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By Ullmann, la marque française de papeterie à connaître !

img_20171102_093626.jpgIl y a quelques semaines, j’ai contacté la marque By Ulmann en prévision d’un petit test produit pour les vacances. Ils ont été très gentils et nous ont offert trois produits :

_ un assortiment de crayons gel aquarellables

_ une colorbox grande taille pour Lana

_ une color box XS pour mon bullet journal.

 

C’est qui ?

By Ulmann est une marque E+ entrepreneurs engagés. By Ulmann est une marque de la société ULMANN, société française créée en 1873 et implantée en Bourgogne. D’abord spécialisée dans la fabrication de tableaux d’école, Ulmann crée ses premières gammes de fournitures scolaires il y a cinquante ans.

Naissance d’un nouveau concept

L’histoire de By Ulmann commence en 2008 sous l’impulsion d’Emmanuel Dubois, le PDG d’Ulmann, qui mise sur l’innovation pour bousculer les codes des fournitures scolaires et de bureau. La gamme By Ulmann entre sur le marché français en 2011. Elle est le résultat d’un travail de recherche approfondi sur le design, les matières et les process de fabrication.
Au travers de cette gamme, notre objectif est de vous proposer des produits de qualité, aux fonctionnalités uniques et novatrices.

Le design… l’idée en plus!

Une ardoise qui devient pupitre, un surligneur qui s’ouvre comme un rouge à lèvre, une boîte de peinture avec une palette détachable… bienvenue dans l’univers By Ulmann. Imaginer les produits de demain, c’est la mission commune de nos équipes R&D et marketing. Tous nos produits sont pensés et conçus pour vous faire profiter de fonctionnalités inventives qui vous en faciliteront l’usage. Car parmi toutes nos idées, seules sont sélectionnées celles qui vous apporteront un « plus » : plus de design, plus de praticité, ou simplement plus de plaisir.

Mercredi 8 Avril 2015, lors du Salon de la Différenciation et de l’Innovation organisé par la FEEF et l’enseigne Provera, la Colorbox.mx By Ulmann a reçu le prix de l’Innovation dans la catégorie non Alimentaire Cora

Une petite entreprise Bourguignonne qui cherche à renouveler les fournitures scolaires ? Mais cela ne pouvait donc que me parler.

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Publié dans Coups de coeur, Développement personnel, Le quotidien, Livres

[Vivre léger, la nouvelle collection Jouvence] : Assez trimé !

img_20170927_162628.jpgComme je te l’avais dit, j’ai contacté les éditions Jouvence à l’occasion de la création d’une nouvelle collection de livres chez eux. Jouvence, j’adore ! J’adore parce que le contenu de leurs livres est sérieux mais aussi parce que leurs collections sont hyper variées : tu en as pour toutes les bourses. Du petit ouvrage initiatique à l’essai plus conséquent en passant par des programmes de 21 jours pour changer ou encore des beaux livres à contempler autant qu’à lire… Jouvence c’est pour moi une référence incontournable du développement personnel. C’est chez eux que j’ai par exemple découvert Mary-Laure Teyssedre, la Communication Non Violente ou les Accords Toltèques qu’on ne présente plus. C’est eux également qui ont lancé l’une des premières collections de cahiers d’exercices pour compléter leurs ouvrages théoriques. Bref, Jouvence, je les aime, et je leur ai dit.

La collection

Et alors ils m’ont gâtée, tu vois ! Ils m’ont envoyé 4 ouvrages de cette magnifique nouvelle collection : Vivre léger.

Quatre titres pour bien commencer à changer, vers la légèreté, le bonheur, la joie de vivre. C’est vraiment le point commun de ces quatre titres : s’alléger. S’alléger dans le quotidien, dans son organisation ou dans la perception émotionnelle qu’on en a. Je dirais que dans les quatre ouvrages, on nous donne des méthodes pour regarder autrement. Vous savez, comme dans le Cercle des poètes disparus, quand M. Keating encourage ses élèves à prendre de la hauteur en montant sur le bureau ?

 

Ben voilà : les quatre nouveaux ouvrages de Jouvence t’apprennent à décoller , à regarder sous une nouvelle perspective le problème que tu rencontres au quotidien, que ce soit le surmenage , la gestion de ton hypersensibilité, l’angoisse ou l’estime de soi chancelante.

Dans chacun de ces quatre ouvrages tu trouveras un chapitre de base, pour faire le tour du sujet. Puis des tests, des témoignages et de jolies citations agréablement mises en place. Viennent ensuite les chapitres qui te délivrent des exercices, des astuces, des méthodes. Souvent, ce qui est à mettre en place est très simple. Mais cela change tout ! J’adore la mise en page, avec des belles images mais aussi des cartes mentales très simples pour synthétiser les démarches à suivre.

Le prix des ouvrages est correct : 11,90 euros. Ce sont des grands A5 d’une centaine de page, couleurs, vraiment agréables à parcourir.

Assez trimé !

Je suis en train de lire Assez trimé ! et j’y retrouve beaucoup d’astuces d’organisation, mais aussi une façon nouvelle de regarder les choses. La promesse: faire moins pour accomplir plus.

Par exemple, l’auteur conseille, devant une tâche qui parait compliquée, de cibler le  » point crucial ». Elle prend l’exemple de l’organisation d’une fête pour des noces d’argent. Je me suis tout à fait retrouvée dans cet exemple, car j’organise des événements comme des mariages, des baptêmes, mais plus communément chaque année des représentations théâtrales. Les gens que je côtoie vont ajouter des choses à faire pour cet événement qui pour moi ne sont finalement qu’accessoires et chargent la barque : je reste alors centrée sur mon point crucial et je n’en démords pas.

Au sujet des autres, Barbara Berckhan fait d’ailleurs le tour des voleurs de temps, des voleurs d’énergie, et des broutilles qui peuvent pourrir le quotidien. Parallèlement, elle explique aussi comment augmenter notre force personnelle. Ce qu’elle propose c’est d’agir sur nos relations, notre façon d’appréhender les choses et sur notre état d’esprit général.

J’ai trouvé son approche complète, avec des exemples concrets , des témoignages intéressants sans être trop longs. J’ai apprécié que les textes ne soient pas seulement des diagnostics mais vraiment des outils, à la manière de l’IKIGAI par exemple, pour analyser la situation et trouver réellement une solution concrète et directe. Pour moi, le mot d’ordre de ce livre c’est de « rester centré »: sur soi et ses propres objectifs.

 

La fin de l’ouvrage insiste sur le plaisir et les loisirs, qui nous permet d’être productif. Tout le long de ce livre, on explique combien la valeur d’une personne n’est pas la somme de ses labeurs. Cela correspond parfaitement à ma philosophie : je ne supporte plus que l’on estime quelqu’un seulement parce que c’est une bête de travail. Avec cet ouvrage  » vivre heureux » et  » profiter de la vie » vont devenir des qualités tout aussi louables. Non, on ne vaut pas proportionnellement à ce qu’on en bave. Assez trimé ! t’offre la possibilité d’accomplir davantage : de travail, mais surtout de t’accomplir, TOI.

Avoir du temps pour méditer, contempler, c’est aussi s’accomplir .

C’est une lecture qui ne peut que te faire du bien, te booster à commencer Flylady par exemple, dont tu retrouveras quelques fondements.

Je reviendrai vers toi évidemment pour te présenter les trois autres titres de cette magnifique collection, si élégante et si efficace, comme le veut ce premier titre !

 

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Lever de rideau sur toi, l’homme.

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Peut-être te demandes-tu pourquoi je fais souvent des photos avec mon visage derrière la couverture du livre ? Parce que c’est un hommage à mon ami Tinan. Voilà, c’est tout.

 

 

Depuis les premières lois anti-Juifs du régime de Vichy, le dramaturge à succès Victor Steiner se terre dans un petit appartement parisien. Mais un soir, la passion du théâtre est la plus forte : il sort de sa cachette pour assister à la première du Soulier de satin à la Comédie française, et au retour il est arrêté par la police. Quelques jours plus tard, il embarque dans un train à bestiaux. On lui a pourtant dit qu’il aurait droit à un traitement de faveur… Et, de fait, en pleine nuit, on le fait changer de convoi. Dans ce nouveau wagon, plus un seul Français ; seulement des Juifs allemands. Le traitement de faveur, c’est que Steiner sera déporté dans le camp de Terezin, celui où sont parqués les Juifs « prominenten » – « importants » : artistes, intellectuels, hommes politiques, savants… A première vue, Terezin a tout d’une gentille ville tchécoslovaque : d’élégantes fortifications, des trottoirs bien propres, des parcs et même une église. Mais ses murs cachent la même violence que les barbelés de n’importe quel autre camp. Et, chaque semaine, des listes désignent ceux qui partiront à Auschwitz pour être gazés. A son arrivée, Victor Steiner a la surprise de rencontrer l’un de ses plus grands fans : l’Hauptsturmfürher Waltz, qui est également un passionné de littérature et de culture française, notamment du siècle du Roi Soleil. Et bientôt, Waltz lui passe commande… Les nazis ont autorisé la Croix-Rouge internationale à venir inspecter l’un de leurs camps de prisonniers – le plus « soft » d’entre eux : Terezin, bien entendu. A cette occasion, Waltz veut qu’un grand spectacle soit donné, dans un théâtre de Prague. Ainsi, les inspecteurs verront que le Reich n’a rien à cacher… Et qui mieux que Victor Steiner pourrait créer une formidable pièce de théâtre ? Une oeuvre inédite, dont l’action se déroulerait au XVIIe siècle, à la cour de Louis XIV, avec – pourquoi pas ? – le grand Molière lui-même… Steiner, bien sûr, n’a aucune envie d’accepter. Or, Waltz n’est pas le seul à s’intéresser à cette pièce. Bientôt, c’est le réseau de Résistance qui sévit à l’intérieur de Terezin qui contacte le dramaturge : il faut qu’il écrive cette pièce, une pièce avec le plus d’acteurs possibles, une pièce se terminant par un monologue d’un quart d’heure minimum… car le projet des Résistants est qu’à la fin du spectacle, tous les comédiens s’évadent…

Voici le résumé de ce roman que j’ai littéralement dévoré. Je n’aurais pas pu t’en faire un aussi clair, je peux te dire que cela parle d’amitié, d’écriture, de ce que l’on veut au fond de soi, de quête d’identité, de ce que la guerre, des circonstances hostiles, révèlent de nous-mêmes, de ce qui fait qu’un jour on peut toi, moi, n’importe qui, devenir un héros. De ce que l’on croit sur soi qui n’est pas vrai. De ce que les autres disent de nous et nous limitent.

Cela parle aussi de théâtre, de l’art, du fait que quand tu as une passion, même en période de guerre, cette passion pourra être plus importante que ta propre vie, ce qui peut paraître absurde, mais ce qui fera aussi que tu survivra , que tu arriveras à combattre la guerre, les nazis, les pervers narcissiques .

Dans ce roman, la passion du personnage est un prétexte à tenter une évasion, mais elle est aussi, au quotidien, l’évasion elle-même. Cela m’a rappelé beaucoup de choses de ma propre vie.
Tous les personnages de ce roman sont extrêmement attachants. Steiner évidemment, les amis qu’il se fera dans ce camp, et même le grand Sébastian, ce comédien célèbre et imbu de lui-même.

Avec ce roman, on découvre les camps de l’intérieur, mais l’homme aussi, de l’intérieur.
On découvre comment on peut résister à tout, résister même emprisonné, même en faisant le  » chien »  ( tu comprendras cette expression en lisant le roman).

Et puis, il est question de créativité et d’inspiration, comment ça vient. J’ai adoré aussi le personnage du mathématicien qui explique qu’il pense mieux en offrant des divertissements à son cerveau, en se détournant de sa tâche. Cela fait penser à toutes les lectures que j’ai faites, cela reprend les théorie du livre Comme par magie ou des découvertes cognitives publiées en 2016 ( Idriss Aberkane par exemple).

En fait, c’est un roman historique, palpitant, culturel, théâtral, éducatif, et terriblement, essentiellement HUMAIN.

C’est de très loin un des plus beaux romans que j’ai lu, sans compter que le style est absolument parfait. Je n’ai pas sauté une ligne. J’aime le rythme les mots, les sons, la façon dont l’auteur décrit, raconte. C’est parfait.

A la fin du roman, tu trouveras la pièce de théâtre écrite par Steiner, savante mise en abyme de la résistance par l’art. Du Aragon tout craché. Ah non, pardon, du grand Christophe Lambert.

Publié dans Coups de coeur, Le quotidien

Reveillez le chaman qui est en vous : attention, livre de chevet

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Ce livre-là m’a fait renouer avec tout ce qui me constitue. Je l’ai adoré, c’est peu dire. Je l’ai carrément ingurgité et je l’ai gardé en moi.

Arnaud Riou te propose de découvrir le chamanisme. Tu apprendras les origines du chamanisme, ses sources ( nombreuses) les différentes pratiques et découvriras qu’en variété il existe un chamanisme par région du monde. Le chamanisme, c’est à la fois une religion, un art de vivre, une façon de voir la nature et de lui parler . Le chamanisme c’est l’Ecologie avec un grand A, la médecine naturelle, c’est l’écoute de soi. En fait, à travers tout cela, tu vas découvrir qui tu es vraiment.

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Comme par Magie : un livre sur la créativité

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Je suis tombée sur ce livre suite à des conversations entre copines. Tu vas voir défiler sur le blog quelques conseils de lecture avec le mot « magie » et tu vas être bien étonné que le contenu ne soit vraiment pas le même. Un mot, différents thèmes !

Celui-là, il parle de la magie de la créativité. L’auteure, qui a écrit un roman à succès, explique comme apprivoiser sa créativité, oser être créatif et ne pas avoir peur de l’être. Elle explique à juste titre tout ce qui peut nous empêcher de passer à l’acte, en particulier nos peurs et la grande peur des autres de ce qu’ils disent. Mais tu sais, quand les autres bavassent sur toi c’est souvent par jalousie et par peur. Peur que tu sois mieux qu’eux, jalousie que tu aies osé faire ce qu’ils n’oseront jamais faire. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas la créativité pour, je dis juste qu’il leur manque le courage.

Inutile de te dire que j’ai beaucoup aimé ce livre, qui ne m’a certes rien appris vraiment, mais qui m’a conforté, comme si je parlais avec une meilleure amie, dans tout ce que je pensais de la créativité et des autres, de leurs réactions.  La peur de la créativité, c’est comme le racisme, ça a la même source : on est anti-noir, anti-créatif, anti-jesaispasquoi, parce qu’on a peur de la différence. Pourquoi la différence fait peur ? parce que, je te l’ai déjà expliqué, la différence c’est la possibilité pour l’autre d’être meilleur que toi. Donc arrête de te mettre des bâtons dans les roues par peur de déplaire.
J’ai adoré dans ce livre qu’elle explique qu’il ne fallait ni chercher à plaire, ou à être original, ou à sauver le monde, ou à créer une œuvre qui aiderait les autres, serait utile, serait innovante ou je ne sais quoi d’autre. Le meilleur moyen d’échouer est justement de chercher à faire quelque chose pour se démarquer. Elle dit juste  » Faites parce que ça vous plaît, et vous serez authentique ». Un jour, un élève m’a demandé pourquoi je n’étais pas célèbre en écrivant plein de poèmes. Ben parce que j’en ai rien à foutre. Ce livre commence très justement avec l’exemple d’un poète qui a fui la célébrité. Je pense que c’est un des points communs de beaucoup de très bons poètes : vous ne les connaissez pas, ils vivent leur petite vie tranquilou sans se soucier de ce pensent les gens. Ils écrivent pour eux. Je sais cela paraît carrément égoïste et égocentrique; mais en fait, la créativité c’est se faire du bien à soi. SI en plus ça peut en faire aux autres c’est merveilleux, mais on n’est pas obligé de vouloir tout publier, tout rendre public.

Je me rappelle d’un groupe d’écrivaillons sur lequel j’étais il y a longtemps. le débat faisait rage sur qui pouvait se prétendre auteur, qui pouvait se nommer écrivain. Il paraît que la règle c’est qu’on est auteur quand on a publié un livre et écrivain quand on en a publié u moins six. Qu’est-ce que c’est con. Un écrivain écrit. Point. Dans ce livre, elle conseille justement de se dire des affirmations, et de s’affirmer être ce qu’on veut être. Elle dit même  » l’important n’est pas comme on vous nomme mais à quel nom vous répondez ». Quand j’étais élève, un jour, une camarade m’a dit  » parce que toi tu te dis artiste ? » avec grand mépris. Pour elle, un artiste, c’était un mec exposé dans un musée. J’écrivais, je dessinais, je dansais et je faisais du théâtre : je ne voyais pas à quel autre nom que celui d’artiste j’aurais pu prétendre et répondre justement. Cela amène la question de la prétention : en quoi Est-ce prétentieux de se dire artiste ? Accuse-t-on le boucher d’être prétentieux en se nommant boucher ? Il n’y a pas, comme dans d’autres pays, d’études d’écriture créative. Elizabeth Gilbert évoque encore ce point dans son livre. Le mieux, c’est encore d’écrire et de se réunir pour lire ses créations. Je n’ai jamais autant écrit que lorsque je m’occupais de l’atelier d’écriture du lycée.

La France a une drôle de façon de voir les artistes : forcément des stars et forcément cantonné à un seul domaine. Quand on aura compris que l’art est un don universel on sera sauvé.

Mais pourquoi donc ce livre s’appelle t-il  » comme par magie » ? Parce que l’auteur a une façon singulière mais finalement très universelle de percevoir l’inspiration. Singulière, parce qu’elle met à mal toute théorie égotique de l’inspiration et des idées. Universel parce que je l’ai déjà lue, cette théorie, dans un ouvrage sur le chamanisme d’Arnaud Riou dont je te parlerai un jour. Pour Elizabeth Gilbert les idées sont des entités qui peuplent l’Univers comme des animaux. Des sortes d’âmes, qui vont et viennent et qui un jour te frappe l’esprit. Si tu t’en sers c’est très bien, tu travailles AVEC cette idée. Sinn elle va voir ailleurs. Elle donne des exemples étranges d’idées qu’elle n’a pu suivre et qui sont allées frapper à d’autres portes. J’ai trouvé ça extraordinaire; D’un côté ça te remet à une place humble et d’un autre ça te déculpabilise. Par conséquent, elle dit également que le propre du débutant est d’hésiter de peut que son idée ait déjà été traité. J’adore ce qu’elle en dit : tout a été traité, nous nous entreglosons tous ( Montaigne) et Shakespeare par exemple a déjà tout écrit; mais pas à ta façon, pas comme toi tu le ressens. je me suis alors rendue compte que je n’avais jamais été non plus fasciné par l’originalité. En revanche durant toutes mes études et encore aujourd’hui je suis fascinée par l’intertextualité; je me rappelle d’un cas étrange d’intertextualité entre Nabokov et Valéry Larbaud encore aujourd’hui non élucidé : Larbaud a écrit une scène que l’on retrouve dans Lolita. Nabokov n’a pas pu lire Larbaud. Mais Lolita a été publié APRES la nouvelle de Larbaud. Etrange… Je cherche encore quelle source commune a pu inspiré ces deux auteurs.

Ce livre m’a passionnée, je l’ai lu en quelques jours. Evidemment j’ai passé certains passages en diagonal, c’est parfois un peu répétitif. mais je trouve que cela désacralise et donne envie de PRATIQUER. de passer à l’acte en toute simplicité. J’espère qu’un jour elle sortira un cahier d’exercices par exemple. En attendant, je te parlerai cet été du carnet que j’ai acheté et que j’aime bien.

Pour l’acheter :

https://www.amazon.fr/Comme-par-magie-Elizabeth-Gilbert/dp/2253087505/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1497450380&sr=8-1&keywords=comme+par+magieaime

 

 

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Comment Papa est devenu danseuse étoile de Gavin’s Clémente-Ruiz

papadanseuseJ’ai voulu m’acheter un petit roman d’été car figure-toi que je me suis ENFIN remise à lire des romans. J’ai recommencé avec Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. Franchement, c’est un super roman, qui en plus te donne plein d’astuces de développement personnel avec une boîte à outils à la fin du livre. Un vrai bol d’air, plein d’optimisme. J’étais donc venue chercher un Virginie Grimaldi quand tout à coup, une couverture rose me happa les yeux et le coeur par la même occasion : Comment papa est devenu danseuse étoile. Non mais attends, avec un titre pareil, il y a de quoi être interloqué, non ?

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Je vais bien, ne t’en fais pas.

Les jours passent à la vitesse de la lumière. Le soleil est arrivé, je passe le plus clair de mon temps dehors avec les filles. Nous jouons, nous nous promenons, nous jardinons. Nous nous reconnectons à la nature, notre propre nature, comme trois vrais chamans. Il y a tant à réapprendre, à redécouvrir, de tout ce que les esprits cartésiens ont balancé. Les remèdes naturelles, l’écoute de la nature. Le fait que nous en faisons partie.  Et là, d’un coup, tu comprends combien l’homme est parfois inférieur aux animaux.

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Mais tu vois, je m’interroge : pourquoi dénigrer quelque chose que nous sommes les seuls, Occidentaux, à avoir dénigrer, alors que la science y apporte souvent une preuve irrévocable sans pourtant expliquer pourquoi les hommes des origines ou les enfants ont ces intuitions ?

Je m’interroge : pourquoi est-on assez con pour se foutre de la gueule de ceux qui ont raison et continuer dans notre connerie à avaler des antidépresseurs ? Si sur toute la planète des personnes pensent que tel truc est un remède et obtiennent des résultats, alors que ces personnes ne se sont jamais rencontrées, ne penses-tu pas qu’ils aient tout simplement raison contre le seul abruti qui continue à dire que ce sont des foutaises ?

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Tiens, en parlant de dépression, je m’interroge aussi : pourquoi rire, se moquer, dénigrer et insulter les personnes qui sont en quête de joie, de paix, d’amour universel ? Pourquoi traiter de débiles ou de barrés des gens qui ont dépassé tous les clivages des religions pour atteindre un état d’universel connaissance et de bonheur, avec des vraies valeurs humaines qui ne sont plus étouffés par les dogmes ?

Le défi magie auquel je m’adonne avec joie tourne principalement autour de l’intention, la gratitude, le respect, l’écoute des autres, de la Nature, de soi. De l’idée que nous sommes un élément parmi un tout ( la loi de la fractale) qu’il n’y a pas de vérité, et la loi de l’attraction. De l’idée aussi que l’on est ce que l’on dit, ce que l’on pense. Et de la capacité à s’émerveiller, se réjouir, penser la vie positivement. Tu vois, franchement, la magie, ça n’a pas grand chose avoir avec des sorcières et des diablotins.

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Heureusement, je constate chaque jour que les esprits s’ouvrent : c’est telle personne qui porte une bracelet en pierres offert par sa grand-mère, telle autre qui porte un quartz rose autour du cou, tel rayon de grande surface d’un bled de chasse aux sorcières qui se remplit de livres sur le développement personnel et la conscience éclairée. Beaucoup se cachent, toutefois. Pour vivre heureux vivons caché. C’est vrai que c’est quand même super honteux de chercher à être heureux et de chercher une paix intérieure et extérieure dans l’éveil de sa conscience, la méditation ou tout autre moyen de se libérer de l’obscurantisme. Trop honteux de croire qu’une plante peut mieux te soigner que sa molécule de synthèse. C’est vrai, trop la honte ouaich  quoi. Pendant ce temps, en Allemagne, en Suisse, en Finlande… on ouvre l’école à la méditation, on rembourse la naturopathie. Mais non, nous en France, on reste fidèle à notre connerie.

Quant à cette incapacité à comprendre que la Nature est source de tout… J’essaie de ne pas juger, je m’interroge uniquement. Ce n’est pas facile, tu sais, de ne pas juger. J’accueille de nouvelles connaissances, je renoue avec d’anciennes, je trouve la paix, la congruence. Tu sais, la congruence c’est quand tu es en accord total avec toi-même. Et quand tu atteins la congruence, ne pas être en accord avec les autres t’importe peu.  Un jour viendra. Peut-être.

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En tout cas moi, je vais bien, ne t’en fais pas. J’ai du soleil en moi. Je suis au 78e jour du défi. Un nombre important pour moi. C’est ma date de naissance. 7/8. J’apprends beaucoup de choses sur la nature, ses remèdes. Je vis chaque jour la magie du quotidien dans le pouvoir de l’intention et de la gratitude, des valeurs qui dépassent le clivage de toute religion et de toute école philosophique, de toute méthode psy aussi. Des valeurs et des enseignements qui vont de soi, qui sont évidents, que nous avons oubliés, parce qu’à un moment donné, quelqu’un a érigé de Devoir et la Souffrance à leurs places. Apparemment se complaire dans une vision d’une vie de merde doit plaire.

Le bonheur en fait, c’est une question de point de vue. C’est ce que m’aura appris ce défi. Si tu te lèves le matin en pensant à ton intention, et que cette intention est positive, ta journée le sera. Malgré la fatigue, les ennuis, le stress, ou les autres qui viennent te pomper littéralement l’air. Et à la fin, tu auras la gratitude pour faire un bilan enjoué de ce que tu auras vécu. Sinon, tu peux continuer à vivre la tête dans un nuage de merdes. On ne fait pas le défi au pays des Bisounours et on n’est pas devenu aveugles. On affronte. Mais autrement.

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Cette photo a été prise un jour de pluie. Mais il y a eu une éclaircie. Je n’ai pas pris de photo de la pluie.

Personnellement j’ai fait mon choix. j’ai renoué avec cet aspect de ma personnalité d’enfant, je me rends compte chaque jour combien les adultes autour de moi m’ont coupée de cette façon de toujours voir le bon côté des choses en se lamentant, se plaignant et en ne voyant que ce qui n’allait pas.

Cela ne veut pas non plus dire que tu acceptes tout. Non, tu apprends aussi à changer ce qui doit ou peut l’être et à accepter ce qui ne le peut pas. Mais tu as le droit de dire NON, être plus en accord avec toi et vouloir la paix ne veut pas dire devenir le larbin collectif. Il y a aussi une question de dignité et de rester intègre. Et l’intégrité passe d’abord par le respect de soi. Ne pas se trahir en acceptant n’importe quoi. C’est en général sur ce point que ton entourage essaie de te manipuler  » Je croyais que tu… » et vas-y que j’essaie de me servir de ton nouvel état d’esprit pour faire de toi un esclave. Ou  » Tu vois que ça marche pas ton truc puisque tu n’acceptes pas.. » ah non mais attends, tu as déjà vu un chaman se prosterner devant un Donad Trump en puissance ? Non ? Donc moi non plus je ne me prosternerai pas devant un dictateur. Bien au contraire. On cherche la congruence, être en accord avec soi, pas se nier et devenir ta merde . Les gens confondent souvent Bonté et Servilité. Rien à voir. On cherche souvent à tirer profit de l’autre alors évidemment si tu dis que tu cherches à voir la vie du bon côté et être heureux on va forcément vouloir t’utiliser comme une marionnette, te faire faire le larbin,  puisque t’es censé ne pas chercher le conflit et vouloir la paix dans le monde.

Je vois, je me focalise, je zoome, je coupe des cadres… je vois uniquement désormais toutes ces personnes qui oeuvrent pour la paix et l’amour et l’évolution de l’homme vers un nouvel état, et j’espère de tout mon cœur que de beau peuple de l’Ame gagnera, malgré les moqueries, la méchanceté.

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Ce qui m’étonne, aussi c’est que ces détracteurs n’ont toujours pas fait le rapprochement entre leurs attitudes haineuses et celles des terroristes. Empêcher les autres d’être heureux, imposer sa pensée violemment par la moquerie et les dénigrements, voire le harcèlement. Parce que , finalement, si tu penses qu’on a  tort, qu’est-ce que ça peut te foutre ???? Je ne parle pas de tolérance je parle carrément de laisser chacun vivre en démocratie. La tolérance, c’est quand tu tolères, tu « supportes » un truc à la limite de la loi. Mais vouloir vivre selon ses propres convictions et croyances sans entraver la vie des autres, cela n’a pas à être toléré. C’est un choix de vie qui n’a rien de dangereux pour les autres, bien au contraire. Je pense que je ne m’avance pas trop en disant que c’est même écrit dans les droits de l’Homme.

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

On en est là, et on voudrait dire à nos enfants de ne pas harceler leurs camarades différents, alors qu’en fait on est déjà en train de parler de  » différence » et on se fout de la gueule de ceux qui pensent librement. Sois un modèle pour ton enfant, ça ira déjà mieux dans sa tête à lui.

La paix n’est pas du côté de la haine et de l’esprit obtus. Obtus, obus… La paix, elle est du côté de l’Ame et de la Nature. De l’éveil et de l’ouverture.  Mais forcément, c’est toujours plus facile de se foutre de la gueule des autres que de se remettre 5 minutes en question.

Bref, voilà. On vit dans un monde qui prône la démocratie, la liberté de penser, qui lutte soi-disant contre le harcèlement, mais tente donc d’utiliser tes droits  ( sans les imposer aux autres évidemment) et tu verras.

Le bonheur est pourtant à portée de cerveau et de cœur… J’y retourne.

Et je te souhaite si tu es concernée de belles vacances. Sinon un beau printemps.
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( oui, je sais  » de foutre de la  gueule » est écrit au moins 5 fois dans cet article, mais c’est apparemment la seule chose que savent faire certains).

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Printemps des poètes

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit de poèmes. Tu vois, mon souci, c’est que j’écris soit sur ce qui me rend triste soit sur ce qui me met en colère. Faut évacuer ! Je vais tenter dorénavant d’écrire sur ce qui est beau, sur la gratitude et sur l’émerveillement. Ce n’est  pas ce qui est le plus facile !

Bref, tous les ans je participe au printemps des poètes en écrivant un poème avec les 10 mots imposés. 

Cette année, ça donne ça:

L’Adulée

Quand je suis arrivée ici

J’ai rencontré tous tes amis

J’avais entendu tout de toi

Je savais que régnait ta loi

Puis je t’ai croisé un midi

Me regardant, tu m’as souri

Venant me parler à l’oreille

Tu racontais monts et merveilles

Tes amis buvaient tes histoires

Tu tendais alors un miroir

Tu absorbais tous leurs secrets

Ou mieux encore : tu inventais

Tu délivrais tes vérités

Aux Favoris, hypnotisés

Tes canulars sont écoutés

Peu t’importe qui est blessé

Moi, je n’ai jamais hébergé

Tes avatars de vérité

L’émoticône est mon visage

Tu t’es mis à hurler de rage

C’est alors qu’avec toi j’ai beaucoup voyagé

Algérie, Turquie, ou Tzigane va-nu-pieds

Tantôt Pirate, ou nomade ou sorcière

Je m’ exilais sur mon nuage de fer

J’ai décidé de ne pas te contredire

Je t’ai laissée te confondre à mentir

Raciste, en faux tu prônais le contraire

le Mal coulait de ton cœur aux artères

Et tes yeux fureteurs ont jugé mon physique

Alors tes attaques sont devenues iniques

Mes cheveux et mes yeux, mes seins ou ma santé

Tu as craché sur mes pieds : eux savent danser.

Je te télé-snobais, tu étais un aimant

la cire de la fierté bouchait mes tympans

Et tu sabordais mon ouvrage

Ton bateau montait les étages

Tu t’en es pris à mes enfants

A mes amis, à mes parents

Sans savoir qui je fréquentais

Ta vague que rien ne brisait

S’enflait dans le vent des sourires

Voguait ta barque sous les rires

Te gaussant du scandale, en tendant le poignard

Si javais pu me tuer, pour saluer mon départ

Tu aurais encore pu inventer un mensonge

Puisque chacun vivait enfermé dans tes songes

Et lorsque tes victimes essaient de rétablir

La vérité, tu cherches encore à les détruire

Car entre Peste et Choléra

Tu es ce qui nourrit les Rats

Tu perverties le miel en fiel

Souillant le bonheur de la veille

Leur groin qui fouille l’excrément

Jamais ne connaît l’écœurement

Ton nom varie avec le temps

Ton visage aussi est changeant

Tu es l’odieux virus qui condamne la bouche

A l’égout du dégoût ou tu as fait ta couche

Rumeurs, ragots, toi tu supputes

Pour moi, tu n’es jamais qu’une p***

Reine Médisance

sans-titre

Publié dans Coups de coeur, Le quotidien

La bohémienne

Ekphrasis méditative…

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Cette petite bohémienne a accompagné mon enfance. On la voyait dans les salles d’attente des médecins, enfermée dans son cadre bon marché, laissée en souffrance entre deux chaises inconfortables. Chez mon dentiste, j’eus tout le temps, lors de mes nombreuses visites, d’admirer sa jupe rayée rouge et blanc. J’achetai, heureux hasard, la même jupe quinze ans plus tard, par nostalgie, par tendresse, comme pour marquer ma reconnaissance à cette petite jeune fille qui me tint compagnie tant de fois dans l’ennui des heures à patienter sous le bruit de la roulette crissante du spécialiste des caries. La jeune bohémienne m’offrait l’échappatoire de la rêverie.

On la voyait également sur les étalages et les têtes de gondoles, à Noël, entre les nénuphars de Monet et les boulevards parisiens de Pissaro. On la regardait sans la voie, figée dans sa pause artistique, condamnée à être commune, invisible, œuvre d’art privée de cadre artistique, galvaudée, morne reproduction aux couleurs délavées, affichées dans des lieux inappropriés, chez les bourgeois, dans les supermarchés.

Lise, petite fille égarée dans un corps déjà sensuel de femme. Lise, offerte aux esprits, pour le fantasme, ouvrant la fenêtre de l’imaginaire sur l’étranger, l’étrange, l’orientalisme, la magie des diseuses de bonne aventure.

Lise, une touche d’épice sur la fadeur du quotidien.

Elle est assise, le genou ouvert. S’apprête-t-elle à se lever ? Elle semble incertaine tant ses mains, posées entre ses cuisses, semblent au contraire abandonnées, sans volonté, lourdes de tout le ressentiment de Lise. La main gauche menotte le poignet droit. La main droite tient une fleur qui ne semble pas forcer l’admiration de Lise.

Tout en Lise, pourtant, crie la liberté. Liberté des mœurs dans ce chemisier ouvert, offrant à la vue une épaule débrayée. Invitation à l’éveil des sens en ce jour chaud de printemps inondé de verdure. Liberté du peuple errant. Liberté des cheveux libres, ondulés, que rien ne retient, pas même ce petit ruban de satin rouge. Cheveux qui s’éparpillent sur le coup, les épaules, les bras, la nuque, le dos, la gorge : cascade indolente de boucles, chevelure hypnotique de sirène, sirène de la Bohème, vague cousine d’une Loreleï égarée dans un parc parisien. La boucle d’oreille souligne le lobe clair. Les cheveux cachent et dévoilent, encore, la poitrine à demi offerte aux regards. La bouche rouge, garance épanouie, semble sourire sans sourire, sourire dans la gravité à un souvenir évaporé sous le soleil cruel de la réalité.

Lise, ta jupe de bohémienne est une gageure. Lise, tu erres en vérité uniquement dans tes pensées, enfermée dans ton rêve. Lise, ton teint blanc, ta chair généreuse, dément pour toi. As-tu pleuré ? T’as-t-on forcé à posé pour le grand peintre ?

Ton âme est triste, Lise. Où est cet amoureux qui assombrit ton regard si profond, si grand, si doux ? Tu songes, tu ressasses, tu enlaces un espoir, un amour, tu rejettes hors du temps tous les obstacles tout en sachant combien tout cela est vain. Tes yeux sont résignés au chagrin, ta bouche espère encore. Dans l’arbre derrière toi, il y a comme des clartés qui me font espérer pour toi une échappée. Je sais pourtant que tu ne pourras jamais t’éloigner du cadre. Tu resteras encerclée entre le paysage de mer et la jeune fille trop blonde et trop sage que Renoir a condamné à l’obéissance. Une enfant ou une femme, ce n’est une image figée, Lise.

Egare-toi, Lise. Prends la fuite.

Publié dans Apprendre, Coups de coeur, Coups de gueule, Le quotidien

Mes zèbres sont des enfants comme les autres

41qigyeu-al__sx330_bo1204203200_Coucou !

Non, non je ne vous ai pas oubliés ! Ni les fans de planners, ni les amatrices de soupe, et encore moins les fans de méditation. Mais voilà : j’ai une angine très forte, je suis très fatiguée. Et puis tu sais, mes deux filles me crèvent. Je les aime, mais elles sont usantes !!! Ca me fait penser que je voulais te conseiller depuis longtemps un bouquin que j’aimerais lire bientôt si mes filles m’en laissent le temps un jour . Un  bouquin sur les zèbres. Non, pas les zèbres du zoo, mais les enfants précoces, les drôles de zèbres.

Tu as peut-être déjà remarqué que mes filles ne sont pas raccord avec l’âge requis pour les activités. Selon les boîtes de jouets, Comète aurait 6 ans et Tempête 24 mois. Tempête a 19 mois et Comète a 3 ans et demi. Pour Comète, c’est clairement allé en s’amplifiant de mois en mois. Elle évolue par pallier et non linéairement. Il existe aussi des décalages entre ses capacités qui ne sont pas toutes au même point d’évolution, et cela la rend grave en colère.

Je ne me pose même plus la question : sont-elles précoces ? Elles le sont. En tout cas Comète l’est clairement et fortement. Ce que je me demande c’est à quel point, faut-il tester ? Et pour le moment je pense que non, car nous avons une maîtresse qui gère, avec une classe de Maternelles qui mélange les niveaux.

Evidemment tu peux te dire que je vante mes filles, que j’exagère, comme beaucoup de parents, crois-tu qui pensent que leur enfant est très intelligent. En vérité, c’est pas vraiment le problème. Si je le dis, c’est que j’en ai ma claque des jouets reçus dont elles se moquent parce que ce n’est déjà plus de leur âge. J’en ai ma claque des vêtements trop petits parce qu’on a cru que je mentais sur leur taille ( oui elle sont ET précoces ET géantes). Vous pouvez croire que je connais mes filles mieux que vous ?

Le vrai problème ? Ce sont les normes. C’est ce qu’on attend de mes filles, comme on voudrait que mes filles soient. On me dit  » A tel âge on fait ça  »  » on pense ça »  » on ressent ça ». Mes filles n’ont pas de case, n’ont pas d’étiquette. Et je n’en avais pas d’ailleurs. Aujourd’hui j’avoue avoir séché des cours en CE2. J’avoue ne pas avoir fait mes devoirs cette année-là et avoir grugé le maître qui devait vérifier notre cahier de textes que je ne remplissait jamais. M. Beau, je vous ai menti une année entière et vous n’avez rien vu ! Je me suis ennuyée, je me suis cachée. Je n’ai rien osé dire.

Et puis, on n’est pas forcément en avance en tout quand on est très douée quelque part. En 4e je suis devenue archi nulle en maths, sans doute à cause d’un souci de communication avec ma prof. La situation a empiré, alors que j’avais plus de 16 en 5e que j’adorais ça. Bizarrement, en L, je suis tombée sur un peu prof, en hop, j’ai à nouveau adoré les maths, parce que c’étaient des maths qui me parlaient. Avec la prof que je n’aimais pas j’avais 6, et sur le même contrôle de probabilités, le même sujet d’étude, j’avais 19 avec l’autre prof !

Tout ce qui ne passait pas par le plaisir de découvrir ne rentrait pas. Je fonctionnais  » à l’affectif » mais si j’en crois mes dernières lectures, c’est le mode d’apprentissage le plus performant dans la nature. C’est ce qui fait partie de l’instinct. Des lois naturelles de l’enfant et des bébés animaux aussi.

Quand on est zèbre, on avance aléatoirement, anarchiquement, par pallier, sans progression très claire.  On régresse des fois, on gère mal ses émotions, mais une chose dont je me souviens, c’est que les autres te regardent de travers et voient ta différence. Certains l’apprécient et sont tes amis. La plupart te rejette. Tu écris des cahiers entiers de poèmes, tu écris un roman à 8 ans. Il y a même des adultes pour ne remarquer que les fautes d’orthographe. Sérieusement, si un enfant de 8 ans vient vers toi avec un roman qu’il a écrit, ne sois pas con, lis-le et ne regarde pas les fautes. Des fois, je me dis que cela traduisait sans doute un dépassement de la situation, une jalousie. C’était une façon de vouloir me remettre à ma place d’enfant, moi qui n’avait ni le vocabulaire ni les loisirs des enfants. En tout cas, pas seulement.

Ma fille n’est absolument pas rejetée. Car grand bien pour elle, je crois bien que les enfants comme elle sont de plus en plus nombreux.

Tu sais quoi ? Je crois qu’il n’y a plus de norme et que peut-être simplement, il n’y en a jamais eu. Que tout simplement cette répartition en âge est complètement conne. Que les enfants devraient être libres de progresser à des rythmes différents et différemment selon les matières, activités, centres d’intérêt ou de désintérêt. Précoce, pas précoce, ils sont eux-mêmes avec leur personnalité, leurs capacités qui changeront peut-être. Ce que je mets par exemple en place pour les DYS est utile pour TOUS LES ENFANTS.  Ce qu’il faudrait mettre en place pour les zèbres, tel est mon avis serait le BON FONCTIONNEMENT POUR TOUT LE MONDE. OU PLUTOT POUR CHACUN. Tout le monde, cela n’existe pas. Il n’y a que des personnes, pas des groupes. Le concept de groupe n’a d’intérêt en ce qu’il apporte aux personnes, individuellement.

On apprend autant de ceux qui sont en difficulté, une difficulté qui peut devenir une force que de ceux qui sont en avance, une avance qui peut vite devenir un handicap. On est souvent trop intelligent pour être heureux. Ajoutons à cela une multipotentialité souvent partagée par les personnes haut potentiel, et tu comprends pourquoi ces zèbres-là ont bien du mal à savoir qui ils sont. Je suis cotre l’idée de dire qu’ils doivent trouver leur place. Ils en ont plusieurs et notre monde nous amènera à tous changer de place plusieurs fois dans notre vie. Non, ce qu’il faut trouver c’est le moyen d’exprimer tout notre potentiel, dans sa diversité, tout l’éventail des capacités qui nous mettent en joie.

Du coup, je te laisse et je te préviens : Bientôt je te parlerai de ABERKANE et d’ALVAREZ.

Lé révolution est en marche, pour le bien des enfants qui ne sont pas des légos à trier, pas des pièces à mettre dans des cases et pas de braves petits soldats formatables.

Je te bise.

NOËL

PS: ce que je veux dire quand je dis que ce sont des enfants comme les autres ce n’est pas que je veux nier leurs particularités mais que ces enfants ont le droit à une enfance.