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Projet 52 – 30 semaines

 

Voilà ce que ça donne 30 semaines en 30 photos.

 

Je continue le projet même si c’est difficile de tenir le rythme. je regrette de ne pas avoir le temps de regarder les photos des autres au fur et à mesure. je le fais quand je vais sur la page FB . je lis également les filles que je connais déjà. Au début on se dit  » c’est pas grand chose » mais il faut y penser et c’est déjà beaucoup ! Je ne suis pas certaine de recommencer sous cette forme… mais je vais tenter de finir l’année.

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#projet52-2015, »semaine22, #petit déjeuner

22Je n’ai jamais pris de vrai petit déjeuner étant enfant. En revanche j’aimais préparer le petit déjeuner la nuit à mes grands-parents pour leur faire la surprise. J’avais déjà de gros soucis de sommeil. Je ne dormais que très tard, je lisais beaucoup…

Je me souviens que mon père m’apportait un croissant le matin, et j’aimais bien. Ou quand on prenait la route, vers 10h00 on faisais une halte à une boulangerie. Au collège à 10h00 nous achetions un pain au chocolat pour financer les voyages scolaires.
J’aimerais bien faire des petits déjeuners en famille, sur la terrasse façon  » l’ami Ricoré ». La publicité idyllique, la fausse famille.

Je
Nous ne sommes pas une famille Ricoré, parce que nous ne prenons pas notre déjeuner ensemble. Bébé Comète boit son biberon où bon lui semble, puis elle pique un morceau de gâteau ou de main au lait , ou de brioche à son papa. je prends mon petit déjeuner souvent plus tard, et l’arrache; papa mange le sien sur la route dans la voiture.

Je n’ai pas la culture du vrai petit déjeuner.
En revanche en  vacances, à l’hôtel, je profite de la table mise et du buffet illimité : des fruits, du muesli, des yaourts… J’adore. cela me rappelle les brunchs allemands, quand j’ai passé 15 jours chez une amie il y a très longtemps.

Le petit déjeuner chez les autres, c’est le meilleur. Rien à voir avec l’esprit de famille.

Un truc qui me vient souvent à l’esprit quand je pense au petit déjeuner, c’est un sketch qui me faisait beaucoup rire il y a quelques années.

C’est sans doute la convivialité la plus artificielle, le petit déjeuner, parce que je ne supporterai pas qu’on débarque chez moi à l’heure du petit déjeuner.
D’ailleurs pour tout te dire, j’ai fait ma crâneuse pour cette photo : j’ai fait de vrais croissants.

Sauf qu’il sont surgelés.

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#projet52-2015 #la nuit #semaine 20 et une année en douze thème mois de mai

20

La nuit, je dors. Enfin j’essaie, quand Bébé Tornade et Bébé Comète me le permettent.
La nuit, je rêve. Je lis aussi.

La nuit des fois j’ai des insomnies et je refais le monde.
La nuit, je dessine, j’écris, moins qu’avant. Parce que mon travail fait que je tente de me coucher tôt. Mais quand je me réveille dans la nuit et que je n’arrive plus à dormir, j’aime bien écrire ou colorier.

La nuit, surtout, je vais danser.

J’ai commencé à prendre des cours de salsa en janvier 2012. J’avais essayer avant en 2003 et en 2005, dans des salles de sport. Mais les personnes qui fréquentent ce genre de cours n’allaient pas  » en soirée ». Or, si tu veux progresser en danse sociale il faut  » pratiquer ».

Avant tout cela, j’ai fait une douzaine d’années de danse classique, et j’ai été forcée d’arrêter suite à un accident de dos. Après mon opération j’ai fait du flamenco et j’aime beaucoup, mais il n’y en a pas au Mans. En janvier 2012 j’ai décidé de reprendre la salsa et de commencer la Bachata.

Mais j’ai aussi découvert la Kizomba, le Kuduro, le Chacha etc.

Je me souviens des premières danseuses que j’ai admirées : la fille de mon second prof qui mettait des bras partout et dansait avec élégance, avec des tours nickel. Une blonde aux cheveux longs. Une brune aux cheveux courts et frisés à Mexico qui regardait les gens en dansant, avait de la tenue, comme en représentation. Ce que j’ai toujours visé c’est un mélange des deux : savoir caler des bras, avoir un beau port de tête et tourner parfaitement tout en suivant le guidage et la musique. . Ce sont ajoutés la passion des shines et les jeux de pied, le lady styling . Il y a toujours à améliorer.

Ma motivation première était de sortir de chez moi, la seconde de me changer les idées car j’étais à nouveau très malade, et la troisième de renouer avec la danse qui avait eu une part très importante dans ma vie et à laquelle j’avais renoncé bien malgré moi.

Je pourrai écrire des heures sur le danse, la salsa, ce qu’on ressent, ce que ça apporte, les difficultés …

J’ai écrit une nouvelle sur la danse classique dans Les voies détournées et une autre sur la salsa dans Cruautés.

Pour résumer rapidement, je peux te dire que tu ne pourras plus t’en passer si tu essaies car c’est une activité qui vide la tête et dans laquelle on peut toujours chercher à progresser. J’ai fait un constat étrange : beaucoup de personnes viennent suite à un divorce, un décès, une maladie…Paradoxalement, peu de couples se forment alors que beaucoup viennent également trouver quelqu’un.

Tu feras pourtant beaucoup de rencontres, mais comme partout, il y a de bonnes rencontres et de mauvaises. Oui ça jacasse fort sur tout et tout le monde, alors que personnellement je viens pour danser donc j’ai peu de temps pour discuter, à part dans les soirées  » à domicile » où je suis avec les personnes qui vont aux mêmes cours que moi.

Au début, la proximité physique peut te gêner, car tu vas toujours changer de partenaire, même pendant les cours. Au bout d’un moment on finit par ne plus faire attention. Bizarrement, cette proximité me gêne à nouveau depuis la naissance de mes filles. Mais de festival en festival, tu croises forcément des gens que tu connais déjà, et l’ambiance étant en général bon enfant, sans ambiguïté, tu vas oublier tes a priori. D’ailleurs tu viendras apprendre une danse et puis au final tu en apprendras 5 parce que tu voudras danser avec le plus de personnes possibles et le plus de temps possible.

Ce monde de la danse sociale forme une micro-société où tout le monde connaît quelqu’un que tu connais. Ca fait un peu « secte », on a nos propres stars ignorées du commun des mortels, mais c’est comme pour tout sport peu médiatisé.

Ce qui est particulier avec la danse sociale c’est que cela se pratique la nuit, à deux, et entre homme et femme. Du coup, cela n’a pas « l’allure du sport » mais plutôt l’allure d’un univers de discothèque, alors que ce n’est pas le cas. Mais il est vrai que tu n’iras pas danser en pyjama, tu vas mettre ta plus belle tenue. Il y a des soirées à thème, et ce sont des danses qui mettent la femme en valeur, et l’homme aussi, il y a forcément un jeu de séduction, puisque le partenaire répond à la danse de l’autre, et que si tu prends la rumba par exemple, c’est clairement une  » parade sexuelle  » qui s’opère, aux origines. Maintenant c’est devenu un jeu.

Si ton mari/ami ne danse pas cela peut en effet créer des tensions, mais chez moi ce n’est pas le cas parce qu’il sait que je m’entraîne à la maison, que je me documente, etc. Moins maintenant, mais au début comme j’avais commencé en milieu de saison j’ai beaucoup travaillé. On prépare une chorégraphie de fin d’année par exemple, et on répète souvent. Je pense que c’est pour cette raison que les personnes qui viennent «( et restent) avec pour seule ambition de rencontrer quelqu’un sont peu nombreuses. La salsa par exemple est une danse bien trop exigeante pour quelqu’un qui pratique  » pour de faux » juste pour rencontrer des gens : tu dois quand même être passionné pour continuer. Surtout les garçons qui doivent gérer leur corps, le guidage, la musique : les débuts sont difficiles, il ne faut pas se décourager.

Comme cela se pratique la nuit, je peux sortir pendant que mon mari garde les filles car il ne danse pas. Les inconvénients, c’est que l’hiver tu as très froid quand tu rentres. Et quand tu es fatiguée tu as peu d’occasion de danser si tu veux te reposer la nuit. Le dimanche après-midi il y a de temps en temps des lieux où on peut danser comme les guinguettes. L’avantage c’est que cela te prend moins de temps sur le reste de ton temps libre. Moi, j’aime bien rentrer tard : je vois des tas de choses qu’on ne voit pas le jour sur la route. C’est mon petit moment de Nature à moi toute seule : je croise des lapins, des chevreuils, des faisans, des hérissons, des crapauds. Et je rentre en regardant les étoiles; Aucune tenue à paillettes ne brille autant que le ciel étoilé. Cela fait partie de mon plaisir.

Des blogs sympas sur la salsa :

Enchufla tout y est abordé même le côté secte.

Ame de danse, le blog d’un ami.

Pour finir voici une des rares vidéos encore en ligne de mon ancien prof, Tinan Leroy.

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#projet52-2015 #àmespieds #semaine21

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J’ai bien compris que tu voulais que je parle de mes pieds, de ce que j’avais à pieds, à côté de moi, sous moi, ou ce qui me chaussait.

Mais tu sais, en ce moment, que ce soit mes pieds ou mon nombril, mon corps ne m’intéresse pas vraiment.
J’aurais pu toutefois filer la métaphore et te dire que cent amants attendaient à mes pieds.
J’aurais pu te parler de mon parquet tout neuf, de ma paire de chaussures à paillettes pour danser la salsa. J’aurais pu te montrer le sable de la plage sur laquelle j’ai marché ce week-end.

Mais dis-moi, est-ce que tu connais quelque chose de plus beau que les pieds d’un bébé ?

Ma fille adorée, je souhaite mettre le monde entier à tes pieds.
Je veux que toutes les possibilités, toutes les vies te soient offertes et que tu n’aies plus qu’à ramasser les fleurs du bonheur, à te délecter de la vie.

Tes petits pieds méritent une myriade de baisers. Et n’oublie pas de prendre soin de tes pieds, afin qu’ils te portent loin .

Je vous laisse, j’ai deux paires de pieds à cajoler.

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#projet52-2015 #girly #semaine18

17Voici ce que j’ai acheté à ma fille aînée ( mais pas encore offert alors chuuuuuut tu dis rien, einh, promis ?) : un bracelet et un collier en perles de bois, motif papillon, rose.

J’ai craqué tu crois ? Ouais, mais elle le demande depuis longtemps.

Cela devrait d’ailleurs rassurer tout le monde sur la féminité acquise ou innée de ma petite fille.

Oui, elle a réclamé des bijoux !

Il y a quelques mois, pour son baptême, elle en a eu de très beaux, en or, que je ne lui mets pas encore par sécurité. Régulièrement nous ouvrons les boîtes pour les admirer et nous attendons ce jour béni où Bébé Comète sera assez grande.

Sa petite copine de 4 ans porte des bijoux et la grande de 9 ans aussi. Depuis toujours, bébé Comète s’exclame et sourit face à mes colliers.

Oui, c’est bien une fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiille !

Quand je lui demande comment elle veut s’habiller le matin c’est alternativement pantalon ou robe . Elle joue à la voiture, aux trucs de gars ( et j’ai toujours acheté de toutes les sortes de jouets, je t’invite d’ailleurs à lire ma chronique Nestlé sur le sujet).

J’aime lui mettre des salopettes et des jeans mais aussi des robes. C’est elle qui choisit.
Mais tu sais quoi? Ouais je suis fière qu’elle aime les  » choupettes » dans les cheveux, les rubans et les bandeaux, et puis les bijoux. C’est quand même mimi tous ces accessoires girly. Hier, elle a montré ses jolis collants rose pétant au monsieur de chez Thiriet ( ah tiens, faut que je t’en cause du Monsieur de chez Thiriet). La semaine dernière elle a fait des tours et des torus dans sa belle rose corail. Ma fille a beaucoup de copain garçons, mais fort heureusement on peut jouer au camion avec une baguette magique !

Pour les achats on ne prenait pas tout systématiquement en fille, car on voulait un deuxième bébé. Il est vrai que pour la cadette on hésite moins et on se lâche sur le rose. Mais je me dis que nous devrions aussi acheter d’autres couleurs. Cela est souvent difficile à cause du marketing. Qui a donc décidé sur le girly c’était PINK ou rien ? Mystère !

Alors tu me connais, j’ai cherché sur le net, et j’ai trouvé cette très belle chronique que Philippe Vandel : oui, le bleu est la couleur de la Vierge Marie. Quand un enfant était sauvé on lui faisait porter pendant sept années. Mais pour la suite, à savoir que le rose était une innovation artistique prisée par la Pompadour, je n’en savais fichtre rien. Le rose était avant tout masculin chez les chevaliers ( ça me rappelle une couleur d’équipe de rugby et des fringues d’une certaine marque).

C’est drôle tout ça, parce que NOTRE couleur préférée, à Comète et moi c’est … LE VIOLET !

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#projet52-2015 #entreamis #semaine19

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Cela s’est passé ce matin. Nous prenions tranquillement notre biberon quand Nuga le chat a décidé de nous rejoindre sur le canapé. Elle se frottait contre mon bras, puis la main de bébé Tempête.

Bébé Tempête s’est montrée très à l’aise, pas du tout timide : elle a caressé réellement Nuga de sa petite main.

Eveillée, à presque deux mois, deux mois à peine, ma Bébé Tempête aime déjà les animaux. On sentait que cela lui faisait plaisir de caresser la fourrure de Nuga, doucement, sans tirer.

A t-on l’amour des bêtes dans les gênes ?

Aime t-on naturellement les animaux ?

Déjà une amitié se forme entre ce bébé et ce chat. Sans que l’on n’est rien à faire pour cela.

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#projet52-2015 #casentbon #semaine17

18C’est une de mes odeurs préférés, celle du cacao. Celle du chocolat certes est très bonne, mais celle du cacao est plus profonde. Plus amer. Plus adulte. Plus authentique. Le parfum auquel je suis le plus fidèle en contient, relevé d’une touche de fève tonka que je n’ai jamais réussi à trouver pour la cuisiner.

Le chocolat est l’odeur de l’enfance, comme ce nounours en gâteau au chocolat fait pour ma petite dernière, afin de fêter sa naissance.

Le cacao se tourne vers les adultes, il se boit à tous les âges, mais c’est la recette mexicaine, amer et épicée que je préfère désormais, écœurée par le chocolat espagnole trop épais et trop sucrée et peu séduite par les poudres du commerce.

J’adore aussi le pollo poblano ( ou molle poblano) goûté au Mexique il y a bien dix ans de ça. J’ai réussi à en refaire l’an dernier avec une préparation spéciale ( mais je me suis arrachée les papilles).

Bref, tu l’auras compris, moi si ça sent ben, c’est que ça se mange.
Même le parfum que je préfère est emprunt de vanille, de cacao, de truc qui se mange. Tiens d’ailleurs la vanille, c’est pareil, je la préfère plus amère. C’est comme si, pour le cacao et la vanille il y a avait un versant féminin, enfantin, écœurant et un versant masculin, mature, profond. A manger, j’aime les deux. A sentir, je n’aime que  l’authentique.

Alors voici la recette qui sent bon et qui me vient d’une amie mexicaine:

Tu fais fondre du chocolat noir très très noir genre 90 % de cacao.

Tu ajoutes le lait ( tu peux mettre aussi un peu de crème liquide mais bon…)

Tu ajoutes des épices : cannelle, piment rouge, vanille, poivre noir ( trois fois rien surtout !)en ce qui me concerne.

Tu peux aussi mettre de la muscade.

Et voilà.

Tu sucres si vraiment c’est trop amer pour toi.

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#projet52-2015 #partieducorps #semaine15

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Voici pour moi la partie du corps qui représente vraiment pour moi la perfection de la nature. Une oreille. Bon, certaines oreilles sont laides, mais celle de ma fille est parfaite. Oui je sais on n’est pas modestes. Cette oreille rappelle a beauté et la finesse des coquilles nacrées des escargots; cette oreille a un lobe superbe; Cette oreille est tendre comme une madeleine et a l’odeur de l’abricot. cette oreille, je la croquerais mais je sais qu’elle lui ai indispensable. Cette oreille, mon chef d’œuvre.

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C’est dans ma nature, mais c’est en voie d’extinction #projet52 #manature #semaine16

16Si tu regardes le blog tu as vu que j’avais rebloguer l’anecdote du collègue blogueuse et que j’avais commenté.

Alors voilà, je vais te dire ce qui, en ce moment, me turlupine ( ouais me casse les couilles quoi).

En fait, c’est pas en ce moment, c’est l’histoire de ma vie ( arrête de chanter le roi lion, bordel !)

En fait, normalement, je ne suis d’un naturel gentil et serviable, communicatif.

Normalement, parce que je me rends compte que plus le temps passe et plus je me referme sur moi et je deviens agressive. A force.
A force de quoi? A force d’en prendre plein la gueule.

Donc, naturellement, je vais vers les autres, je leur parle, même si je ne les connais pas, un peu comme Jacques Prévert, mon idole. Je peux facilement lier connaissance avec quelqu’un dans un bus ( je m’étais fais une amie à Reims comme ça) dans une salle d’attente ( un mec à Bobigny comme ça), en regardant une vitrine de chocolatier ( une famille avec qui on a bien ri à Dijon). Mon grand-père était comme ça. J’ai fait le tour de tous les campings du monde en décryptant les plaques d’immatriculation. Ca partait d’un département et ça finissait en discutions jusqu’à pas d’heure sur la parcelle d’un mec qu’on connaissait pas. Et puis certains sont devenus des amis, les grands-parents  rendaient visite à des gens vus une fois dans un camping. J’ai une amie hollandaise qui date de mes onze ans. C’était au camping de Charleville Mézières. Elle m’a retrouvée sur Facebook il y a un an ou deux.

Ma fille est comme ça. Elle peut engager la conversation avec n’importe qui. Ce qui est embêtant c’est que la plupart des gens pense que tu as une idée derrière la tête, une arrière-pensée, que tu tentes de les embrouiller. On nous demande de quoi on se mêle, on nous trouve intrusif. Un jour j’ai gentiment dit à un papa que sa fille devrait enlever son manteau, il ne m’a même pas répondu, ni regardé , en face. Il a laissé sa fille avec son manteau s’engager dans les jeux du magasin orchestra. Elle est restée coincée et si tu connais les jeux orchestra tu sais que si t’es parent tu n’iras pas facilement monter dedans. C’est impossible. Mais bon, einh, après tout, je donnais juste un conseil, et  » chacun sa merde ».

Moi, ça me fait mal au cœur quand un garçon de sept ans demande à ces copains ( ou une petite fille peu importe)  » Mais qu’est-ce qu’elle veut? » en parlant de Bébé Comète. J’ai vraiment très très mal au dedans car ma pauvre chérie va vivre bien des déceptions. Elle arrive toute guillerette, prête à jouer et discuter et paf, elle tombe sur quelqu’un de méfiant. Mais être méfiant à sept ans, Est-ce bien naturel ? Notre société est-elle à ce point pourri qu’un gamin de sept ans s’attend à être raquetée par une petite de deux ans ?

Quand tu rends service à quelqu’un ou que tu lui parles sans le connaître, dans sa tête il se dit  » ça cache quelque chose » et  » elle va me demander un truc en échange ». Il y a forcément une  » intention » derrière. Ben non, pas avec nous. Nous c’est naturel.

Mais il y a tous tes gestes et tous les mots qui peuvent y passer.  Tout dans la vie peut être interpréter avec des « intentions » auxquelles tu n’as pas pensé. Tu as vu mon selfie, c’est juste un selfie ( j’en fais peu finalement) d’une journée au soleil, un moment agréable que je partage avec mes amis. L’odeur de l’oranger du Mexique enfin fleuri, le soleil sur la terrasse. Et bien tu sais quoi ? Il y a bien la moitié des personnes qui regarderont cette image et y verront une mauvaise intention. Tout est affaire d’interprétation, de détournement, et surtout de conditionnement. J’avais adoré lire dans les Quatre accords toltèques que si tu critiques quelqu’un auprès d’une autre personne, même si cette critique est infondée la personne qui l’aura entendu trouvera un fondement à cette critique, parce qu’elle cherchera une justification. Elle se mettra alors à tout interpréter de travers pour justifier cette critique parce que pour elle « il n’y a pas de fumée sans feu ». C’est ainsi également qu’on devient comme on nous critique : si tu dis « il est méchant, il est intéressé, il … » tu encourages la personne à être ainsi.  Mais bon, au final, je ne suis devenue aucune des choses qu’on me reproche, je dois être plus forte que je ne le crois.

Ce qui est fort dommageable, c’est que même dans un contexte où rendre service est naturellement accepté, ou plutôt  » partager » est normalement de mise, tu peux t’en prendre plein la gueule.

Je parle par exemple des milieux associatifs.

L’association est un regroupement de personnes mais n’appartient à personne. Quand tu fais une action dans une asso, c’est pas pour rendre service à quelqu’un ( pas même au président) c’est pour le bien de la communauté, pour le bien de cette entité abstraite qu’est l’association. Et bien, dans ce cadre précis j’ai déjà vu mon aide être refusée parce qu’on s’imaginait je ne sais quoi : voulais-je demander un truc en retour ? Me rendre indispensable ? Prendre le pouvoir ? Je ne sais pas.

Pour moi, c’est trop tard, le mal est fait. Je suis en train de me refermer sur moi, d’être trop blessée pour continuer à aller vers les autres, à part dans mon fameux groupe de foldingues du papier. C’est un groupe Facebook avec des filles qui ont souvent le même profil que moi. Elles sont si gentilles que tu te demandes en effet  » mais pourquoi ? » comme au mois de Mars quand elle se sont fait un groupe secret pour organiser chez moi une arrivée dingue de lettres et de cadeaux pour la naissance de ma fille ( cf. photo). C’est le seul groupe dont je fais partie sans me poser mille et une questions sur ce qui peut bien se raconter dans mon dos. Auparavant je n’ai jamais été acceptée dans un groupe. Je me souviens de mon arrivée à la maternelle à 4 ans. Un désastre. Ma mère a eu la bonne idée, quand j’avais 3 ans, de venir me reprendre et de me mettre à l’école qu’un an après. Les groupes étaient formés j’ai été exclue d’emblée.

Il y a les groupes qui se forment devant toi sans toi, ceux déjà formés et où tu n’ai pas accepté. Après, je vais te dire, un groupe, c’est jamais qu’une façon de gommer les individualités et faire partie de la masse rend con. Il suffit de lire Germinal pour le comprendre. Heureusement j’ai passé l’âge de réellement faire partie d’un groupe comme les ados. Mais c’est tout de même un bilan fâcheux que je fais là.

Sans doute ai-je des torts, mais encore faudrait-il les connaître. Ou qu’ils soient fondés. L’an dernier deux de mes amis m’ont alertée sur le fait qu’on me calomniait au sein d’un groupe dont nous faisions partie. Or, les personnes qui calomniaient ne me connaissent pas. Nous n’avons jamais eu une seule conversation ensemble. Mes deux amis, sans se concerter du tout m’ont dit  » s’ils savaient qui tu es et ce que tu vies ils se rendraient compte combien tout ce qu’ils racontent c’est des conneries ». Ils sont trop gentlemen pour me dire ce qui se raconte mais une chose est sûr, ils n’inventent pas. Le mal est fait : je ne chercherai pas à m’intégrer davantage. Je n’ai pas à changer pour eux.

16bis

Pour moi c’est trop tard : j’ai envie de mordre plus souvent que je ne veux sourire et embrasser. A chaque fois je vais vers les gens la fleur au fusil. Faut dire qu’en étant celle qui arrive, qui a déménagé, tu as intérêt à être avenant et à aller causer sinon on te laisse dans un coin ( arrête de chanter Dirty Dancing, bordel). Mais j’ n’irai plus vers les gens.

Pour moi c’est trop tard, je vais déposer les armes et les laisser faire avec leur méchanceté, leur méfiance, leurs critiques par derrière, qui m’ont été rapportées très souvent par d’autres. Avec leur gueule de travers et leur regard de biais. Avec leur air entendu quand j’approche.

Dans ma vie j’ai connu des tas de gens comme moi, quand même : les parents d’un élève de cours particulier, le prêtre qui m’a soutenue enfant, ma meilleure amie …

Ce qui m’inquiète c’est ma fille : va t-elle trouvé des gens comme elle ? Aura t-elle un  » Père Vincent » à qui se confier ? une meilleure amie ? Elle commence à me parler de machin son  » copain » ou de Bidule sa  » copine ». Elle va faire  » la dame du ménage » faire un bisou, elle s’attache aux gens facilement.

Elle va en prendre plein la gueule.

Déjà un jour, sur le parking du supermarché je n’ai pas pu me retenir, je lui ai dit que la  » dame » de la voiture à côté en avait rien à faire d’elle, et qu’elle tirait la tronche et qu’elle était laide comme un pou et méchante. La dame, elle n’avait même pas répondu au bonjour de ma fille, alors sourire c’était même pas possible d’y compter. On passe notre temps à dire bonjour à des gens qui ne répondent pas. Je me suis pris tellement de vents que j’ai décidé l’an dernier d’arrêter de dire bonjour en premier. Maintenant ce sont eux qui me disent  » et bien tu ne dis pas bonjour ». Ben non, je ne dis plus bonjour, parce que j’en ai ras le cul d’être la conne de service. Vous allez me dire  » tu te victimises » mais ce n’est toujours pas moi ou ma fille qui avons rendu la société ainsi, nous n’avons jamais abusé de la gentillesse des gens. Ils sont devenus ainsi par éducation le plus souvent. On dit aux enfants  » ne parle pas aux inconnus » . Certes, il ne faut pas s’approcher des inconnus. Mais dire bonjour de loin au voisin qui jardine, ce n’est pas dangereux. Le jardin est plus passionnant que nous, nous l’avons compris hier, le voisin n’a jamais répondu à ma fille. Peut-être a t-il peur qu’elle l’enlève ?

Evidemment après l’alerte enlèvement d’hier, et les autres, on se dit qu’il faut enseigner aux enfants la méfiance. Mais ça fait mal au cœur.

Ma fille, tu vas au-devant de bien des blessures. Tu aimes trop aimer les gens.

Je suis triste.

Alors je vais me saouler de gentillesse dans mon groupe de planeuses folles. Je prépare des colis pour ma meilleure amie ou d’autres personnes. Et le reste du temps, je reste dans ma bulle. C’est pas comme ça qu’on va changer le monde mais le monde m’a usée.

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#projet52-2015 #surmaroute #semaine13

13Sur ma route : évidemment, on ne peut que se mettre à fredonner la chanson de Raphael ou bien celle de De Palmas, c’est selon. Je ne connais pas Black M.

Sur ma route : cela évoque le chemin, la route parcourue, dans la vraie vie quand on marche ou métaphoriquement, pour représenter justement le parcours de la vie. cela représente aussi ce qu’on trouve par hasard sur son chemin, et avec lequel il faut voyager ensuite. Bon ou mauvais événement.

Sur ma route : cela m’évoque un très beau poème que ma dame du caté avait sur son mur sous forme de tableaux quand j’étais petite, un poème que j’ai voulu citer à la fin du livret de baptême de ma fille aînée dernièrement. D’ailleurs je n’ai pas bien compris pourquoi le prêtre trouvait cela inapproprié au baptême, alors qu’ils veulent toujours nous imposer des textes sur la mort aux baptêmes, et que clairement dans ce texte personne n’est mort.

Une nuit, j’ai eu un songe. J’ai rêvé que je marchais le long d’une plage, en compagnie du Seigneur. Dans le ciel apparaissaient, les unes après les autres, toutes les scènes de ma vie.

J’ai regardé en arrière et j’ai vu qu’à chaque période de ma vie, il y avait deux paires de traces sur le sable: L’une était la mienne, l’autre était celle du Seigneur.

Ainsi nous continuions à marcher, jusqu’à ce que tous les jours de ma vie aient défilé devant moi. Alors je me suis arrêté et j’ai regardé en arrière. J’ai remarqué qu’en certains endroits, il n’y avait qu’une seule paire d’empreintes, et cela correspondait exactement avec les jours les plus difficiles de ma vie, les jours de plus grande angoisse, de plus grande peur et aussi de plus grande douleur.

Je l’ai donc interrogé :  » Seigneur… tu m’as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie et j’ai accepté de vivre avec Toi. Mais j’ai remarqué que dans les pires moments de ma vie, il n’y avait qu’une seule trace de pas. Je ne peux pas comprendre que tu m’aies laissé seul aux moments où j’avais le plus besoin de Toi.  »

Et le Seigneur répondit :  » Mon fils, tu m’es tellement précieux ! Je t’aime ! Je ne t’aurais jamais abandonné, pas même une seule minute ! Les jours où tu n’as vu qu’une seule trace de pas sur le sable, ces jours d’épreuves et de souffrances, eh bien: c’était moi qui te portais.  »

Ademar de Barros

Sur ma route : aujourd’hui sur ma route il y a deux petites filles, Bébé tempête et Bébé comète. Je me fais l’effet d’être là à les porter quand elles traversent des moments difficiles, comme le fait Dieu pour un croyant, mais en beaucoup plus physique. Et puis je me dis aussi qu’elle s sont là à me porter quand je trouve la vie vraiment moche, les hommes vraiment pourris, mon passé vraiment nul. Mais je ne les ai pas trouvées sur ma route, elles sont ma route. Il a fallu tout ce chemin parcouru pour les avoir, il a fallu bien des embuches, des demi-tour, des bifurcations, pour les avoir. Il n’y a rien de hasardeux dans le fait de les avoir eu. Je ne les ai pas trouvées sur le chemin, j’ai creusé mon chemin comme on creuse le route du chemin de fer dans une plaine ou une montagne sauvage. Il a fallu travailler, se battre, souffrir. Maintenant qu’elles sont là en revanche, nous ne savons pas ce que l’on trouvera sur notre route. Mais nous serons ensemble à marcher. Parfois, souvent je les porterai, parfois c’est elles qui me porteront. Et nous ferons route ensemble, elles sont ma route, parce que la route c’est un destin, mais que le destin n’est pas écrit à l’avance, le destin, c’est le chemin que l’on fait soi-même et qui part dans une direction car nos actes futures sont la conséquences de nos actes passés. Ma route n’est pas une fatalité, elle n’est pas dessinée à l’avance. Ma route, c’est mon œuvre. Si quelque chose est écrit, c’est moi qui l’ai écrit. Bien sûr, je peux penser que Dieu a voulu que ce soit si compliqué, si difficile. Pourquoi pas. Mais c’est moi qui ai décidé de prendre certaines décisions qui m’ont permises de réussir par exemple. Dison qu’il y a des éléments qui sont jetés sur ma route sans que je n’y puisse rien, mais c’est moi qui fait ou non le chemin. Dieu fait le paysage, je fais la route.