Publié dans apprendre, Avant t'avais des principes..., Coups de gueule

La mauvaise éducation

Tu sais, quand tu as des enfants, tu prends conscience que l’éducation que tu leur donnes peut devenir source de conflits. Tout le monde semble croire qu’il a son mot à dire, son conseil à prodiguer, son  » il faut, tu dois » à asséner. Tu as les parents des enfants du même âge, qui savent mieux que toi.

Tu as les parents des enfants plus âgés qui te disent » crois-en ma propre expérience », tu as la maîtresse (nous elle nous fout la paix heureusement), la nounou,  les institutions, les émissions, les mamans blogueuses ( oui, oui, tu sais, ces fameuses mamans qui te vendent des programmes d’éducation à 800 boules), tu as des pédapsychomachins, qui te disent  » crier, taper c’est pas bien mais je n’ai aucune solution alternative à vous fournir ». Ce qui est bien aussi, c’est que tu as tellement de bouquins, que tu peux te faire ta propre idée. Des émissions télé aussi, des sites. Au début, tu vas tout écouter, tu vas engranger des informations. Tu veux tout faire trop parfaitement.

Tu regardes mêmes les vidéos très agaçantes de Filliozat.

Tu en as même qui te disent que ça va être gratuit et en fait c’est 95 euros ( je ne sais pas si c’est bien, mais je te donne quand même la vidéo)

 

Et puis il y a un paramètre qui va s’imposer à toi, plus que les autres : la personnalité de ton propre enfant. Tu découvriras même que tu n’éduques pas exactement tous tes enfants de la même façon, parce qu’ils n’ont pas les mêmes personnalités, ne font pas les mêmes erreurs, n’ont pas les mêmes penchants naturels. Non, avec le deuxième ce ne sera pas facile. T’avais prévu de ne pas crier mais quand tu peux même pas aller faire caca tranquille en trois jours, ben tu cries.

 

Enfin, à tous ces paramètres s’ajoutent les éléments essentiels qui feront ta propre tolérance et tes propres propriétés : tes valeurs. Et ces valeurs elles se sont construites par ta propre expérience d’enfant, de par l’éducation que l’on t’a donné ( en contre également) de par tes expériences de vie, tes erreurs, leurs conséquences, ou tes voyages, ton ouverture d’esprit aux autres cultures. Par exemple, si tu es allé en Amérique latine, tu auras remarqué que l’heure du coucher n’est absolument pas une priorité dans ces pays. Chacun, enfants compris, se couche à l’heure qu’il veut. Le rythme se prend naturellement ( l’école commence à 7h40 au Mexique par exemple), l’après-midi peut être consacrée à la sieste ( pas de cours) et la soirée à ce qu’on veut ( il a fait souvent trop chaud en journée).

lk_21

Ce que tu dois retenir au final, c’est ce sont tes enfants et qu’il n’y a que deux parents. Grand-parents, cousins, copines, tatas, nounous, ou je ne sais qui ne sont que des AUTRES qui n’ont qu’une mission : accepter tes principes à toi d’éducation. Personne ne doit avoir le droit de venir ramener sa fraise. Tu fais du mieux que tu peux, c’est le plus important. Nous faisons du mieux que nous pouvons, c’est ce que j’ai répondu à la personne qui a osé me dire que mes filles étaient mal éduquées. Je cite  » il faut un minimum d’éducation quand même » et  » quand on a des enfants on les assume ».
Je te place le contexte : Mes filles, après avoir fait 4h30 de voiture la veille, s’être couchées à minuit passé pour voir un feu d’artifice , avoir passé ensuite une journée entière à marcher, faire des jeux, faire deux parcours d’accrobranche ( oui, la petite de deux ans aussi), avoir déjeuner le midi au restaurant, pris une douche en quatrième vitesse, avoir zappé donc au final deux siestes… ont dû aller au restaurant le soir.

Le midi, nous avions déjà été dans un restaurant. Tout s’était très bien passé, chacune était restée assise à sa place le temps de prendre son plat, entre les plats nous les avons laissées marcher et jouer, et regarder les papillons. A la table voisine, il y a avait trois enfants qui ont vite rejoint les nôtres, à notre table et derrière notre table. Il faisait froid à l’ombre, on avait regroupé tout le monde au soleil, nous tous, les parents des 5 enfants, nous avons surveillé la marmaille. Une maman a d’ailleurs demandé à ses filles de jouer avec ma grande, elle a même autorisé ma grande à descendre avec ses filles l’escalier pour jouer dans l’herbe, et j’ai surveillé son petit et je vais te dire, avec toute la souplesse des parents qui gèrent des gamins au restau, personne ne s’est offusqué des interventions de l’autre parent. On a géré, et merci à ces inconnus qui ont joué le même jeu que moi, à savoir : assurer la sécurité des enfants et leur confort. On a passé un super moment. Nous nous sommes remis à table sans cri ni pleurs, pour  déguster nos glaces, et nous avons dit au revoir à ses amis inconnus qui comme nous, ont des enfants vivants.

Après, nous avons fait de l’accrobranche, une promenade dans des pierres ( les pierres jaumâtres) et puis encore de l’accrobranche. La petite était tellement fatiguée qu’elle ne tenait plus sur ses jambes. Mais le soir, nous étions invités au restaurant. La grande est restée assise pour son repas. La petite en avait ras le casque est n’est pas restée en place. Habituellement le soir, elle ne prend qu’un biberon alors le coup de la crêpe garnie n’est pas passé. Elle ne voulait pas être assise, il n’y avait pas de réhausseur, les coussins la gênaient, elle a jeté un couvert, elle ne voulait rien manger. Et puis elle a crié aussi, et puis elle pleuré. Bref, un enfant de deux ans qui en a ras le bol et veut dormir. Je l’ai donc emmené se promener et prendre son lait dans un espace vert à côté, on est allé regarder les fleurs,  je l’ai accompagnée dans ses envies, parce que c’est un enfant de deux ans et que ses besoins passent avant tout, c’est le meilleur moyen pour moi d’arrêter la crise, et celle-ci me semblait sincèrement justifiée.

Tu me diras  » Mais pourquoi avez-vous accepté l’invitation » ? Pour ne pas vexer les personnes auraient été blessées qu’on dise non. Il y a des cas où tu ne sais plus à qui faire plaisir. Tu vois, à l’avenir je saurai : mes filles seront désormais la priorité. Donc tu as raison, on aurait dû refuser. La petite a donc monopolisé toute mon énergie et mon attention, et j’ai réussi tant bien que mal à manger. La grande quant à elle a voulu sortir de table et… Jouer avec un bébé de 12 mois environ, une petite fille. Parce que ma fille avait fait ça le midi, parce que c’est toujours comme ça au mac do par exemple, parce qu’elle aime aider les petits, parce qu’elle est d’un naturel avenant et aime discuter, parce que c’est une petite fille adorable, en somme. Sur cette terrasse de restau, il y a pas mal d’enfants et une fumeuse. C’est à ce moment-là que je me suis prise dans la gueule  » il faut un minimum d’éducation quand même. C’est inadmissible, il y a des gens qui demandent à changer de place à cause des enfants, ça dérange tout le monde. Quand on a des enfants on les assume. Je suis vraiment en colère ».
Alors je vais être très clair. Moi aussi je suis en colère et j’ai été bien gentille de ne pas crier. Mais je ne l’ai pas fait pour les adultes, je n’ai juste pas voulu gâcher le reste du séjour à mes filles.  Nous sommes donc rentrées et j’ai passé ma soirée à pleurer.
Oui, j’éduque mes filles, et je le fais comme je l’entends. Personne n’a à me dire comment je dois  éduquer mes propres enfants. Quand on a eu des enfants on a pu faire comme on le souhaitait, la moindre des choses quand on est bien éduqué ( visiblement c’est raté, pour moi il n’y a pas plus malpoli que quelqu’un qui vous sort que vous n’assumez pas vos enfants et qui vous juge)  c’est de se mêler de ce qui nous regarde et l’éducation des enfants qui ne sont pas les siens ne nous regarde pas. J’ai assisté à des scènes mémorables de gamins en crise avec des parents dans la merde jusqu’au cou, eh bien c’est comme ça, chacun fait comme il peut.

Mes filles ne sont pas des sauvageonnes,  elles disent  » bonjour », « pardon », merci » , »s’il te plait »,  » au revoir »  » de rien »,  » à tes souhaits », et je n’ai jamais eu à leur apprendre ces règles de politesse qui sont en vérité tout à fait naturels chez nous. Et agréables pour elles. Parce que je ne les ai jamais forcées. Tu forces un gamin à le dire tu peux être certain qu’il va voir ça comme un truc méga chiant et se sentir humilié. Moi, quand on me mettait la honte, j’avais plus du tout envie de le faire; Le pire étant carrément de devancer l’enfant qui allait le faire naturellement.  je me souviens quand cela m’arrivait étant enfant, j’avais des envies de taper. Un enfant n’est pas un chien. On dit bonjour quand on a envie de dire « Passe une bonne journée  » à la personne. Si tu t’en fous tu dis rien. Oui, moi, il m’arrive de ne pas dire bonjour à quelqu’un parce que… j’en ai rien à foutre de sa gueule. Ce qui ne fait pas sens pour moi dans la politesse ne m’est pas important.

Mes filles aident à ranger, mettent la table, la grande range sa chambre. La petite partage son repas avec les autres, elles font des cadeaux, elles écrivent des cartes qu’elles vont glisser dans la boîte aux lettres de leur copine, elles font des compliments, elles sont toujours prêtes à aider, à faire un câlin. Les interdits, chez nous, sont liés uniquement à la dangerosité des situations. Non, elles n’ont pas d’autre interdit, oui je les autorise à sortir de table quand elles ont mangé, et ce sont mes choix. Je ne vois pas pourquoi faire tout un fromage de ça.

toddler-tantrum

Notre priorité, c’est d’éviter les crises de larmes, les hurlements, les coups. Si intervenir peut provoquer le déluge, je n’interviens pas. Surtout pour une règle de politesse que je ne connais pas. A part s’il existe un danger, ou qu’elles peuvent causer de vrais dégâts ou des vrais désagréments.

Mes priorités se sont l’attention à l’autre, la reconnaissance que l’enfant doit avoir de ce qu’on fait pour lui, et la sécurisation de l’enfant.

Non, j’en ai rien à foutre de savoir si c’est validé par Madame de Rotchild de quitter ou non la table à 2 et 4 ans. Je m’en fous comme de l’an 40 de savoir si le Petit guide la bonne conduite accepte qu’un enfant joue avec un autre enfant au restau. Nous étions gênés par rapport aux parents de la petite,  qui ont répondu à mon mari très sincèrement que les filles ne les dérangeaient pas et que ma grande pouvait rester. OUI, je lui avais dit que je ne voulais pas, parce que j’avais peur que les parents soient contre. Mais du moment que ces parents avaient accepté, je ne voyais pas où était le problème et j’avoue que c’était très mignon de voir la petite faire des pas en dansant avec ma grande. C’était même adorable.  Le midi, nous avions 5 enfants dont 3 pas à nous à notre table et on en a pas chier une caisse, on était contents en fait. Nous les parents, on est HEUREUX de voir nos enfants HEUREUX. Et de voir les enfants des autres heureux par la même occasion.

Je passe 80 % de mon temps avec mes filles. Il faut savoir que toutes nos activités de loisir sont des activités pour enfants. Notre fric ( tu verrais le découvert qu’on se tape d’ailleurs) est entièrement ou presque consacré aux enfants. Comme 90 % des parents, les soldes sont des achats pour enfants. En fait, nous vivons chez nos enfants. La maison est un parc à jouets, un placard entier est consacré aux jeux , un autre aux loisirs créatifs.

Si j’assume mes enfants ? Mais personne ne garde mes enfants pour moi à part la nounou. Je n’ai eu qu’une fois une baby-sitter pour une priorité. Elles ne sont jamais gardées le soir. La grande a dû faire trois séjours chez sa grand-mère à tout casser. Nous n’avons pas une personne à demeure pour préparer les repas, laver et coucher les enfants comme cela peut être le cas ailleurs ( si, si je te jure ça existe ). On est loin d’êtres des assistés de la parentalité. J’ai fait 5 ans de traitements, deux ponctions FIV, une ménopause artificielle de six mois après une opération, j’ai fait une fausse couche, j’ai eu des nausées gravidiques, j’ai failli crever de mes crises d’endo, j’ai vu le fauteuil roulant de près quand Lana avait 5 mois, je me suis occupée des mes filles alors que j’étais en train de crever d’une pneumonie, alors me dire que je n’assume pas mes enfants, c’est plus que lamentable. C’est plus qu’une offense.

j’ai je ne sais combien de bouquins sur la parentalité bienveillante, positive, machin-bidule et trucmuche. En revanche, tu sais quoi, je n’en ai aucun ( c’est un appel du pied aux éditeurs, une idée comme ça) pour éduquer les adultes et leur apprendre à laisser les parents guider leurs enfants comme ils peuvent. Du mieux qu’ils peuvent. En donnant le meilleur d’eux-mêmes. Et nous faisons des erreurs, mais personne ne fera mieux que nous. Parce que personne ne connaît mieux nos enfants que nous. Même Filliozat. C’est ce que j’aurais aimé que mon mari explique à ce cher monsieur. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que ces petites soient heureuses et qu’elles apprennent à bien se comporter, de leur propre chef. Quand ma grande fait une bêtise, elle revient souvent d’elle-même s’excuser quand elle voit les conséquences. Elle répare d’elle-même. Souvent aussi elle n’en est pas capable. Mais tant pis. J’attends qu’elle le devienne. Ça ne servira qu’à la braquer si je l’oblige. Vouloir les plier à des règles de vie d’adulte ne fait pas partie de nos choix, surtout avec des enfants de 2 et 4 ans, fatiguées et privées de sieste depuis deux jours.

Ah, et puis, au fait, un détail comme ça : les personnes qui ont demandé à changer de table étaient très gênées. Par la fumée de cigarette. Quand un adulte se permet de fumer dans un lieu public rempli de gamins, ce ne sont pas les enfants qui sont en tort. Mais le fumeur. Si quelqu’un  venait me dire que mon enfant dérange je lui dirai simplement d’aller ailleurs. Qu’il change de table, je m’en fous.

Nous avions passé une excellente journée, ensoleillée et pleine de rigolades et de découvertes. Je ne vous remercie pas de nous l’avoir gâchée. Heureusement que ma grande n’a rien entendu de vos vilaines paroles à son égard, elle qui était si heureuse de s’occuper d’une petite fille et de prendre soin d’elle . J’ai passé la nuit à pleurer. Ma petite également. Si la bonne éducation c’est pourrir la vie des enfants en les rendant malheureux, les entendre s’endormir avec des spammes du sanglot, je choisis définitivement la mauvaise éducation. 

 

 

Publié dans apprendre, Le quotidien

On fait du pain ?

 

Mercredi dernier la grande Comète a assisté à un atelier pain au Moulin de Fillé ( Moulinsart). C’était génial.

IMG_20170705_141540
attention, il y a un chef de bassine !

 

Cet atelier est ouvert aux enfants à partir de trois ans. Durant deux heures trente tu découvriras : la recette du pain ( que tu réaliseras). Tu apprendras à pétrir comme un vrai boulanger.

img_20170705_142244.jpg

Tu visiteras le moulin Cyprien pour découvrir son fonctionnement mais aussi, les différentes farines, et tu pourras broyer et tamiser ton blé pour faire ta petite farine. Tu repartiras avec ton petit sachet. pendant ce temps, ton pain lève, et tu reviendras le cuire. Après, tu repars avec ton pain… et oh suspense TU LE MANGES.

 

Une fois à la maison, nous avons refait la recette, mais nous étions surprises de voir que sur le papier joint il n’y avait pas toutes les petites astuces que nous avons apprises.

ATELIER PAIN, moulin de Fillé, tous les mercredis de l’été et des vacances scolaires, sur réservation. Réservations obligatoires au 02 43 57 05 10 – 5 € par participant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans apprendre, Le quotidien, Passions partagées

Un concours de dessin

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

Mon petit poussin a participé à un concours de dessin. Quand tu fais participer ton enfant, tu es plein de bonnes intentions, tu te dis que l’important c’est de participer. Mais lui ne l’entend pas de cette façon. Il rêve de gagner, il sait qu’il va gagner, parce que son héros préféré gagne toujours dans le dessin animé qu’il regarde le soir. C’est rare que Petit Ours brun échoue.

18056233_10154689839484482_6947606204199704425_o

Mais cela peut arriver.

Entre le moment où on a déposé le dessin, pour ce concours des 3-12 ans ( oui, 3 – 12 ans, tu imagines bien que mon poussin qui a 4 ans avait peu de chance de gagner) et la remise des prix, nous avons préparer le poussin à essuyer un échec.

18221631_10154708522179482_8753409444490857476_n
les dessins exposés…

 

Pendant un mois, les dessins ont été exposés et le public a pu voter anonymement. 12 ans, 9 ans, 4 ans, ils étaient tous à égalité. Du coloriage gribouillé à l’œuvre d’art du 12 ans, tout le monde avait les mêmes chances… Tu vois le problème ? A la remise des prix, mercredi 7 juin, il y a eu des déçus et des pleurs.


Mais pas pour Poussin. Elle a un sacré don quand même la petite…
Elle a terminé 4e pour six prix et 29 participants. Les 5 autres ont 9, 10 et 12 ans. Poussin, sur la photo de remise des prix, on dirait une figurine.

IMG_20170607_161027.jpg

Je suis super méga fière de son dessin. Depuis, elle a encore passé des caps : elle reproduit en 2D des figurines 3D, elle dessine en plaçant les masses sans les contours, elle fait des trucs de dingue. Comme tout parent à ce moment-là, j’espère qu’elle continuera sur cette voie, à vivre sa passion et progresser en exploitant ce don. Mais je peux présumer de rien. Evidemment, si elle abandonne, je sentais déçue, mais elle n’a que 4 ans. Elle dessine tous les soirs, tous les jours depuis peut-être un an. Elle a des livres, un petit lutrin, et elle apprend.

Mais l’important tu vois, c’est que ça lui plaise et que la rende heureuse. Le reste… je te propose de lire mon article sur Elizabeth Gilbert pour savoir ce que j’en pense !

dessin

 

 

Publié dans apprendre, Coups de coeur, Coups de gueule, Le quotidien

Mes zèbres sont des enfants comme les autres

41qigyeu-al__sx330_bo1204203200_Coucou !

Non, non je ne vous ai pas oubliés ! Ni les fans de planners, ni les amatrices de soupe, et encore moins les fans de méditation. Mais voilà : j’ai une angine très forte, je suis très fatiguée. Et puis tu sais, mes deux filles me crèvent. Je les aime, mais elles sont usantes !!! Ca me fait penser que je voulais te conseiller depuis longtemps un bouquin que j’aimerais lire bientôt si mes filles m’en laissent le temps un jour . Un  bouquin sur les zèbres. Non, pas les zèbres du zoo, mais les enfants précoces, les drôles de zèbres.

Tu as peut-être déjà remarqué que mes filles ne sont pas raccord avec l’âge requis pour les activités. Selon les boîtes de jouets, Comète aurait 6 ans et Tempête 24 mois. Tempête a 19 mois et Comète a 3 ans et demi. Pour Comète, c’est clairement allé en s’amplifiant de mois en mois. Elle évolue par pallier et non linéairement. Il existe aussi des décalages entre ses capacités qui ne sont pas toutes au même point d’évolution, et cela la rend grave en colère.

Je ne me pose même plus la question : sont-elles précoces ? Elles le sont. En tout cas Comète l’est clairement et fortement. Ce que je me demande c’est à quel point, faut-il tester ? Et pour le moment je pense que non, car nous avons une maîtresse qui gère, avec une classe de Maternelles qui mélange les niveaux.

Evidemment tu peux te dire que je vante mes filles, que j’exagère, comme beaucoup de parents, crois-tu qui pensent que leur enfant est très intelligent. En vérité, c’est pas vraiment le problème. Si je le dis, c’est que j’en ai ma claque des jouets reçus dont elles se moquent parce que ce n’est déjà plus de leur âge. J’en ai ma claque des vêtements trop petits parce qu’on a cru que je mentais sur leur taille ( oui elle sont ET précoces ET géantes). Vous pouvez croire que je connais mes filles mieux que vous ?

Le vrai problème ? Ce sont les normes. C’est ce qu’on attend de mes filles, comme on voudrait que mes filles soient. On me dit  » A tel âge on fait ça  »  » on pense ça »  » on ressent ça ». Mes filles n’ont pas de case, n’ont pas d’étiquette. Et je n’en avais pas d’ailleurs. Aujourd’hui j’avoue avoir séché des cours en CE2. J’avoue ne pas avoir fait mes devoirs cette année-là et avoir grugé le maître qui devait vérifier notre cahier de textes que je ne remplissait jamais. M. Beau, je vous ai menti une année entière et vous n’avez rien vu ! Je me suis ennuyée, je me suis cachée. Je n’ai rien osé dire.

Et puis, on n’est pas forcément en avance en tout quand on est très douée quelque part. En 4e je suis devenue archi nulle en maths, sans doute à cause d’un souci de communication avec ma prof. La situation a empiré, alors que j’avais plus de 16 en 5e que j’adorais ça. Bizarrement, en L, je suis tombée sur un peu prof, en hop, j’ai à nouveau adoré les maths, parce que c’étaient des maths qui me parlaient. Avec la prof que je n’aimais pas j’avais 6, et sur le même contrôle de probabilités, le même sujet d’étude, j’avais 19 avec l’autre prof !

Tout ce qui ne passait pas par le plaisir de découvrir ne rentrait pas. Je fonctionnais  » à l’affectif » mais si j’en crois mes dernières lectures, c’est le mode d’apprentissage le plus performant dans la nature. C’est ce qui fait partie de l’instinct. Des lois naturelles de l’enfant et des bébés animaux aussi.

Quand on est zèbre, on avance aléatoirement, anarchiquement, par pallier, sans progression très claire.  On régresse des fois, on gère mal ses émotions, mais une chose dont je me souviens, c’est que les autres te regardent de travers et voient ta différence. Certains l’apprécient et sont tes amis. La plupart te rejette. Tu écris des cahiers entiers de poèmes, tu écris un roman à 8 ans. Il y a même des adultes pour ne remarquer que les fautes d’orthographe. Sérieusement, si un enfant de 8 ans vient vers toi avec un roman qu’il a écrit, ne sois pas con, lis-le et ne regarde pas les fautes. Des fois, je me dis que cela traduisait sans doute un dépassement de la situation, une jalousie. C’était une façon de vouloir me remettre à ma place d’enfant, moi qui n’avait ni le vocabulaire ni les loisirs des enfants. En tout cas, pas seulement.

Ma fille n’est absolument pas rejetée. Car grand bien pour elle, je crois bien que les enfants comme elle sont de plus en plus nombreux.

Tu sais quoi ? Je crois qu’il n’y a plus de norme et que peut-être simplement, il n’y en a jamais eu. Que tout simplement cette répartition en âge est complètement conne. Que les enfants devraient être libres de progresser à des rythmes différents et différemment selon les matières, activités, centres d’intérêt ou de désintérêt. Précoce, pas précoce, ils sont eux-mêmes avec leur personnalité, leurs capacités qui changeront peut-être. Ce que je mets par exemple en place pour les DYS est utile pour TOUS LES ENFANTS.  Ce qu’il faudrait mettre en place pour les zèbres, tel est mon avis serait le BON FONCTIONNEMENT POUR TOUT LE MONDE. OU PLUTOT POUR CHACUN. Tout le monde, cela n’existe pas. Il n’y a que des personnes, pas des groupes. Le concept de groupe n’a d’intérêt en ce qu’il apporte aux personnes, individuellement.

On apprend autant de ceux qui sont en difficulté, une difficulté qui peut devenir une force que de ceux qui sont en avance, une avance qui peut vite devenir un handicap. On est souvent trop intelligent pour être heureux. Ajoutons à cela une multipotentialité souvent partagée par les personnes haut potentiel, et tu comprends pourquoi ces zèbres-là ont bien du mal à savoir qui ils sont. Je suis cotre l’idée de dire qu’ils doivent trouver leur place. Ils en ont plusieurs et notre monde nous amènera à tous changer de place plusieurs fois dans notre vie. Non, ce qu’il faut trouver c’est le moyen d’exprimer tout notre potentiel, dans sa diversité, tout l’éventail des capacités qui nous mettent en joie.

Du coup, je te laisse et je te préviens : Bientôt je te parlerai de ABERKANE et d’ALVAREZ.

Lé révolution est en marche, pour le bien des enfants qui ne sont pas des légos à trier, pas des pièces à mettre dans des cases et pas de braves petits soldats formatables.

Je te bise.

NOËL

PS: ce que je veux dire quand je dis que ce sont des enfants comme les autres ce n’est pas que je veux nier leurs particularités mais que ces enfants ont le droit à une enfance.

Publié dans apprendre, bullet journal, Le quotidien, Organisation

Le bullet journal des lycéens 2/3 : comment faire

Voici quelques conseils pour adapter chaque catégorie à une vie de lycéen. 

20160922_095129

L’index : comme pour tout bullet, l’index doit reprendre absolument toutes les pages. Il est cependant possible de faire deux index et de mettre les collections dans l’autre sens du cahier, en le retournant.

20160922_094915

 

Les Clefs : l’élève peut instaurer dans ses clefs un code couleur par matière. Attention, il y a beaucoup de matières. Mais comme il sort le même matériel pour certains groupes de matières, il peut regrouper ces matières sous un même code couleur, ou la même couleur dégradé.
Exemple :

Mathématiques et sciences physiques : bleu foncé et bleu clair

Histoire géo et SES : vert foncé et vert clair

Sciences naturelles et biotechnologie : marron foncé, marron clair

Français et langues vivantes : Rouge et rose

etc.

 

Calendex : mettre en valeur les trimestres par un code couleur. Marquer les vacances et les voyages scolaires.

20160922_094934

 

Le calendex et à compléter par un futur log qui permet d’avoir plus de place pour noter. Le futur log sert également de repérage des «  marronnier » : les événements qui reviennent à date plus ou moins fixe chaque année. L’élève est alors moins pris au dépourvu.

Le calendex compte 10 mois.

Il est fort judicieux d’y placer les fin de trimestre, les conseils de classe, les devoirs surveillés et bac blanc, les examens, les voyages, les compétitions de tout sport.

20160922_095004

Le calendrier mensuel : les cases ou la succession de lignes correspondent le mieux à leur façon de voir. Le cercle n’est pas assez porteur d’informations. On ne peut pas tout caser. Pour moi, le mieux reste pour lui d’utiliser une ligne par jour et une page pour les détails, en face, comme la version originelle du bullet.

L’emploi du temps

C’est le moment d’insérer l’emploi du temps type, avec une liste des semaines paires et impaires.

La fiche hebdomadaire : le dutch door est une bonne solution, surtout avec un cahier à disques. On peut alors changer de place son dutch door au fur et à mesure. Le lycéen a beaucoup de tâches à la semaine mais des dead line à jour précis. La fiche hebdomadaire lui permet de créer des étapes dans ses travaux ( fractionner les tâches) sans perdre de vue la date de rendu des travaux.

La fiche journalière : elle lui permet de mettre ce qui était prévu et ce qui peut se rajouter au fur et à mesure de ses avancées de travaux. C’est sa to do list journalière. Il peut également penser à y mettre des infos données par l’enseignant sur les travaux en cours. On distille souvent de petites aides pour les travaux à la maison par exemple. Il suffit de coder par couleur comme expliqué précédemment pour ne pas mélanger les infos de français et les infos de maths.

20160922_095307

La fiche journalière peut comporter une échelle du temps et permettre d’instaurer un code couleur pour visualiser le temps bloqué et le temps libre dans une journée.

Enfin, le lycéen peut comme tout le monde l’utiliser pour garder une trace de ses journées, de son humeur etc.

Ils aiment généralement personnaliser, écrire des citations, faire des dessins et coller des photos ; le bullet journal se prête au journaling sans difficulté.

Les trackers :

20160922_095159

Il s’agit de suivre quelque chose en le pointant

Je les combine avec une méthode d’amélioration progressive, le kaïzen ( on en reparlera). Je conseille donc aux lycéens de les gérer à la semaine. On peut mettre par exemple :

_ apprendre 1 figure de style par jour

_ lire 20 pages de roman chaque soir

_ apprendre une déclinaison d’allemand par semaine

_ tracker sommeil : se fixer des heures de coucher et de lever

_ tracker alimentation

_ médicaments et traitements divers

_ tout tracker de révision

On peut à l’inverse faire des trackers «  jauge » pour ne pas dépasser un seuil fixé :

_ tracker portable

_ tracker badge de cantine

_ tracker compte photocopies

_ tracker jeu vidéo

_ tracker internet

_ tracker dépense loisir/nourriture/ciné etc.

etc.

Les pages de notes

Il est important d’avoir des pages de notes et de les coder avec un icône et/ou une couleur puis de reporter dans le calendex et l’index pour retrouver ces notes selon l’événement auquel elles sont rattachées.

20160922_095033

 

Publié dans apprendre, bullet journal, Le quotidien, Organisation

Le bullet journal du lycéen 1/3

20160922_094827.jpg

 

« Range ta chambre », «  Prends tes affaires », « Sois autonome », «  N’oublie pas de… » , «  Tu es assez grand pour te gérer seul », «  N’oublie pas ton rendez-vous ». ..

Quelles affaires ? Que ne doit-on pas oublier ? Et si j’ai déjà oublié ce que je ne devais pas oublié ? Et si je ne vois pas du tout ce qu’il fallait prendre pour le cours de sciences-physique aujourd’hui ? Je ne sais plus quel rendez-vous on a pris pour moi !

S’il y a un type de personne qui a besoin d’un bullet, pour qui cela peut être vital c’est bien le lycéen. 

Celui-ci doit jongler entre un tas de matières, sa vie familiale, ses horaires de bus, ses activités extrascolaires. Il a souvent, depuis la primaire, un emploi du temps de ministre. On lui demande de devenir autonome  de s’organiser, d’anticiper, mais que lui donne-t-on pour cela ? Un agenda journalier ! Il note ses devoirs à la date qu’ils doivent être rendu sans pouvoir noter quand les faire. Et on voudrait qu’il anticipe ? On lui balance dans la figure des tas d’infos à chaque cours, à lui de recouper ses infos, de faire des synthèses dans son cerveau. débrouille-toi pour te rappeler en février qu’en septembre on t’a dit que le 4 avril tu avais devoir commun. mais le 6 tu pars en Irlande. Youpi. 

Le + du bullet par rapport à un agenda lyceén.

L’agenda lycéen ne comporte que des feuilles journalières. Cela lui permet de noter ses devoirs mais :

_ il manque de place pour écrire les énoncés et conseils complets

_ il n’a aucune visibilité au moyen et long terme. Pas de planning hebdomadaire, ni mensuel, ni annuel.

_ il ne note que les dead line. Les consignes sont écrites d’un bloc sans planifier les étapes.

20160922_095615
Voici un exemple de page de bullet pour un mardi  » type » chez moi. C’est tout ce que je dois faire chaque mardi sans compter les devoirs ( vos copies) les imprévus, les ponctuels. 

Il ne note pas ce qu’il va faire chaque jour mais ce qu’il doit rendre au jour demandé. Or, quand il voit le travail à la date de sa feuille, c’est déjà trop tard : il aurait dû, les jours et semaines précédentes, FAIRE tout un tas de choses. C’est ce qu’on appelle anticiper et planifier. On demande à des enfants d’anticiper et de planifier avec un outil qui parle au jour le jour.

_ Par ailleurs le bullet permet de faire des collections, il devient un outil de révision interdisciplinaire très pratique; Les élèves jonglent avec une dizaine de matières chaque année. On leur demande également de s’appuyer sur les acquis des années précédentes. Comment faire pour en garder une trace sans stocker des tonnes de classeurs ?

20160922_095524
Exemple de collection


_ Les collections permettent également d’avoir sous la main toutes les fiches de toutes les matières. Pratique pour les devoirs . On voit des tas d’ouvrages fleurir sur le thème «  tout le programme ». Le bullet permet de faire la même chose mais de façon personnalisée, en reprenant ce qui a été vu soi-même en cours, et non en compulsant des tas d’infos qui ne font pas forcément partie du parcours choisi par l’enseignant.

_On peut garder son bullet, ou reporter les collections de bullet en bullet. A la fin de sa scolarité, l’enfant aura tout ce qu’il a appris sous la main : j’aurais adoré avoir ça ! Tout n’est en effet pas toujours bien acquis à la fin de l’année. Et dans sa vie d’adulte et d’étudiant, l’enfant sera amené à remanier ses avoirs.

_ le bullet peut intégrer des suivis d’habitude (trackers) et donc des suivis de révision régulière. IL peut également insérer des méthodes d’organisation.

20160922_095159
_ le bullet peut également intégrer des bibliographies et des fiches de lecture, des fiches de citations par thème

_ le bullet peut insérer des notes lors des réunions, des lectures, des séances d’accompagnement personnalisé qui est une matière transversale, dont les données sont utiles à consulter pour chaque matière.

_ le bullet peut garder une trace de toutes les recherches.

_ Entièrement personnalisable, le bullet peut s’adapter aux besoins de chacun

Il peut donc comprendre également les événements et données personnels, les infos extrascolaires, comme les dates des compétitions ou la liste du matériel à emmener.

_ le bullet peut également permettre un travail de développement personnel permettant de combattre le découragement et le stress

20160922_095129

Pour conclure, le bullet centralise toutes les informations dans un seul cahier. A la fois planificateur, cahier de recherche, outil de révision, collecteur, il ne remplace pas mais complète l’agenda des lycéens. Il leur offre plus de place, une vision à long terme et un formidable outil interdisciplinaire.

Dans quatre jours, je t’explique comment faire, par rapport à un bullet classique. Mais je te propose entre temps de lire l’article de Soho Hanna. et de regarder cette vidéo par Emilie 

 

 

Publié dans apprendre

la carte mentale pour analyser des textes littéraires

ficheinterrogertextelitterairecartementale1

Alors mon lapin, on révise ?
Je suis certaine que vous êtes des milliers à vous dire  » Mais il y a trop de trucs à penser, je sais pas par quoi commencer ! Comment je dois m’y prendre ???? »

Alors, que tu aies ou non pris des notes détaillées, je te propose une petite carte mentale magique qui récapitule tous les  » outils » à utiliser pour analyse un texte. Tous les trucs et machins importants à regarder dans un texte. Après il faudra organiser , faire un plan, pour répondre à la question de l’examinateur.

J’ai déterminé 5 étapes que j’ai détaillées pour essayer d’envisager tous les cas de figures possibles. Cette carte est lisible avec XMIND que je te conseille de télécharger et d’utiliser : c’est le pied !

C’est ici

https://www.dropbox.com/s/qnlo105co454bu3/Comment%20analyser%20un%20texte%20litt%C3%A9raire.xmind?dl=0

Courage !