Publié dans Coups de coeur, Coups de gueule, Le quotidien

Printemps des poètes

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit de poèmes. Tu vois, mon souci, c’est que j’écris soit sur ce qui me rend triste soit sur ce qui me met en colère. Faut évacuer ! Je vais tenter dorénavant d’écrire sur ce qui est beau, sur la gratitude et sur l’émerveillement. Ce n’est  pas ce qui est le plus facile !

Bref, tous les ans je participe au printemps des poètes en écrivant un poème avec les 10 mots imposés. 

Cette année, ça donne ça:

L’Adulée

Quand je suis arrivée ici

J’ai rencontré tous tes amis

J’avais entendu tout de toi

Je savais que régnait ta loi

Puis je t’ai croisé un midi

Me regardant, tu m’as souri

Venant me parler à l’oreille

Tu racontais monts et merveilles

Tes amis buvaient tes histoires

Tu tendais alors un miroir

Tu absorbais tous leurs secrets

Ou mieux encore : tu inventais

Tu délivrais tes vérités

Aux Favoris, hypnotisés

Tes canulars sont écoutés

Peu t’importe qui est blessé

Moi, je n’ai jamais hébergé

Tes avatars de vérité

L’émoticône est mon visage

Tu t’es mis à hurler de rage

C’est alors qu’avec toi j’ai beaucoup voyagé

Algérie, Turquie, ou Tzigane va-nu-pieds

Tantôt Pirate, ou nomade ou sorcière

Je m’ exilais sur mon nuage de fer

J’ai décidé de ne pas te contredire

Je t’ai laissée te confondre à mentir

Raciste, en faux tu prônais le contraire

le Mal coulait de ton cœur aux artères

Et tes yeux fureteurs ont jugé mon physique

Alors tes attaques sont devenues iniques

Mes cheveux et mes yeux, mes seins ou ma santé

Tu as craché sur mes pieds : eux savent danser.

Je te télé-snobais, tu étais un aimant

la cire de la fierté bouchait mes tympans

Et tu sabordais mon ouvrage

Ton bateau montait les étages

Tu t’en es pris à mes enfants

A mes amis, à mes parents

Sans savoir qui je fréquentais

Ta vague que rien ne brisait

S’enflait dans le vent des sourires

Voguait ta barque sous les rires

Te gaussant du scandale, en tendant le poignard

Si javais pu me tuer, pour saluer mon départ

Tu aurais encore pu inventer un mensonge

Puisque chacun vivait enfermé dans tes songes

Et lorsque tes victimes essaient de rétablir

La vérité, tu cherches encore à les détruire

Car entre Peste et Choléra

Tu es ce qui nourrit les Rats

Tu perverties le miel en fiel

Souillant le bonheur de la veille

Leur groin qui fouille l’excrément

Jamais ne connaît l’écœurement

Ton nom varie avec le temps

Ton visage aussi est changeant

Tu es l’odieux virus qui condamne la bouche

A l’égout du dégoût ou tu as fait ta couche

Rumeurs, ragots, toi tu supputes

Pour moi, tu n’es jamais qu’une p***

Reine Médisance

sans-titre

Publié dans Coups de coeur, Le quotidien

La bohémienne

Ekphrasis méditative…

auguste-renoir-la-bohemienne-reproduction-grands-maitres-peinture-sur-toile-galerie-art-artiste-peintre-copiste-professionnel-qualite-tableaux-musee-fra

Cette petite bohémienne a accompagné mon enfance. On la voyait dans les salles d’attente des médecins, enfermée dans son cadre bon marché, laissée en souffrance entre deux chaises inconfortables. Chez mon dentiste, j’eus tout le temps, lors de mes nombreuses visites, d’admirer sa jupe rayée rouge et blanc. J’achetai, heureux hasard, la même jupe quinze ans plus tard, par nostalgie, par tendresse, comme pour marquer ma reconnaissance à cette petite jeune fille qui me tint compagnie tant de fois dans l’ennui des heures à patienter sous le bruit de la roulette crissante du spécialiste des caries. La jeune bohémienne m’offrait l’échappatoire de la rêverie.

On la voyait également sur les étalages et les têtes de gondoles, à Noël, entre les nénuphars de Monet et les boulevards parisiens de Pissaro. On la regardait sans la voie, figée dans sa pause artistique, condamnée à être commune, invisible, œuvre d’art privée de cadre artistique, galvaudée, morne reproduction aux couleurs délavées, affichées dans des lieux inappropriés, chez les bourgeois, dans les supermarchés.

Lise, petite fille égarée dans un corps déjà sensuel de femme. Lise, offerte aux esprits, pour le fantasme, ouvrant la fenêtre de l’imaginaire sur l’étranger, l’étrange, l’orientalisme, la magie des diseuses de bonne aventure.

Lise, une touche d’épice sur la fadeur du quotidien.

Elle est assise, le genou ouvert. S’apprête-t-elle à se lever ? Elle semble incertaine tant ses mains, posées entre ses cuisses, semblent au contraire abandonnées, sans volonté, lourdes de tout le ressentiment de Lise. La main gauche menotte le poignet droit. La main droite tient une fleur qui ne semble pas forcer l’admiration de Lise.

Tout en Lise, pourtant, crie la liberté. Liberté des mœurs dans ce chemisier ouvert, offrant à la vue une épaule débrayée. Invitation à l’éveil des sens en ce jour chaud de printemps inondé de verdure. Liberté du peuple errant. Liberté des cheveux libres, ondulés, que rien ne retient, pas même ce petit ruban de satin rouge. Cheveux qui s’éparpillent sur le coup, les épaules, les bras, la nuque, le dos, la gorge : cascade indolente de boucles, chevelure hypnotique de sirène, sirène de la Bohème, vague cousine d’une Loreleï égarée dans un parc parisien. La boucle d’oreille souligne le lobe clair. Les cheveux cachent et dévoilent, encore, la poitrine à demi offerte aux regards. La bouche rouge, garance épanouie, semble sourire sans sourire, sourire dans la gravité à un souvenir évaporé sous le soleil cruel de la réalité.

Lise, ta jupe de bohémienne est une gageure. Lise, tu erres en vérité uniquement dans tes pensées, enfermée dans ton rêve. Lise, ton teint blanc, ta chair généreuse, dément pour toi. As-tu pleuré ? T’as-t-on forcé à posé pour le grand peintre ?

Ton âme est triste, Lise. Où est cet amoureux qui assombrit ton regard si profond, si grand, si doux ? Tu songes, tu ressasses, tu enlaces un espoir, un amour, tu rejettes hors du temps tous les obstacles tout en sachant combien tout cela est vain. Tes yeux sont résignés au chagrin, ta bouche espère encore. Dans l’arbre derrière toi, il y a comme des clartés qui me font espérer pour toi une échappée. Je sais pourtant que tu ne pourras jamais t’éloigner du cadre. Tu resteras encerclée entre le paysage de mer et la jeune fille trop blonde et trop sage que Renoir a condamné à l’obéissance. Une enfant ou une femme, ce n’est une image figée, Lise.

Egare-toi, Lise. Prends la fuite.

Publié dans Le quotidien

Sur la route

 

Quand j’habitais à la campagne… Il y a 20 ans. 
forest-217231_960_720
Chaque matin, je vois, selon l’heure à laquelle je pars, marcher le long de la route, pour aller ou revenir, deux femmes. Je  n’ai jamais su où elles s’arrêtaient. Je n’ai jamais pu m’empêcher de les regarder tant elles me choquent et me font mal.
Elle s’habillent de la même façon, portent le même manteau quelle que soit la saison, et se ressemblent. Comme une mère et sa fille. Et c’est sans hésitation ce qu’elles sont.
Je n’ai jamais vu d’autre personne les accompagner. Je ne sais pas qui elles sont. Le parcours est dangereux. Elles doivent avoir une bonne raison pour faire ce chemin, à pied, par n’importe quel temps. Elles paraissent à la fois forcées, résignées, et décidées. Le pas est rapide, le corps penchée en avant, les enjambées larges et lourdes.
Je ne dirais pas que je les ai vues contentes de faire ce chemin, jamais je ne les vois sourire ou parler. Elles font leur « besogne », leur devoir. Elles doivent sans doute rendre visite à une troisième personne : j’imagine la grand-mère de ce trio générationnel, qui les force à venir ainsi chaque matin.
Cela me rappelle bien des souvenirs : Il faut rendre visite à, il faut supporter les remarques de, parce que c’est ta mère, parce que c’est ta grand-mère. Une habitude dictée par le « Il faut / Tu dois »
Tout le parcours de leur vie se fait sur cette route : la journée commence par cette obligation. Chaque journée commence par cette obligation. Et l’intention de toute la journée, tous les jours, toutes les semaines, tous les mois et tous les ans, est donnée. L’intention  de faire son devoir, par obligation. Résignées à ne jamais déroger à la règle de la visite obligatoire du matin. Comment réussir sa vie en posant une intention pareille ? Comment profiter alors du temps partagé ensemble s’il est conditionné par l’obligation ?
Cette route, c’est leur destin, c’est la chaîne et le boulet, le sacerdoce, le karma peut-être aussi.
Qui oblige l’autre ? Qui a énoncé cet ordre ? Qui y mettra fin un jour ? Si la fille porte déjà ( encore) le même manteau que sa mère, gageons que la malédiction ne prendra pas fin. Et si l’on prend en compte l’âge de la fille, gageons que celle-ci n’est pas en mesure de s’affranchir et de fonder sa propre famille.
Et bien tu vois, je peux remercier mon caractère.
J’aurais pu aussi être sur cette route.
images0XAWM2VC
Publié dans Coups de gueule, Le quotidien

2004

arton173689Te rappelles-tu la création des blogs ? Pour moi, cela date de 2004. Il y  avait des blogs sur tout, pour tout le monde , dès le décollage du phénomène. la différence, avec maintenant, c’est que chacun écrivait son ressenti sans se poser la question du « profit ». Aujourd’hui, tu as des tas de blogs avec des publicités déguisées, des concours qui sont des pubs, des articles d’avis qui sont en fait rémunérés. Après tout, pourquoi pas. Chez les autres, ça ne me dérange pas.

Il y a cependant un autre phénomène qui me dérange : la censure intrinsèque. Ce que j’appelle la censure intrinsèque c’est que monsieur X se sent le droit de dire ce que Monsieur Y a le droit ou non de mettre sur son blog. Telle idée, tel sujet est passé au crible du  » il faut »  » il ne faut pas »,  » tu dois,  » tu ne dois pas ». Et après, on s’étonne que dans un pays totalitaire un bloggeur prenne 100 coups de fouet.

L’internet est un espace indéfini et riche. Tu peux mettre ta tente où tu le souhaites et rendre visite à qui tu veux. Si le blog de Machin ne t’intéresse pas, si tel centre d’intérêt te fait marrer et que tu ne te sens pas de connexion avec ce sujet, c’est pas très compliqué, tu te déconnectes. IL n’y a pas à interdire. En fait, tu n’as pas spécialement le droit d’interdire ou de juger même Le blog, tu peux y trouver effectivement de tout. Ton bon sens te permet d’aller là où tu penses que l’information est intéressante ou que le message t’apporte ou te porte.

J’ai connu pas mal de guerres du net : le forum Bidule qui fait la guerre au forum truc parce qu’il a été créé sur le même thème ( mais ne prend pas la place du forum Bidule puisque c’est un espace infini !)la guerre des groupes, la guerre dans les groupes, entre ceux qui pensent que l’on doit et ceux qui pensent qu’il faut. La guere de ceux qui pensent qu’e c’est MAAAAAAAAAAAAAAAAAAL d’afficher des photos de sa vie contre ceux qui aiment partager. La dernière guerre à la mode c’est bien entendu sur le sujet de la bienveillance, de l’empathie et de l’attitude positive en matière d’éducation. A tel point que certains deviennent des dictateurs de la Tolérance ce qui est assez contradictoire : prôner la bienveillance à coups de  » il faut » c’est quand même quelque chose.

Mais pourquoi ? Pourquoi la différence ( d’opinion, de couleur, de vêtement, de religion, de croyance, de médecine, de régime alimentaire …) est ainsi combattue ? détestée ? Parce qu’elle faut peur.

Pourquoi fait-elle peur ?

Parce que la différence c’est être autrement et celui qui est autrement … peut tout simplement être meilleur. Que toi.

Tu es plus fort ? Tu es le meilleur ? Mais alors pourquoi veux-tu absolument que l’autre devienne comme toi ? Laisse l’autre dans sa médiocrité et passe ton chemin.

Si tu veux le changer, c’est qu’il est prend le  » risque » en étant différent d’être meilleur que toi, c’est tout.

Moi ça ne me gêne pas. Sois différent. Et laisse-moi être différente. je ne force personne à être dans ma différence. je me fiche bien d’être suivie. D’être comme les autres. Je suis ma voie.

Ma première des libertés c’est de continuer à croire qu’on peut s’élever, qu’on peut apprendre et que le sens de la vie est dans cette ouverture et dans l’espoir, et dans la persévérance et non dans le renoncement et la stagnation.

A bon entendeur.

Publié dans défi des cent jours, Le quotidien

L’impermanence et l’équanimité

51ojzx2vj8lCette semaine, il y avait un défi sur le thème de l’impermanence. Le fait que les choses ne sont pas là pour durer indéfiniment et qu’il faut accepter leur fin parce qu’elles annoncent quelque chose de nouveau. Le changement c’est al vie. Tu te doutes que je me suis bien marrée : le défi consistait à … désencombrer. LOL PTDR et alii .com

La méthode qui a révolutionné ma façon de faire le ménage le rangement c’est la méthode Flylady j’avais déjà fait la méthode Marie Kondo pour débarrasser la maison de tout ce qui était encombrant : j’ai libéré comme ça la moitié de mon vaisselier dans lequel j’ai pu mettre toutes mes affaires de création. Une chose que j’ai changé et qui fait partie de la loi de l’impermanence, c’est qu’avant j’ai acheté pas mal de choses utiles désormais si j’achète de lutte il faut que ce soit aussi jolie et en général je donne plutôt la priorité aux objets jolis.

Sinon j’essaie de changer des petites habitudes du quotidien qui peut changer beaucoup de choses. Je pense que dans notre comportement il y a des petits trucs qu’on a fait une fois deux fois et qui deviennent finalement une habitude, puis un trait de caractère je suis tout à fait d’accord avec ça par exemple avec les enfants une façon de réagir à chaque fois sur quelque chose qu’ils font et que l’on doit changer. J’essaie d’y travailler tous les jours, mais c’est pas facile.

Le lendemain de ce jour, c’était  la loi de l’équanimité et ça c’est quelque chose de difficile pour moi parce que moi je veux tout le temps tout changer : le fait d’accepter ce qu’on ne peut pas changer et de faire la paix intérieure ça va être très difficile !

Accepter, faire avec… il y a bien des choses que j’accepte sans même chercher à changer comme l’ambiance au travail. mais en général je pense toujours que l’on peut être responsable d’une part de la situation. Par exemple, pour cette ambiance, j’ai été tentée plusieurs fois d’apporter des brioches. Ou l’état de méchanceté de certains élèves, j’essaie de sauver quelque chose. Bref, je ne suis pas passive alors j’attends qu’avec le temps je comprenne mieux cette loi d’équanimité…

Du coup je me suis fait des pages de récapitulation, de tous les défis journaliers pour pouvoir y revenir après le défi…

A suivre !

Publié dans défi des cent jours, Le quotidien

L’émerveillement

16807662_10154506196734482_2420588207232549981_nUne des clefs de la joie et du bonheur c’est de s’émerveiller. Quand tu lis les bouddhistes, les méditatifs, les philosophes, le meilleur moyen d’être heureux ou plutôt de sentir le bonheur c’est de s’émerveiller.  Le bonheur c’ e n’est pas un bilan, ce n’est pas un état, ce n’est pas une finalité, c’est une sorte de constat que tu fais quand tu t’arrêtes deux secondes dans ta vie. Un état. Un état méditatif de pleine conscience, sans calcul.  Et le meilleur moyen de faire ce constat c’est de s’émerveiller. Bon évidemment, quand tu es tordue comme moi tu as d’un coup très peur de tout perdre, alors il faut travailler ta pleine conscience, ne pas penser à la troisième guerre mondiale et à la faim dans le monde, juste profiter. Accepter de regarder comme si c’était la première fois et ne rien calculer par rapport au futur. Juste faire ce constat. C’est difficile. Des fois, le mieux, c’est de ne rien savoir du monde qui t’entoure. ca doit être ce qui pousse à vivre en Hermite. Si tu veux vraiment pratique m’émerveillement, le mieux c’est d’imiter un enfant. Tu prends ma fille cadette par exemple. Ce sont des oooooooh et des aaaaaaaah pour une herbe qui pousse ou un gravier qui brille.

L’argument qui revient souvent dans la bouche de ceux qui ne veulent pas avoir d’enfant c’est  » la vie est tellement moche ». Alors je vais te dire justement, si tu trouves la vie moche, rapproche-toi d’un enfant ou fais un enfant. Tu verras ils arrivent à faire de la vie un truc beau même quand il n’y a rien à regarder. Le spectaculaire en règle générale leur passe au-dessus. Tu es l’idiot qui regarde le doigt, eux ils voient le Nirvana dans une flaque d’eau. Tu n’imagines pas le potentiel de joie que contient un tas de graviers sur une route : les prendre, marcher dessus, les observer, les récolter, les comparer, les regarder au soleil, les aligner, dessiner dessus… Et toi, tu voyais des graviers. Il n’y a pas meilleur méditatif qu’un enfant. Le temps présent seul compte. La pleine conscience c’est sa vie. Et l’émerveillement  est sa seule façon de voir le monde.

Publié dans Le quotidien

Fernando Pessoa

Je te parle dans ma vidéo de bilan des douze jours ( en fait 17 pour le défi complet, je suis en train de rattraper les défis d’ailleurs, que j’avais en retard parce que je n’avais pas le bouquin) d’un  poème de Fernando Pessoa.
ce poème, c’est ce que mon cœur ressentait depuis que j’avais 17 ans. J’étais toujours pensé que l’on me connaissait pur ce que je n’étais pas. J’étais la fille de, j' »étais ainsi, je devais être comme ça, j’avais des étiquettes collées sur la gueule par les autres ( ma propre famille).

Bureau de tabac

                                               Fernando Pessoa.

Je ne suis rien Jamais je ne serai rien. Je ne puis vouloir être rien. Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

(…).

J’ai tout raté. Comme j’étais sans ambition, peut-être ce tout n’était-il rien. (…)

Que sais-je de ce que je serai, moi qui ne sais pas ce que je suis ? Être ce que je pense ? Mais je crois être tant et tant ! Et il y en a tant qui se croient la même chose qu’il ne saurait y en avoir tant! Un génie ? En ce moment cent mille cerveaux se voient en songe génies comme moi-même et l’histoire n’en retiendra, qui sait ?, même pas un ; du fumier, voilà tout ce qui restera de tant de conquêtes futures. Non, je ne crois pas en moi. Dans tous les asiles il y a tant de fous possédés par tant de certitudes ! Moi, qui n’ai point de certitude , suis-je plus assuré, le suis-je moins ? Non, même pas de ma personne… (…)

j’ai fait en secret des philosophies que nul Kant n’a rédigées, mais je suis, peut-être à perpétuité, l’individu de la mansarde, sans pour autant y avoir mon domicile : je serai toujours celui qui n’était pas né pour ça ; je serai toujours, sans plus, celui qui avait des dons ; je serai toujours celui qui attendait qu’on lui ouvrît la porte auprès d’un mur sans porte (…)

Mon coeur est un seau qu’on a vidé. (…)

J’ai vécu, aimé – que dis-je ? j’ai eu la foi, et aujourd’hui il n’est de mendiant que je n’envie pour le seul fait qu’il n’est pas moi. En chacun je regarde la guenille, les plaies et le mensonge et je pense : « peut-être n’as-tu jamais vécu ni étudié, ni aimé, ni eu la foi » (…)

J’ai fait de moi ce que je n’aurais su faire, et ce que de moi je pouvais faire je ne l’ai pas fait. Le domino que j’ai mis n’était pas le bon. On me connut vite pour qui je n’étais pas, et je n’ai pas démenti et j’ai perdu la face. Quand j’ai voulu ôter le masque je l’avais collé au visage. Quand je l’ai ôté et me suis vu dans le miroir, J’avais déjà vieilli. J’étais ivre, je ne savais plus remettre le masque que je n’avais pas ôté. Je jetai le masque et dormis au vestiaire comme un chien toléré par la direction parce qu’il est inoffensif – et je vais écrire cette histoire afin de prouver que je suis sublime.

( ce sont des passages choisi)

Et bien tu sais quoi ? Je me sens grâce à ce défi …