfin une double page récapitulative sur  » l’essentiel » et une médiagraphie très complète.

Ce qu’il n’y a pas : de vraies propositions d’activités alternatives, mais tu sais que tu les trouveras dans ce livre de chez Larousse que je t’ai présentée récemment et… ici, sur mon blog, avec tout un tas de jeux de cartes, de communication, de développement personnel. On ne peut pas tout décrier sur la toile, les réseaux sociaux et les écrans. Ils ont du bon. la preuve : tu me lis et le ministère a fait appel aux influenceurs comme moi ( waouhou, je suis influenceuse ???).

Pour ou contre internet

Il y a ce que cela permet, et ce que tu choisis d’en faire.

Je pense que les écrans sont positifs quand ils permettent de découvrir et de créer. Dès qu’on est passif et qu’on subit, comme quand on scrolle ou qu’on regarde la télé avec un air béat, il faut éteindre.

J’aimerais donc apporter mes réflexions personnelles, étant assez geek, plutôt très présente sur les réseaux sociaux. Je me suis mise aux forums en 2002, et j’ai créé ma boîte mail en 2000 suite à un voyage à l’étranger dans une école de langues, pour garder le contact. je fréquentais alors le centre de langue de ma fac et j’y passais beaucoup de temps. Grâce aux écrans, j’ai bien appris. Enfin, en 2004, çà la création des blogs, j’ai créé le mien, cela a été la plus grande révélation de ma vie, je n’attendais que ça. En 2005, je me suis mise à Copainsdavant et j’ai retrouvé des amis; En 2007 il me semble ce fut les débuts de facebook. puis instagram. Chaque nouveauté informatique / numérique m’a apporté quelque chose et a répondu à un de mes besoins précis. J’adorais ça, parce que j’ai eu un prof d’informatique dès la primaire. Je me souviens d’ailleurs avoir expliqué cela à des collègues qui m’ont pris pour une mythomane. Je pense que cette maîtrise permet de rester libre. Et de savoir utilisé internet sans qu’il ne t’utilise.

  • Sans Internet j’ai complètement persu de vue des amies étrangères comme Kristin Wolf de Müllheim. Si tu me lis je te cherche régulièrement. Avec internet j’ai retrouvé mon amie  » de camping », néerlandaise, rencontrée à Charleville Mézières en 1991. Grande année de la vie.
  • Sans internet, j’ai cherché pendant 15 jours dans des livres une réponse qui n’y était pas, pour u exposé sur la mer rouge, et j’ai finalement trouvé la réponse dans un vieux livre du XVIe siècle à l’association scientifique de ma ville; J’ai perdu 15 jours, sans internet, ma prof de fac a mis 3 mois à avoir une autorisation pour photographier un meuble gravé et sculpté selon la fable  » le chêne et le roseau ».
    Avec internet, la réponse met deux clics à te parvenir et j’ai les photos dudit meuble sur insecula.
  • Sans internet, personne ne sait qu’il peut s’adresser à moi pour tout un tas de choses, et je ne peux pas m’adresser à eux pour leurs compétences perso. Avec internet, on a développé plein de réseaux d’entraides sympas.
  • Sans internet, ma grand-mère racontait que  » y en a qui disent » à ma mère qui m’interdisait alors de faire tel truc et d’aller dans tel endroit et de manger tel truc, alors qu’avec internet on n’aurait vérifier que non, le coca n’est pas à base de cocaïne,( il ne fait pas consommer de coca cola mais autant savoir la vérité !) que non, les jeans Lewis ne sont pas l’origine de mon endométriose ( gnié?) et que non, le boudin blanc n’est pas  » super bon pour la santé ».

J’ai connu le monde sans et le monde avec internet, les réseaux sociaux. J’ai toujours connu la télé et les jeux vidéos et je n’ai jamais été accro. Pourquoi alors être « accro » aux réseaux sociaux…. Il faut se pencher sur les raisons qui font que tu t’y mets. J’ai préparé d’ailleurs mes concours de profs sur les réseaux avec des forums, et j’y ai rencontré de très bonnes amies. A chaque fois que je me suis mise à un forum, un groupe, un réseau, c’est justement pour rencontrer des gens qui avaient les mêmes centres d’intérêt que moi et échanger sur le sujet.

Ma fille vous montre un logo qu’elle aime bien parce que cela lui permet de regarder des contes en dessin animé.

Pourquoi est-on accro aux réseaux sociaux ?

Beaucoup de personnes, surtout âgées, se plaignent que leurs proches passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux. Discutent plus sur les réseaux sociaux qu’avec eux. J’ai connu la fameuse vie d’avant. Ce que je peux vous dire c’est que si les réseaux sociaux existent et ont autant de succès c’est pour plusieurs raisons précises et que dire aux autres d’arrêter les réseaux sociaux ne sert à rien. Demandez vous vraiment pourquoi on préfère les réseaux sociaux.

La famille et le respect des ados

Personnellement, aucun membre de ma famille n’écoutait ce que j’avais à dire où partager. Je me souviens aussi que mêmes les personnes  » attentives » ne l’étaient finalement pas. Pour un ou deux proches, je  » lisais ». Quoi ? Ils n’en avaient aucune idée. Et je ne leur en veux pas parce qu’on parlait d’autres choses. Mais pour le reste de la famille je li… Je ne terminais même pas de dire ce mot. Je n’ai jamais vu un autre membre de ma famille, à part mon père fan de BD, avec un livre à la main. Tout le monde se foutait tellement de ce que je faisais comme études que ma mère résumait ainsi les choses à mes tantes ou oncles :  » elle s’en met plein la tête ». C’est du précis ( antiphrase). J’essayais alors d’expliquer et là, on me coupait la parole pour parler… du rôti, de la chasse et des légumes. Je me souviens très bien de toutes les fois où j’ai essayé d’exprimer une opinion… Et qu’on se soit foutu de moi. Lire c’est pour eux un truc de feignasse, écrire c’était forcément pas pour moi, pour qui je me prenais. Ils avaient une façon de détacher le « toi » qui le donne encore envie aujourd’hui de leur cracher dessus. Le théâtre, que j’adorais, c’était un truc de putes et de drogués. Mes parents, il faut quand même le dire, se sont quand même intéressés à ma grande passion pour Prévert, mais il aurait fallu être sourd pour passer à côté. Cependant, je ne suis pas certaine qu’ils puissent dire autre chose de ce que j’aime ou de ce que je lis. La plupart du temps on me disait :  » ça me passe au-dessus » ou  » et tu va pas changer le monde avec ça » ou  » c’est du vent « ,  » de la perte de temps » etc. J’étais de toute façon dans la catégorie  » feignasse » parce que j’étais dans le monde des idées, de l’imaginaire. Donc feignasse. Mépris, inattention, manque d’écoute, dénigrement. C’était le programme en famille. C’est sans doute pour cela que j’ai tant adoré la FAC.

Ecoute et attention

Il y a aussi tout ce que tu aimerais dire, expliquer : les événements de ta vie, tes amitiés. Les parents disent  » il n’y en a que pour ses amis » mais sais-tu comment ils s’appellent? Connais-tu les caractères des uns et des autres ? Quand je parle de mon quotidien de prof, encore aujourd’hui, adulte, la personne présente n’écoute pas et filtre ce que tu lui dis. Preuve en est : tous les élèves d’une classe il y a un an ont confié la même chose à leurs parents, je suis la seule à avoir réagi, chez les adultes. Pourtant, c’était super grave. Si ce genre de chose t’arrive, je vais te dire comme à Kevin-Henry qui me demande 5 fois l’énoncé : « T’avais qu’à écouter ».

Le problème est là : on se plaint des troubles de l’attention des enfants mais sommes-nous réellement nous-même attentifs à eux ? A leur parole ? Dans attentifs il y a aussi cette idée… d’attention, et d’attentionné. Si quand il était tout petit tu te foutais complet de ce qui te racontait, ne t’étonne pas qu’il file sur les réseaux parler à ses potes.

Photo de Brett Sayles sur Pexels.com

Parler !

J’ai d’ailleurs été toujours très étonnée des parents qui me disent que leur enfant ne raconte rien de sa journée, hormis le menu de la cantine. J’ai donc observé. Ah oui, moi Maman Tornade, je saoule ma famille avec ma journée de travail. Oui. C’est vrai. Par conséquent, mes enfants m’ont entendu raconter une journée, choisir des événements marquants, utiliser une chronologie. Et de fait, même la petite qui a 6 ans me raconte en détails tous ces exercices de la journée et tous les événements importants comme les punitions, les contes, les activités exceptionnelles. Je me suis fais la réflexion avant-hier dans la voiture : on se raconte TOUT.

Se sentir compris et partager

Donc voilà. Les réseaux sociaux existent parce qu’on a besoin de partager avec des gens qui nous comprennent. Si ce n’est pas avec vous, ce n’est pas de ma faute, de la faute de votre proche. Mais de vous. Vous avez créé l’addiction de vos enfants aux réseaux sociaux. Oui, je sais, c’est dur à entendre et tu auras sans doute envie de m’insulter. Mais regarde bien la situation en face. A force de ne pas s’écouter dans les familles, on a créé le besoin des réseaux sociaux. Moi ado, c’était le téléphone et mes amis. On parlait des mêmes choses. Le problème est vieux comme le monde et le problème n’est pas mes réseaux sociaux. C’est l’ouverture d’esprit inexistant et le manque de respect des différences dans une famille. Les ados que je fréquente me le disent tous les ans. Ceux qui ont une famille à l’écoute n’ont souvent même pas de compte.

Le harcèlement familial : ça existe !

Quand j’allais dans les familles donner des cours particuliers, j’ai souvent entendu les parents décrier des attitudes et dénigrer des goûts. Leur fils écoute de la musique de  » débile » et la fille des groupes de merde, le fils perd son temps au basket  » au lieu de m’aider à tondre la pelouse ». Comme j’ai connu ça, je peux te dire qu’il n’y a pas mieux pour créer une fracture entre l’enfant, l’adolescent et sa  » famille ». Une famille doit être un soutien et une écoute et cela commence par le respect des goûts et loisirs de chacun. Non, ceux des parents ne sont pas mieux. Beaucoup d’enfants se réfugient sur les réseaux sociaux pour trouver écoute, écho, compassion, bien-sûr, on parle énormément des dangers des réseaux sociaux, du harcèlement dans les réseaux sociaux, du harcèlement scolaire, Pourrait-on parler du harcèlement familial qui consiste à dénigrer ce qu’aime un ado et à vouloir le faire changer à tout prix ? Combien d’élèves viennent me voir parce que leurs parents les obligent à choisir tel enseignement de spécialité et pas tel autre ? Combien m’ont écrit dans ma carrière vouloir abandonner le piano pour la gym mais papa ne veut pas alors on continue le piano qui fait trop bien en société ? On parle beaucoup des critiques sur la toile, des commentaires, mais en vérité si les gens se permettent de commenter ainsi les goûts et opinions de inconnus, ils le font aussi avec leurs progénitures. Etre rebelle en lisant du Proust, j’ai connu. J’adorais la philo. On me disait « Pendant ce temps-là, je dors » ou « Tu t’intéresses vraiment à des trucs inutiles ».

Dans le sens inverse, c’est vrai aussi. Car tu pourrais me rétorquer que cette attitude est très égocentrique, que les ados comme moi-même ne nous intéressons qu’à nous-mêmes. Sauf que… Rappelle-toi la dernière fois que ton enfant t’as posé une question. Qu’as-tu répondu ? Moi, la dernière fois que j’ai posé une question à un proche sur sa vie je me suis fait rembarrer.

Répondre aux questions

A un enfant on répond :  » tu comprendras quand tu seras grand »,  » ce n’est pas des affaires de petit »  » tu ne peux pas comprendre ». Puis, plus tard  » c’est comme ça et pas autrement »,  » arrête avec tes questions »  » qu’est-ce que j’en sais »,  » tu obéis et puis c’est tout ». Alors l’enfant va enregistrer que la question doit pas être posée, il ne t’en poseras donc plus aucune et vous deviendrez … des étrangers.

Alors si toi aussi tu veux faire en sorte que ton enfant arrête de SE REFUGIER derrière un écran ( oui, c’est le verbe, se réfugier derrière un écran pour SE CONFIER aux réseaux sociaux, c’est CA la VERITE, pas se cacher ou s’afficher, non SE REFUGIER). Tu as plusieurs pistes sur ce blog :

Voilà voilà. Les ados, c’est tellement passionnant. Si vous saviez. Et tu sais, en général, celui qui me dit qu’il ne lit jamais, qu’il n’a rien à raconter, qui ne peut rien  » imaginer » , quand je lui demande quelles sont ses relations avec ses parents, je sais. Ils ne s’engueulent même pas, non, c’est pire.

Note à mon mari ( on ne sait jamais, des fois qu’il lise ce blog de temps en temps : si tu arrêtais de mettre des filtres et de faire l’oreille sélective, comme tu aimes si bien dire, tu pourrais retrouver seul tous les objets que j’ai rangé pour toi et savoir qu’actuellement je fais telle activité et que je travaille tel roman, que je suis allergique à tel truc et que non, je n’ai pas repassé ta chemine beige.

Devenons accro au dialogue et ça ira déjà tellement mieux.

A bon entendeur et bon parleur, SALUT !

4 commentaires

  1. Même si je connais bien les dérives d’internet, tout comme toi j’y vois les nombreux avantages. Découvrir et échanger avec ceux qui partagent les mêmes intérêts. De merveilleuses rencontres, c’est sur la toile que j’ai rencontré mon compagnon qui partage ma vie depuis 14 ans.

    Tu m’as fait penser à Mathilda de Roald Dahl lorsque tu racontes comment tu étais perçue enfant dans ta famille.

    Et oui les parents aiment bien se plaindre de l’attitude de leurs enfants sans prendre conscience qu’ils en sont bien souvent la source 😦 Je comprends mieux pourquoi je ne savais jamais quoi dire enfant. On ne m’avait tout simplement pas laissé la place pour m’exprimer. Je n’avais, du coup, pas pu développer cette compétence.

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    • Tu m’as rendu toute chose. Ça fait plaisir d’être comprise et j’ai souri aussi car mes filles adorent Mathilda, vue dix fois. Elles le liront un jour et elles sont tjs en train de me dire que c’est comme moi. Mais bon Mathilda c’est plus extrême dans tous les sens car c’est le principe du romancier de grossir et symboliser. Je pense que l’auteure a toutefois voulu y mettre de nombreux messages en effet !

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      • Je ne sais pas si tu as déjà lu l’autobiographie de son enfance : « Moi, boy » J’ai adoré !

        J’ai oublié de te demander, parle-t-il du cyber-harcèlement dans le livre que tu as présenté ?

        Aimé par 1 personne

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