Publié dans Coups de gueule, défi des cent jours

Des livres mal lus au grand n’importe quoi

Malala-Quote-10_10-TwitterAlors tu vois, moi je suis du genre à aller lire par moi-même  pour essayer de comprendre.

Quand en 2002 Le Pen est passé au second tour, j’ai lu son site internet. D’ailleurs à l’époque ma mère me disait  » C’est dangereux tu vas te faire embrigader » ben oui je suis conne figure-toi.
Un jour, une amie m’a révélé être témoin de Jéhovah. J’ai tenté de comprendre encore.  J’ai lu.
Dans les deux cas je n’ai pas cherché à comprendre leurs points de vues. Non. J’ai cherché à comprendre comment on pouvait séduire les gens, comment on pouvait faire passer des idées pourries , farfelues, dangereuses, auprès de personnes avec un cerveau en marche.
Pour le Pen, je vais te dire c’est facile : il prend ( elle prend dorénavant) une idée vraiment populaire, une idée rejetée connement par les autres partis. Par exemple, la fin du collège pour tous. Idée complètement rejetée par Najat alors qu’il est EVIDENT que si on veut se sortir de cette école de l’échec et de la foutaise, si on veut arrêter de former ( déformer ? ) des pleutres et des feignasses il FAUT plusieurs collèges car nous avons plusieurs publics. Donc elle prend cette idée et tout le monde vote pour elle, et derrière cette idée, elle cache des idées de merde carrément dangereuses.

Pour Jéhovah, c’est pareil : certains propos sont tout à fait censés. Et justifiés. Mais ils vont servir à justifier à leur tour des aberrations et des pratiques dangereuses comme le refus de soin médicaux. Par exemple, dire que Dieu a un  » plan » et que la maladie est une épreuve qui va nous faire grandir. OK. mais de là à ne pas se soigner faut quand même être con. Ben pas pour Jéhovah.

L’erreur, c’est de ne pas lire ces personnes, de ne pas les écouter. Parce que quand tu les confines, quand tu les  » condamnes » au silence et à l’obscurité, tu joues leur jeu:

_ tu les victimises

_ tu permets à leurs idées de rester obscures et donc tu leur permets de faire percer que ce qu’ils veulent puisque leur temps de parole est court

_ tu permets surtout à une poignée d’interpréter pour les autres et donc de te manipuler. Rassure-toi, si tu lis des prospectus de Jéhovah tu ne seras pas sous hypnose ( encore une idée très intelligente de ma famille).
Il faut arrêter de diaboliser ces gens : on joue leur jeu. On fait en sorte de limiter la compréhension et la connaissance de leurs idées. Là est le danger. On va alors les choisir, voter pour eux, sur Une idée pour 56 idées dangereuses. Plus ils parleront plus ils diront de conneries.

Il faut toujours comprendre les choses par toi-même, il faut toujours lire par toi-même.

J’en viens à un autre exemple, plus personnel. Il y a eu deux fois dans ma vie où j’ai rencontré quelqu’un qui pensait qu’une personne malade PROVOQUAIT SA MALADIE, faisait exprès d’être MALADE pour  » emmerder le monde » et  » attirer l’attention ». Je cite. Ces personnes avaient lu des livres sur la théorie de la responsabilité du malade dans sa maladie. Tu trouveras ces thèses dans des bouquins sur AORA ou HO’OPONOPONO et bien d’autres. Le plus célèbre des médecins qui en parlent c’est Luc Bodin, anagramme de Bidon, c’est facile, mais en vrai il a un bouquin sur l’auto-massage trop génial, et donc non ce n’est pas LUI le problème.

Je me suis dis qu’il faudrait quand même aller lire pour comprendre si vraiment il y a quelqu’un qui a justifié une telle théorie.
NON, personne n’a JAMAIS écrit dans ces bouquins que tu PROVOQUAIS ta maladie et encore moins que c’était pour ATTIRER L’ATTENTION et FAIRE CHIER LE MONDE

JAMAIS.

Ce que ça dit c’est que la maladie frappe sur une de tes faiblesses. Tu n’as donc pas provoqué ta maladie, ni l’apparition du virus, d’une bactérie, d’un cancer. Non, tu n’as absolument rien provoqué. Tu as une faiblesse physique qui s’est créée parce qu’il y a en toi quelque chose psychiquement qui alimente cette faiblesse physique. le psychique influe sur le physique. Le même virus frappe quelqu’un à la gorge et son voisin aux sinus. Il y a une raison pour que cela donne une gastro chez un 3e. Ces trois personnes ont été frappées par le même virus mais avaient trois faiblesses différentes. Ce qui disent ces théories, c’est qu’il faut arriver à soigner le corps par l’esprit ( ou par l’énergie, comme dans le Reiki qui pense que la maladie est un mal qui dit ) et donc prendre conscience que cette maladie a une signification, elle te prévient d’un truc. Une maladie n’est pas « bonne » en soi, mais il est bon de l’analyser pour que ce malheur soit instructif et que tu en ressortes plus fort. Quant à croire que c’est pour attirer l’attention, il n’y a que des égocentriques trop préoccupés de leur vie pour aller pondre un truc pareil. On ne fait pas un cancer ou une pneumonie pour attirer l’attention. Cela me fait penser aux mères qui disent  » il m’a fait la varicelle, ça m’a bien pourri l’été ». ah ah ah. Oui, il fait sa varicelle, et en plus c’était juste pour te faire chier.

une maladie peut être bonne si elle enseigne

une maladie n’attire pas l’attention, elle diminue

une maladie n’est pas provoquée par le malade

une maladie en revanche apparait là où il y a faiblesse et c’est en cela qu’elle peut être signe de quelque chose.

une maladie récurrente ou chronique peut donc bien être le signe d’un problème psychique

Cela  dit également que tu es 100% responsable de ce qui t’arrive. Cela t’arrive pour t’apprendre quelque chose. Et tu es responsable non pas dans l’événement en soi  mais dans ta façon de le recevoir et de le vivre. C’est comment tu vas le vivre comment tu peux apprendre de cela qui est important.

Par conséquent si tu penses que ta femme a un cancer pour te faire chier, ça veut dire plus de choses sur toi que sur ta femme. Tu vies cela pour toi, personnellement ? Très bien, alors dis-toi que la coupable ce n’est pas ta femme. Ce n’est pas non plus le cancer. Il n’y a qu’un responsable dans la façon que tu as de concevoir les choses, c’est toi. Toi qui as réussi à ramener ce cancer à ta petite personne ce qui me conforte dans l’idée que si tu crois que ta femme  a besoin d’attirer l’attention sur elle c’est que tu ne lui en donnes aucune.

Aora  ou Ho’oponopono ou tout autre pratique peut être intéressante, mais ne laisse personne te dire ce qu’elle contient. Va lire toi-même. Je ne vais donc pas m’étendre d’avantage, je te dirai juste que si cela te semble intéressant va lire. Si quelqu’un essaie de te manipuler en évoquant ces théories, va lire. Si quelqu’un veut t’inciter à devenir musulman Jéhovah ou taoïste, va lire. Fermer les yeux et être ignorant ne t’apportera qu’une faiblesse  alors que te cultiver sur le sujet te donnera les moyens de savoir et d’argumenter.
Toute théorie, toute pratique peut être manipulée à de mauvaises fin comme l’a été la philosophie de Nietzche par des nazies.
On peut toujours justifier son égocentrisme et sa méchanceté par des théories bidouillées.
Lis par toi-même, documente-toi. Ce serait dommage de condamner une théorie intéressante qui pourrait t’aider juste parce que … tu as rencontré quelqu’un de mauvais.

 

 

 

 

 

Publié dans Coups de gueule, défi des cent jours

Message pour ceux qui cherchent des excuses

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Alors voilà. Il y a deux ans quand j’étais en congé maternité mes anciens élèves se sont amusés à me calomnier ( enfin deux et leurs parents). Depuis, je prends quelques précautions. Quand une élève puis la proviseure adjointe m’ont écrit pour me dire qu’ils ne savaient pas comment faire le sujet type bac et qu’ils n’avaient pas assez  » de guidance » et n’avaient pas fait  » les bases  » sous entendant que je ne leur avais jamais fait de cours de méthodologie j’ai tout d’abord rappelé ou appris que je faisais des photographies de mes tableaux en classe pour garder des traces.

Le prof est absent, les parents et les élèves pleurent qu’il n’y a pas de remplaçant, mais moi je leur envoie des documents, des vidéos de cours à regarder, et un sujet à faire. Leur réaction ? Ne rien faire et m’écrire la veille de la date limite pour dire qu’ils ne comprennent rien au sujet. Moi les excuses à la con, je ne supporte plus. Je leur ai donc fait une réponse un peu plus longue dans un second message et ça m’a fait penser à vous. Je l’ai fait lire à mon mari et des amies et tout le monde m’a dit que ça donnait de la motivation et que grâce à moi ils avaient dit oui à un défi professionnel dans la minute qui a suivi.

Alors voici le message en question et dis-moi si ça te met la pêche !

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attention il y a quelques fautes de frappe, je suis tjs en convalescence…je les vois mais je n’ai plus le courage de corriger.

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Re-bonjour

Je viens de recevoir un message de Mme *** et je vais lui copier celui que je suis en train de vous écrire. Je suis super déçue. Alors je vais vous dire ce que je pense vraiment, parce que je crois vraiment en vous. C’est la mission de chaque enseignant.

Peu m’importe que votre premier devoir type bac obtienne une très bonne note. J’imagine bien que les copies ne seront pas parfaites. Mais je m’en fiche. Je vous ai fait faire un QCM avant Noël en prévision, pour que vous ayez une bonne note afin de contrebalancer celle de ce devoir type bac. Peu m’importe que vous réussissiez les exercices si vous réussissez à faire ce devoir entièrement.

La vie c’est des apprentissages et des challenge.

Vous devriez prendre ce devoir comme un challenge hyper enthousiasmant : ENFIN on vous fait confiance. ENFIN on vous croit capable de faire un devoir de niveau bac. ENFIN on vous donne une chance  de montrer ce que vous savez faire.

Je vais prendre l’exemple de quelqu’un qui apprend la salsa pendant trois mois et qui ne va jamais danser sur la piste. Ca sert à quoi de savoir danser des pas de salsa et de ne jamais danser sur de la musique, avec des gens, à une soirée ? Cela sert à rien. C’est même assez déprimant à voir, je vous assure. Si je danse et que je vois ça, ça me sape le moral. Un peu comme quand je fais mon commentaire de texte devant vos yeux ébahis mais que personne ne veut s’amuser avec moi à chercher des figures de style alors que vous les connaissez.

En octobre une élève m’a dit  » je ne sais pas faire alors je ne le fais pas parce que je ne saurai jamais le faire ».

J’ai répondu deux choses.

_ la première c’est que vous ne saurez jamais le faire parce que VOUS N’ESSAYEZ PAS, pas parce que vous ne savez pas. la différence entre quelqu’un qui progresse dans la vie et quelqu’un qui végète, quelqu’un qui existe et quelqu’un qui subit, c’est que le premier se dit JE VAIS APPRENDRE.

Vous avez à votre disposition le monde entier ( INTERNET) et je vous ai déjà raconté comment j’allais à votre âge dans une bibliothèque scientifique chercher parmi 15 000 livre la page d’un seul livre que mon sujet de recherche : les manuscrits de la mer morte. Je n’oublierai jamais ce que j’ai cherché et ce que j’ai découvert. Mais j’aurais été bien heureuse de cliquer trois fois sur Google au lieu de me prendre de la poussière dans la figure et de perdre une après-midi

_ la seconde c’est que si quand vous étiez bébé vous aviez pensé  » je ne sais pas je ne fais pas » vous porteriez aujourd’hui des couches en mangeant des petits pots ( donnés à la cuillère par maman!).

La vie c’est un apprentissage permanent.

En cours de français, on apprend aussi beaucoup de choses sur la vie, les sentiments, l’humanité, le sens de l’existence ( je ne parle pas de la philo en Terminale…)

Dites-vous bien que si je suis prof ce n’est pas parce que je sais. Ce n’est pas parce que que je sais pour vous et que je vais vous dire ce que je sais.

Je suis prof parce que J’ADORE apprendre et apprendre avec vous. J’adore vous apprendre à apprendre et vous donner des défis et m’en donner.

Chaque année je me donne un défi différent au moins. l’organisation, l’apprentissage spécial DYS, la découverte de tel domaine, tel savoir etc. Cette année je me suis fixée un défi complètement fou qui dure 100 jours, et c’est un challenge important !  

Vivez chaque devoir comme un super défi ! On est tellement heureux quand on arrive au bout ! On en apprend quelque chose. Ma super prof de lycée me disait toujours  » Ne faites pas un devoir pour savoir si vous savez mais pour apprendre à savoir faire ». Un devoir maison, qui plus est, en temps illimité, c’est un devoir pour apprendre, pour s’exercer. C’est formatif avant d’être une évaluation. Le terme évaluation pour ce genre de devoir est complètement erroné. C’est un devoir FORMATIF.

Je peux vous donner toutes les méthodes du monde, faire 50 dissertations devant vous, vous ne pourrez jamais maîtriser la méthode si vous ne vous y frottez pas vous-même tout seul. Il faut forcément se lancer. Cela paraît toujours trop difficile ( ou trop facile) quand on ne le fait pas pour de vrai soi-même. Alors lancez-vous !

Vous avez la chance d’avoir un buffet à volonté de connaissances à votre disposition ce n’est pas de moi c’est d’Idriss Aberkane). Je vous propose au menu un plat exceptionnellement succulent et hyper méga motivant : un sujet type bac avec une DISSERTATION OU une SUJET d’INVENTION ARGUMENTATIF. Je vous demande de REFLECHIR en utilisant votre RESSENTI. Vous avez à votre disposition des METHODES, ce sont vos couverts ( fourchette, couteau) pour bien manger et bien décomposer. Une fois tous les aliments assimilés il faudra EXPRIMER ce que que vous pensez et ressentez. Je vous demande votre OPINION et de parler de ce que vous aimez, de ce que vous avez lu et aimé. C’est génial, non ? Non ? SI, c’est génial, parce que c’est vous qui avez le pouvoir pour réussir cet exercice.

Ne restez pas au bord de la piste, dansez !

Ne restez pas avec des petits pots, prenez le meilleur des plats au buffet. Le meilleur des plats c’est l’argumentation où vous allez dire qui vous êtes, ce que vous aimez et ce que vous pensez.

Je me fiche de savoir si ce sera bien  si ça vaut un 15 un 13 un 4. Ce que je veux c’est que vous alliez jusqu »au bout.

Ensuite, prenez une feuille et écrivez au milieu de la feuille: ce que j’ai appris en faisant ce devoir. faites une carte mentale :

ce que j’ai appris sur les méthodes

ceque j’ai appris sur la poésie

ce que j’ai appris … sur moi

Je suis certaine que pour cette dernière flèche il vous faudra une place incroyable.

Nous aurons ensuite un super support pour remédier à tous vos soucis de méthode, de connaissance, de culture. Nous aurons de quoi travailler. Vous avez votre garde-fou : la note de QCM. Vous aurez une note d’oral également.

Alors de quoi avez-vous peur ?

Mon arrière-grand-mère a passé sa vie à regarder des livres sans les lire parce que  » elle ne savait pas ». Elle n’a jamais réussi à dire ce qu’elle pensait, ressentait, voulait. Beaucoup de gens ( dont moi) ont essayé de lui apprendre mais elle ne regardait rien et disait  » A quoi bon, je ne sais pas, je ne sais pas c’est tout ».

C’est triste, non ?

C’est un exemple extrême mais c’est valable pour chaque chose dans la vie.

Par exemple, je suis restée 10 ans de ma vie à ne jamais cuisiner de poisson parce qu’on m’avait dit que je ne savais pas le faire alors je l’ai cru. Et finalement, un jour, j’ai fait une lotte incroyable et depuis je cuisine le poisson. J’ai osé le faire. Même si l’enjeu était de taille : mais qu’est-ce que mes invités allaient penser de moi si la lotte était immangeable ?

Alors réfléchissez bien à tout cela, ne partez pas vaincu d’avance. On prend son courage çà deux mains et on y va !

Décomposez la tâche, planifiez, et travaillez.

Il vous reste encore du temps, il vous reste presque deux semaines. Vous aurez eu le délai le plus long de l’histoire du bac pour faire ce sujet.
En lisant ce mail, vous avez appris un type d’argumentation qui l’argumentation avec des exemples à la fois concrets et métaphoriques. Ils agissent par parallélisme et comparaison, c’est une argumentation par l’analogie qui est actuellement très prisée par les américains en développement personnel et qui se retrouve aussi beaucoup en philosophie, quand tel philosophe compare le mouvement de la mer à l’âme humaine.

http://e-cours.univ-lr.fr/UNT/analogie/co/module_Contenu_20.html

Vous aurez donc appris ce qu’est une argumentation par analogie. Et vous ne vous en étiez même pas rendu compte parce qu‘apprendre n’est pas douloureux.

Soyez enthousiastes !

A bientôt.

 

Publié dans Coups de gueule, Le quotidien

Fin d’année et résolutions 2017

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Tu as sans doute remarquer que je n’ai rien posté sur ce blog pendant un mois…

Je vais te raconter ma fin d’année merveilleuse ( ironie).
MI-novembre je me suis mise à tousser. J’avais aussi mal dans le cou et aux sinus. Je ne voulais pas que mon médecin m’arrête mais de toute façon il ne me l’a absolument pas proposé car nous les feignasses de profs on peut bien crever la bouche ouverte.

Je suis retournée voire mon médecin. Plusieurs  fois. En tout je l’ai vu quatre fois et j’étais dans un état déplorable mi décembre. Fièvre, fatigue, douleurs musculaires, essoufflement, tous évidemment maux de tête… Nausées également. Je ne mangeais plus. J’ai été arrêtée une semaine avant les vacances.

J’en parle à un autre médecin que je consultais pour tout autre chose. IL me fait faire des analyses. Je vois des étoiles partout sur le compte-rendu mais voilà tout le monde y compris mon médecin est parti fêter Noël. Pendant ce temps, je fête Noël ( la bonne blague) avec de la toux, des vomissements, une fièvre à 39 voire plus, et des jambes qui ne me soutiennent plus. J’avais des sueurs nocturnes qui m’obligeaient à me changer trois fois par nuit.

Pourquoi je n’ai rien fait ? Parce que autour de moi je n’ai que des personnes qui me font passer pour une chochotte, une douillette, qui fait du cinéma pour pas grand chose pour attirer l’attention. J’ai fini par les croire. Dans ma tête une voix disait que je ne valais rien, je j’étais nulle et que je n’avais aucune qualité pour être aimée. Une autre me disait que j’allais mourir et j’en suis arrivée à la conclusion que le pire de tout serait la réincarnation et revivre une vie entière en repassant par toutes les épreuves que j’ai vécues. L’enfance, l’adolescence. L’enfer !

C’était de pire en pire, je crachais des glaires, je ne mangeais plus, j’étais trempée de sueur nuit et jour. Je toussais non stop je ne dormais plus et puis j’avais même peur de ne plus me réveiller.

Le deuxième médecin m’a enfin appelée : j’avais une infection. Je suis rentrée ( j’ai vomi !) je toussais tout le temps… Et je suis allée aux urgences où là encore dans un premier temps j’ai bien vu qu’on ne me prenait pas au sérieux. Moi quand j’ai une douleur à 9/10 je ne me roule pas par terre.

J’ai donc… une pneumonie.

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J’ai piqué la photo sur le net, je ne vais pas te montrer mes seins quand même.

Je suis en train de terminer mon traitement et cela ne va toujours pas mieux. Je n’ai juste plus de fièvres et je tousse un peu moins. Je ne crache plus. Mais alors le reste ! J’ai dû me fêler une cote je ne vois que ça, j’a une douleur absolument abominable à droite. D’ailleurs en passant j’avais mal au poumon et je croyais qu’un chien ronflait dans la pièce mais c’était moi. Mon poumon qui ronflait. Aux urgences ils m’ont dit que j’en avais pour un mois. Au samu, que j’ai appelé trois jours après parce que c’était pire, ils m’ont aussi dit que j’en avais pour un mois. Mon premier  médecin ‘a arrêtée quinze jours. Je suis certaine que dans une semaine je ne pourrai toujours pas bouger normalement. Je monte trois marches j’étouffe.

Ce que m’a appris cette aventure c’est que je ne suis décidément pas une chochotte. Apparemment on ne voit pas quand je souffre le martyr pour aller dire que je fais du cinéma pour focaliser l’attention.

Ensuite cela m’a fait réfléchir sur le fait que mon entourages ose toujours me définir. ET me définir très faussement.

Mon mari me dit  » tu resteras correct avec le médecin » je lui demande quand a t-il vu que j’avais déjà été incorrect avec un médecin, il n’a aucun exemple. Pourquoi en arriver à cette conclusion et me dire que je suis incorrecte si je ne l’ai jamais été ? Telle collègue me dit  » tu exagère toujours » j’amène des preuves elle reconnaît même pas son erreur. On me dit que je suis une chochotte alors que je supporte la douleur quatre fois mieux que la moyenne. J’étais en train de faire ma vaisselle, et je me suis dis, finalement toi qui cotre les étiquettes et qui n’en appose jamais aux autres, tu devrais choisir tes propres étiquettes parce que les autres s’en chargent pour toi. Et le lendemain je tombe sur une vidéo de David Laroche qui explique exactement ça : Définissez-vous, nous dit-il sinon les autres le feront pour vous.  Sur ce, je me souviens avoir cu une vidéo d’Olivier Roland sur le five minute journal dont l’un des points et  » je suis » et on doit se définir selon  une affirmation positive.

Forte de tout cela, j’ai donc pris en main mes résolutions et je vais essayer de m’y tenir en les décomposant en objectif mensuel, hebdomadaire et journalier comme Olivier Roland  l’a expliqué dans une autre vidéo.

Pour commencer, si je n’ai pas tenu mon objectif  » moins de dépense  » en 2016 c’est parce qu’en mai dernier je me suis rendue compte lors d’un séjour en chambre d’hôte que le manque d déco de ma maison me pesait et que j’y passais assez de temps pour justifier d’en prendre soin. J’ai donc beaucoup dépensé en déco chez Action et en jolis rangements. Quand tu es parent, tu oublies souvent de faire des dépenses pour toi.

De toutes ces observations sont nées mes résolutions 2017

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1° Prendre soin de moi physiquement et moralement

_ je regarde des vidéos de développement personnel

_ je ne zappe plus les objectifs fly sur le bien-être

_ je me suis fait un bullet développement personnel

_ je vais lire au moins un livre de développement personnel par mois

_ je fais des soins

2° Une heure au moins pour soi

3° Dessiner/colorier tous les jours.

4° Tenir le five  minute journal et me définir moi-même

5° Me parler à moi-même toujours positivement

6° Adopter la pensée positive.

7° Laisser tomber tout ce qui me fait du mal : le travail en trop, les obligations finalement pas si obligatoires. Non, le miracle morning n’est pas fait pour moi mais la méditation et la pensée positive oui.

8° Aller voir des expositions

9° Partir en vacances ( pas comme en 2016 année de la loose)

10 ° Rationnaliser les dépenses ! Ne plus dépenser est impossible mais je vais essayer de ne plus dépenser pendant une semaine par exemple, ou de ne pas acheter de loisirs créatifs pendant un mois, ou quinze jours. J’ai  un stock phénoménale mais on a toujours envie de plus. Les nouveautés sortent chaque mois. Je vais tenter de ne plus acheter tel truc tant que je n’en ai pas terminé un de la même catégorie.

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Chaque mois, je vais donc fixer un objectif en rapport avec cette liste, puis chaque semaine, puis chaque jour. Par exemple, la semaine prochaine, ce sera ma semaine zéro achat. Chaque jour, je médite et je fais de la cohérence cardiaque. Chaque semaine je vais regarder une vidéo de développement personnel. Chaque jour je vais entretenir les petits cahiers et planners chéris. le système des trackers aide quand on n’y arrive pas.

Et puis tout de suite, je vais te quitter pour aller faire mon trackers YEAR IN PIXELS qui consiste à noter l’humeur du jour en fin de journée. Je pense que je vais le doubler pour mettre l’humeur du matin. Cela fonctionne avec un code couleur et cela peut aider à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide !

https://passioncarnets.wordpress.com/2017/01/05/year-in-pixels-un-an-pour-devenir-heureux/ ( le lien pour year in pixels)

 

A ton tour !!!de l’auberge !

 

 

 

 

 

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Mes zèbres sont des enfants comme les autres

41qigyeu-al__sx330_bo1204203200_Coucou !

Non, non je ne vous ai pas oubliés ! Ni les fans de planners, ni les amatrices de soupe, et encore moins les fans de méditation. Mais voilà : j’ai une angine très forte, je suis très fatiguée. Et puis tu sais, mes deux filles me crèvent. Je les aime, mais elles sont usantes !!! Ca me fait penser que je voulais te conseiller depuis longtemps un bouquin que j’aimerais lire bientôt si mes filles m’en laissent le temps un jour . Un  bouquin sur les zèbres. Non, pas les zèbres du zoo, mais les enfants précoces, les drôles de zèbres.

Tu as peut-être déjà remarqué que mes filles ne sont pas raccord avec l’âge requis pour les activités. Selon les boîtes de jouets, Comète aurait 6 ans et Tempête 24 mois. Tempête a 19 mois et Comète a 3 ans et demi. Pour Comète, c’est clairement allé en s’amplifiant de mois en mois. Elle évolue par pallier et non linéairement. Il existe aussi des décalages entre ses capacités qui ne sont pas toutes au même point d’évolution, et cela la rend grave en colère.

Je ne me pose même plus la question : sont-elles précoces ? Elles le sont. En tout cas Comète l’est clairement et fortement. Ce que je me demande c’est à quel point, faut-il tester ? Et pour le moment je pense que non, car nous avons une maîtresse qui gère, avec une classe de Maternelles qui mélange les niveaux.

Evidemment tu peux te dire que je vante mes filles, que j’exagère, comme beaucoup de parents, crois-tu qui pensent que leur enfant est très intelligent. En vérité, c’est pas vraiment le problème. Si je le dis, c’est que j’en ai ma claque des jouets reçus dont elles se moquent parce que ce n’est déjà plus de leur âge. J’en ai ma claque des vêtements trop petits parce qu’on a cru que je mentais sur leur taille ( oui elle sont ET précoces ET géantes). Vous pouvez croire que je connais mes filles mieux que vous ?

Le vrai problème ? Ce sont les normes. C’est ce qu’on attend de mes filles, comme on voudrait que mes filles soient. On me dit  » A tel âge on fait ça  »  » on pense ça »  » on ressent ça ». Mes filles n’ont pas de case, n’ont pas d’étiquette. Et je n’en avais pas d’ailleurs. Aujourd’hui j’avoue avoir séché des cours en CE2. J’avoue ne pas avoir fait mes devoirs cette année-là et avoir grugé le maître qui devait vérifier notre cahier de textes que je ne remplissait jamais. M. Beau, je vous ai menti une année entière et vous n’avez rien vu ! Je me suis ennuyée, je me suis cachée. Je n’ai rien osé dire.

Et puis, on n’est pas forcément en avance en tout quand on est très douée quelque part. En 4e je suis devenue archi nulle en maths, sans doute à cause d’un souci de communication avec ma prof. La situation a empiré, alors que j’avais plus de 16 en 5e que j’adorais ça. Bizarrement, en L, je suis tombée sur un peu prof, en hop, j’ai à nouveau adoré les maths, parce que c’étaient des maths qui me parlaient. Avec la prof que je n’aimais pas j’avais 6, et sur le même contrôle de probabilités, le même sujet d’étude, j’avais 19 avec l’autre prof !

Tout ce qui ne passait pas par le plaisir de découvrir ne rentrait pas. Je fonctionnais  » à l’affectif » mais si j’en crois mes dernières lectures, c’est le mode d’apprentissage le plus performant dans la nature. C’est ce qui fait partie de l’instinct. Des lois naturelles de l’enfant et des bébés animaux aussi.

Quand on est zèbre, on avance aléatoirement, anarchiquement, par pallier, sans progression très claire.  On régresse des fois, on gère mal ses émotions, mais une chose dont je me souviens, c’est que les autres te regardent de travers et voient ta différence. Certains l’apprécient et sont tes amis. La plupart te rejette. Tu écris des cahiers entiers de poèmes, tu écris un roman à 8 ans. Il y a même des adultes pour ne remarquer que les fautes d’orthographe. Sérieusement, si un enfant de 8 ans vient vers toi avec un roman qu’il a écrit, ne sois pas con, lis-le et ne regarde pas les fautes. Des fois, je me dis que cela traduisait sans doute un dépassement de la situation, une jalousie. C’était une façon de vouloir me remettre à ma place d’enfant, moi qui n’avait ni le vocabulaire ni les loisirs des enfants. En tout cas, pas seulement.

Ma fille n’est absolument pas rejetée. Car grand bien pour elle, je crois bien que les enfants comme elle sont de plus en plus nombreux.

Tu sais quoi ? Je crois qu’il n’y a plus de norme et que peut-être simplement, il n’y en a jamais eu. Que tout simplement cette répartition en âge est complètement conne. Que les enfants devraient être libres de progresser à des rythmes différents et différemment selon les matières, activités, centres d’intérêt ou de désintérêt. Précoce, pas précoce, ils sont eux-mêmes avec leur personnalité, leurs capacités qui changeront peut-être. Ce que je mets par exemple en place pour les DYS est utile pour TOUS LES ENFANTS.  Ce qu’il faudrait mettre en place pour les zèbres, tel est mon avis serait le BON FONCTIONNEMENT POUR TOUT LE MONDE. OU PLUTOT POUR CHACUN. Tout le monde, cela n’existe pas. Il n’y a que des personnes, pas des groupes. Le concept de groupe n’a d’intérêt en ce qu’il apporte aux personnes, individuellement.

On apprend autant de ceux qui sont en difficulté, une difficulté qui peut devenir une force que de ceux qui sont en avance, une avance qui peut vite devenir un handicap. On est souvent trop intelligent pour être heureux. Ajoutons à cela une multipotentialité souvent partagée par les personnes haut potentiel, et tu comprends pourquoi ces zèbres-là ont bien du mal à savoir qui ils sont. Je suis cotre l’idée de dire qu’ils doivent trouver leur place. Ils en ont plusieurs et notre monde nous amènera à tous changer de place plusieurs fois dans notre vie. Non, ce qu’il faut trouver c’est le moyen d’exprimer tout notre potentiel, dans sa diversité, tout l’éventail des capacités qui nous mettent en joie.

Du coup, je te laisse et je te préviens : Bientôt je te parlerai de ABERKANE et d’ALVAREZ.

Lé révolution est en marche, pour le bien des enfants qui ne sont pas des légos à trier, pas des pièces à mettre dans des cases et pas de braves petits soldats formatables.

Je te bise.

NOËL

PS: ce que je veux dire quand je dis que ce sont des enfants comme les autres ce n’est pas que je veux nier leurs particularités mais que ces enfants ont le droit à une enfance.

Publié dans Coups de gueule, Tiempo Color

Ce qu’il ne faut jamais dire à un créatif

13716162_10153902887934482_21189609983994099_n.jpgCertaines de ces remarques sont vexantes, blessantes, d’autres font rire. D’autres enfin me donnent envie de mépriser la personne en face de moi. Le tour des phrases que tu ne diras plus jamais à un créatif.

Tu n’en as pas assez à la maison ?
En parlant du matos. Ben non, un créatif n’a jamais assez de matos à la maison, ni jamais assez de techniques à disposition. La liberté c’est le mixed media, en tous domaines. Si tu veux un truc joli, faut mélanger. Mélanger avec goût évidemment, assortir. Donc il te faut beaucoup de matos pour assortir à beaucoup de matos. Et faire face à toute situation.

Tu peux ranger ton bazar ( ou ton bordel, ou tes merdes, ou tes machins, ou tout terme péjoratif pour désigner le matériel. J’ai même eu droit à  » tes saloperies »).
Déjà t’es gentil tu vas respecter mon matos, parce que moi je vais dire  » tes saloperies » pour ton matériel de couture ou de jardinage on va voir si tu vas apprécier. Ensuite non, je ne peux pas ranger je crée. Enfin, et toi, tu peux ranger tes habits ? Ta connerie ? Ton jugement à la con ?

Et ça va servir à quoi ?
Ben on s’en fout en fait. Mais en général ça sert à rendre la vie plus jolie, avec des couleurs, et avoue qu’en ce moment on en a bien besoin.

Qu’est-ce que t’es encore en train de fabriquer ?  (Avec cet air qui dit que t’es encore en train de faire une connerie qui sert à rien.)

En tout cas je ne végète pas devant ma télé à regarder des débiles qui gagnent dix mille fois plus de thunes que moi en montrant leur cul.

Et tu préfères pas acheter tout fait ? Au moins c’est bien fait

Ta gueule.

T’en perds un temps pour ça ! ( avec l’accent morvandiau si possible)

Oui, euh en fait je fais ce que je veux de mon temps libre et c’est toujours mieux que de perdre du temps à regarder des cons … ( ok je me répète).

Et une dernière pour la route ( entendu le 20 juillet !) C’est se donner du mal pour pas grand chose

Est-ce que ça te viendrais à l’esprit de dire cela à un cuisinier ? Non parce que concrètement, ce qu’il fait finir aux toilettes faut être pragmatique ! A part les bâtiments ( et un séisme peut tout détruire) il n’y a pas grand chose de pérenne dans notre monde.

Conclusion

Dans notre société, il faut que ce que tu fasses soit rentable, utile, exploitable et ne prenne pas trop de temps. Sans doute pour en perdre à regarder des âneries à la télé. Si c’est ta vision de la vie, passe ton chemin. Mais tu vois, j’ai lu un article dans le Flair de ce mois qui m’a beaucoup plu. Un article qui raconte comment vouloir gagner du temps en fait perdre et comment prendre son temps, prendre du temps pour les loisirs donne l’impression de vivre dans le luxe.
Non, je n’ai pas des fringues très chères, je ne mange pas au resto, je ne pars pas en vacances; J’achète même mon matos en low coast dis donc. Mais je m’éclate si tu savais comme je m’éclate  Du coup, aujourd’hui, je deviens assez méprisante envers ces gens qui veulent de l’utile, du rapide, du pratique, du pragmatique.
Ils doivent sacrément s’ennuyer. Et j’en arrive à penser que c’est pour ça que mon  » petit bordel » les dérange. Mais moi, mon petit bordel, je le chéris, je lui fais des bisous. Na ! Et quand on arrive au rayon loisirs créatifs, Tempête du haut de 16 mois pousse des aaaaaaaaaaaaah d’admiration qui me laisse à penser que l’aventure commence seulement. Bon ok… ça fait presque 20 ans que ça dure !

 

 

PS : je t’ai écrit un autre article: ce qu’il faut dire à un créatif. Comme ça, tu sauras. Et puis tu peux compléter !

Publié dans Coups de gueule

Les déceptions d’enfant

2013-01-08_15-53-29-737745_1000xQuand j’étais enfant, j’ai été déçue par les adultes.
Je ne vous parle pas des cadeaux non faits ou des promesses non tenues. Encore que, sur ce point, je suis intransigeante avec moi-même et Papa Tornade. Il est hors de question de promettre un truc aux filles et de ne pas le faire, car cela aussi m’a beaucoup affecté enfant. On me faisait miroiter un truc et hop au dernier moment c’était non.

Je vous parle d’une déception plus grave, une déception de moralité et de confiance. Comme la promesse mais en pire. En pire, parce qu’elle concernait mon affectivité et ma relation aux gens.

Cette déception m’a fait prendre conscience que les adultes mentent. Que les adultes mentent aux enfants, mentent entre eux, mentent à eux-même. Cela m’a fait comprendre que les adultes sont hypocrites, même quand ils se disent francs, que leur bassesse noircissent le quotidien et les petites joies de rien.

Ce scénario que je m’apprête à retranscrire a eu lieu plusieurs fois, il me faut donc condenser.

Un adulte de ma famille m’emmenait quelque part ou nous recevions une visite. On me présentait un autre adulte. Moi, faisant confiance à la personne de ma famille qui s’occupait de moi, j’abordais ce nouvel adulte, cet inconnu, en confiance. Cet adulte était forcément quelqu’un de bien. Les amis de ma famille sont mes amis. J’apprenais à connaître cette personne, je me montrais aimable, je jouais et discutais avec elle, je m’engageais émotionnellement et souvent je m’attachais. D’ailleurs, à l’origine je faisais cela pour faire plaisir à la personne de ma famille. Elle me présentait quelqu’un, elle était agréable avec cette personne, donc forcément je devais faire de même.

A la fin, nous nous quittions : la personne que je venais de rencontrer était contente, avait un mot gentil, proposait même de me garder. Ou de m’emmener quelque part. On disait « pourquoi pas » ( et hop coup de la promesse à la con faite à l’enfant qui se projette dans un super moment à venir) et nous nous séparerions. Alors je pensais revoir cette personne et aller au cinéma, au parc ou je ne sais où. Et puis…

Et puis l’adulte de ma famille révélait alors le fond de sa pensée.

L’inconnu rencontré était en fait une traînée ,un salopard, une ordure ou je ne sais quoi.

Ou simplement une «  pas grand chose ».

 » Non mais franchement tu ne t’imagines pas qu’on va te laisser aller au cinéma avec cette crétine. C’est une traînée. Et toi, tu étais là tu lui faisais des cajoleries, tu jouais avec elle. Tu as été drôlement gentille, je me demande bien pourquoi.  » S’en suivait des moqueries «  Regarde moi cette andouille qui a passé deux heures à jouer avec Machine. Tu sais pas ? Elle croyait aller au parc et la revoir ! Non mais vraiment les enfants. Ma pauvre Tornade, tu te laisses vraiment abuser par n’importe qui ».

Toutes les insultes lancées au sujet de cette personne, je les recevais alors en pleine face, comme si c’était moi, la traînée, la moins que rien, la crétine. J’étais contaminée par ces insultes qui finalement s’adressaient aussi à moi. J’avais aimé une crétine, j’étais une crétine.

Puis, je ne comprenais pas : pourquoi me présenter quelqu’un qui n’était pas digne d’être connue ? Pourquoi ainsi me faire perdre mon temps, me mettre «  en danger » ? Pourquoi me demander avant cette rencontre d’être polie et gentille pour ensuite se foutre clairement de moi ?

Avec le recul, j’ai compris qu’il s’agissait en général de personnes à qui l’on devait quelque chose, ou qui représentait un possible gain d’argent, ou qui était un patron, un fils de patron. On me faisait entrer dans la mascarade sociale ? J’étais l’attraction sympathique qui allait attendrir cette personne. Un enfant c’est le meilleur atout pour vous si vous voulez négocier avec quelqu’un et endormir son attention. J’étais une marionnette.

Enfin, on médisait, on mentait devant moi, on ricanait de la personne bernée mais on m’avait bernée aussi. J’étais déçue. Tant de fausseté, de mensonge. Ces gens bas étaient ma famille.

On avait abusé de mon intégrité et de ma confiance. On s’était servie de mon naturel obéissant ( et on continuera toute ma vie jusqu’à la rupture pour me manipuler dans mes décisions à coup de «  Je ne te reconnais pas » «  Tu n’es plus ma fille » «  Tu as changé, tu te fais manipuler par les autres » alors que non, je n’étais tout simplement plus tenue par leurs fils!).

Franchement, c’est abusé d’un enfant, tout cela. Et puis c’est malsain de lui présenter des gens qu’on n’apprécie pas. C’est faire perdre son temps à l’enfant.

Et puis, si moi, j’avais raison d’apprécier cette personne, de la hauteur de mon objectivité d’enfant, pas empêtré dans les intérêts et les préjugés ? 

De toutes ces rencontres où finalement je ressortais déçue, je me rappelle seulement aujourd’hui avoir été le dindon de la farce. Mais la personne rencontrée également l’était.

Je me souviens d’une gentille jeune fille qui avait même projeté de m’emmener dans un parc d’attraction. Moi qui n’avait jamais droit à rien, aucune sortie avec mes amis, j’étais aux anges. Evidemment, cette sortie n’a jamais eu lieu. je me souviens également d’une autre jeune fille avec qui j’ai pu avoir une vraie conversation intéressante. Je devais avoir 11 ou 12 ans. Elle m’a parlé comme à un adulte. ON l’a traité de greluche juste après son départ. La seule personne qui avait donc de la considération pour ma réponse à la question  » Quel métier veux-tu faire plus tard ? » était une greluche. La seule qui ne s’était pas contenté de la réponse toute faite que ma mère me faisait débiter était une greluche. Ne présenterez que des gens bien à vos enfants, et si ce n’est pas le cas, abstenez-vous de commentaire.

Après tout, votre enfant a son propre jugement à forger. Si vous avez décidé de prendre le risque de lui présenter des cons, tant pis pour vous. Votre enfant vous fait confiance, soyez-en digne. Si quelqu’un doit éviter de lui faire son temps avec des débiles c’est bien vous. ne vous servez pas de votre enfant come d’un caniche de foire. Laissez-le en dehors de vos mascarades. Et surtout évitez de lui dire  » Sois gentil avec la dame » pour ensuite vous foutre de sa gueule alors qu’il n’a fait que vous obéir.

 

PS : Merci de ne pas tenter de me vendre vos services de correction avec des commentaires à la con. Sachez que si la ponctuation est quelque fois bizarre c’est soit parce que WordPress ne gère pas certains caractères, soit parce que je préfère le contenu au contenant et que je manque de temps. Et si je voulais faire des textes bien mis en page je ne serai pas sur un blog gratuit. Je fais avec les moyens du bord. En outre, quand on se cache derrière une adresse mail anonyme à la con, on ne doit pas s’attendre de ma part à quelque considération que ce soit.

 

Publié dans Coups de coeur, Coups de gueule, Non classé

Kipling et l’esprit des rois

Rudyard_Kipling_from_John_PalmerComme beaucoup, je connais de Kipling Le Livre de la jungle. Comment un enfant sauvage devient un homme parmi les animaux plus justes et plus intelligents que bien des hommes.
Et puis j’ai découvert ce poème.

Je cite Wikipedia : « Le 14 juin 1940, Paul Rivet placarde le poème sur les portes du Musée de l’Homme, en signe de résistance à l’occupant allemand. »

 

 

Tu sera un homme, mon fils !

 

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie,

Et sans dire un mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties,

Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre,

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles,

Travesties par des gueux pour exciter les sots,

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,

Sans mentir toi même d’un mot,

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois,

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi,

Si tu sais méditer, observer et connaître

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, mais sans laisser jamais ton rêve être ton Maître,

Penser sans n’être qu‘un penseur,

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral ni pédant,

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite,

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête,

Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Ne seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils !