Publié dans apprendre, Avant t'avais des principes..., Coups de gueule

La mauvaise éducation

Tu sais, quand tu as des enfants, tu prends conscience que l’éducation que tu leur donnes peut devenir source de conflits. Tout le monde semble croire qu’il a son mot à dire, son conseil à prodiguer, son  » il faut, tu dois » à asséner. Tu as les parents des enfants du même âge, qui savent mieux que toi.

Tu as les parents des enfants plus âgés qui te disent » crois-en ma propre expérience », tu as la maîtresse (nous elle nous fout la paix heureusement), la nounou,  les institutions, les émissions, les mamans blogueuses ( oui, oui, tu sais, ces fameuses mamans qui te vendent des programmes d’éducation à 800 boules), tu as des pédapsychomachins, qui te disent  » crier, taper c’est pas bien mais je n’ai aucune solution alternative à vous fournir ». Ce qui est bien aussi, c’est que tu as tellement de bouquins, que tu peux te faire ta propre idée. Des émissions télé aussi, des sites. Au début, tu vas tout écouter, tu vas engranger des informations. Tu veux tout faire trop parfaitement.

Tu regardes mêmes les vidéos très agaçantes de Filliozat.

Tu en as même qui te disent que ça va être gratuit et en fait c’est 95 euros ( je ne sais pas si c’est bien, mais je te donne quand même la vidéo)

 

Et puis il y a un paramètre qui va s’imposer à toi, plus que les autres : la personnalité de ton propre enfant. Tu découvriras même que tu n’éduques pas exactement tous tes enfants de la même façon, parce qu’ils n’ont pas les mêmes personnalités, ne font pas les mêmes erreurs, n’ont pas les mêmes penchants naturels. Non, avec le deuxième ce ne sera pas facile. T’avais prévu de ne pas crier mais quand tu peux même pas aller faire caca tranquille en trois jours, ben tu cries.

 

Enfin, à tous ces paramètres s’ajoutent les éléments essentiels qui feront ta propre tolérance et tes propres propriétés : tes valeurs. Et ces valeurs elles se sont construites par ta propre expérience d’enfant, de par l’éducation que l’on t’a donné ( en contre également) de par tes expériences de vie, tes erreurs, leurs conséquences, ou tes voyages, ton ouverture d’esprit aux autres cultures. Par exemple, si tu es allé en Amérique latine, tu auras remarqué que l’heure du coucher n’est absolument pas une priorité dans ces pays. Chacun, enfants compris, se couche à l’heure qu’il veut. Le rythme se prend naturellement ( l’école commence à 7h40 au Mexique par exemple), l’après-midi peut être consacrée à la sieste ( pas de cours) et la soirée à ce qu’on veut ( il a fait souvent trop chaud en journée).

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Ce que tu dois retenir au final, c’est ce sont tes enfants et qu’il n’y a que deux parents. Grand-parents, cousins, copines, tatas, nounous, ou je ne sais qui ne sont que des AUTRES qui n’ont qu’une mission : accepter tes principes à toi d’éducation. Personne ne doit avoir le droit de venir ramener sa fraise. Tu fais du mieux que tu peux, c’est le plus important. Nous faisons du mieux que nous pouvons, c’est ce que j’ai répondu à la personne qui a osé me dire que mes filles étaient mal éduquées. Je cite  » il faut un minimum d’éducation quand même » et  » quand on a des enfants on les assume ».
Je te place le contexte : Mes filles, après avoir fait 4h30 de voiture la veille, s’être couchées à minuit passé pour voir un feu d’artifice , avoir passé ensuite une journée entière à marcher, faire des jeux, faire deux parcours d’accrobranche ( oui, la petite de deux ans aussi), avoir déjeuner le midi au restaurant, pris une douche en quatrième vitesse, avoir zappé donc au final deux siestes… ont dû aller au restaurant le soir.

Le midi, nous avions déjà été dans un restaurant. Tout s’était très bien passé, chacune était restée assise à sa place le temps de prendre son plat, entre les plats nous les avons laissées marcher et jouer, et regarder les papillons. A la table voisine, il y a avait trois enfants qui ont vite rejoint les nôtres, à notre table et derrière notre table. Il faisait froid à l’ombre, on avait regroupé tout le monde au soleil, nous tous, les parents des 5 enfants, nous avons surveillé la marmaille. Une maman a d’ailleurs demandé à ses filles de jouer avec ma grande, elle a même autorisé ma grande à descendre avec ses filles l’escalier pour jouer dans l’herbe, et j’ai surveillé son petit et je vais te dire, avec toute la souplesse des parents qui gèrent des gamins au restau, personne ne s’est offusqué des interventions de l’autre parent. On a géré, et merci à ces inconnus qui ont joué le même jeu que moi, à savoir : assurer la sécurité des enfants et leur confort. On a passé un super moment. Nous nous sommes remis à table sans cri ni pleurs, pour  déguster nos glaces, et nous avons dit au revoir à ses amis inconnus qui comme nous, ont des enfants vivants.

Après, nous avons fait de l’accrobranche, une promenade dans des pierres ( les pierres jaumâtres) et puis encore de l’accrobranche. La petite était tellement fatiguée qu’elle ne tenait plus sur ses jambes. Mais le soir, nous étions invités au restaurant. La grande est restée assise pour son repas. La petite en avait ras le casque est n’est pas restée en place. Habituellement le soir, elle ne prend qu’un biberon alors le coup de la crêpe garnie n’est pas passé. Elle ne voulait pas être assise, il n’y avait pas de réhausseur, les coussins la gênaient, elle a jeté un couvert, elle ne voulait rien manger. Et puis elle a crié aussi, et puis elle pleuré. Bref, un enfant de deux ans qui en a ras le bol et veut dormir. Je l’ai donc emmené se promener et prendre son lait dans un espace vert à côté, on est allé regarder les fleurs,  je l’ai accompagnée dans ses envies, parce que c’est un enfant de deux ans et que ses besoins passent avant tout, c’est le meilleur moyen pour moi d’arrêter la crise, et celle-ci me semblait sincèrement justifiée.

Tu me diras  » Mais pourquoi avez-vous accepté l’invitation » ? Pour ne pas vexer les personnes auraient été blessées qu’on dise non. Il y a des cas où tu ne sais plus à qui faire plaisir. Tu vois, à l’avenir je saurai : mes filles seront désormais la priorité. Donc tu as raison, on aurait dû refuser. La petite a donc monopolisé toute mon énergie et mon attention, et j’ai réussi tant bien que mal à manger. La grande quant à elle a voulu sortir de table et… Jouer avec un bébé de 12 mois environ, une petite fille. Parce que ma fille avait fait ça le midi, parce que c’est toujours comme ça au mac do par exemple, parce qu’elle aime aider les petits, parce qu’elle est d’un naturel avenant et aime discuter, parce que c’est une petite fille adorable, en somme. Sur cette terrasse de restau, il y a pas mal d’enfants et une fumeuse. C’est à ce moment-là que je me suis prise dans la gueule  » il faut un minimum d’éducation quand même. C’est inadmissible, il y a des gens qui demandent à changer de place à cause des enfants, ça dérange tout le monde. Quand on a des enfants on les assume. Je suis vraiment en colère ».
Alors je vais être très clair. Moi aussi je suis en colère et j’ai été bien gentille de ne pas crier. Mais je ne l’ai pas fait pour les adultes, je n’ai juste pas voulu gâcher le reste du séjour à mes filles.  Nous sommes donc rentrées et j’ai passé ma soirée à pleurer.
Oui, j’éduque mes filles, et je le fais comme je l’entends. Personne n’a à me dire comment je dois  éduquer mes propres enfants. Quand on a eu des enfants on a pu faire comme on le souhaitait, la moindre des choses quand on est bien éduqué ( visiblement c’est raté, pour moi il n’y a pas plus malpoli que quelqu’un qui vous sort que vous n’assumez pas vos enfants et qui vous juge)  c’est de se mêler de ce qui nous regarde et l’éducation des enfants qui ne sont pas les siens ne nous regarde pas. J’ai assisté à des scènes mémorables de gamins en crise avec des parents dans la merde jusqu’au cou, eh bien c’est comme ça, chacun fait comme il peut.

Mes filles ne sont pas des sauvageonnes,  elles disent  » bonjour », « pardon », merci » , »s’il te plait »,  » au revoir »  » de rien »,  » à tes souhaits », et je n’ai jamais eu à leur apprendre ces règles de politesse qui sont en vérité tout à fait naturels chez nous. Et agréables pour elles. Parce que je ne les ai jamais forcées. Tu forces un gamin à le dire tu peux être certain qu’il va voir ça comme un truc méga chiant et se sentir humilié. Moi, quand on me mettait la honte, j’avais plus du tout envie de le faire; Le pire étant carrément de devancer l’enfant qui allait le faire naturellement.  je me souviens quand cela m’arrivait étant enfant, j’avais des envies de taper. Un enfant n’est pas un chien. On dit bonjour quand on a envie de dire « Passe une bonne journée  » à la personne. Si tu t’en fous tu dis rien. Oui, moi, il m’arrive de ne pas dire bonjour à quelqu’un parce que… j’en ai rien à foutre de sa gueule. Ce qui ne fait pas sens pour moi dans la politesse ne m’est pas important.

Mes filles aident à ranger, mettent la table, la grande range sa chambre. La petite partage son repas avec les autres, elles font des cadeaux, elles écrivent des cartes qu’elles vont glisser dans la boîte aux lettres de leur copine, elles font des compliments, elles sont toujours prêtes à aider, à faire un câlin. Les interdits, chez nous, sont liés uniquement à la dangerosité des situations. Non, elles n’ont pas d’autre interdit, oui je les autorise à sortir de table quand elles ont mangé, et ce sont mes choix. Je ne vois pas pourquoi faire tout un fromage de ça.

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Notre priorité, c’est d’éviter les crises de larmes, les hurlements, les coups. Si intervenir peut provoquer le déluge, je n’interviens pas. Surtout pour une règle de politesse que je ne connais pas. A part s’il existe un danger, ou qu’elles peuvent causer de vrais dégâts ou des vrais désagréments.

Mes priorités se sont l’attention à l’autre, la reconnaissance que l’enfant doit avoir de ce qu’on fait pour lui, et la sécurisation de l’enfant.

Non, j’en ai rien à foutre de savoir si c’est validé par Madame de Rotchild de quitter ou non la table à 2 et 4 ans. Je m’en fous comme de l’an 40 de savoir si le Petit guide la bonne conduite accepte qu’un enfant joue avec un autre enfant au restau. Nous étions gênés par rapport aux parents de la petite,  qui ont répondu à mon mari très sincèrement que les filles ne les dérangeaient pas et que ma grande pouvait rester. OUI, je lui avais dit que je ne voulais pas, parce que j’avais peur que les parents soient contre. Mais du moment que ces parents avaient accepté, je ne voyais pas où était le problème et j’avoue que c’était très mignon de voir la petite faire des pas en dansant avec ma grande. C’était même adorable.  Le midi, nous avions 5 enfants dont 3 pas à nous à notre table et on en a pas chier une caisse, on était contents en fait. Nous les parents, on est HEUREUX de voir nos enfants HEUREUX. Et de voir les enfants des autres heureux par la même occasion.

Je passe 80 % de mon temps avec mes filles. Il faut savoir que toutes nos activités de loisir sont des activités pour enfants. Notre fric ( tu verrais le découvert qu’on se tape d’ailleurs) est entièrement ou presque consacré aux enfants. Comme 90 % des parents, les soldes sont des achats pour enfants. En fait, nous vivons chez nos enfants. La maison est un parc à jouets, un placard entier est consacré aux jeux , un autre aux loisirs créatifs.

Si j’assume mes enfants ? Mais personne ne garde mes enfants pour moi à part la nounou. Je n’ai eu qu’une fois une baby-sitter pour une priorité. Elles ne sont jamais gardées le soir. La grande a dû faire trois séjours chez sa grand-mère à tout casser. Nous n’avons pas une personne à demeure pour préparer les repas, laver et coucher les enfants comme cela peut être le cas ailleurs ( si, si je te jure ça existe ). On est loin d’êtres des assistés de la parentalité. J’ai fait 5 ans de traitements, deux ponctions FIV, une ménopause artificielle de six mois après une opération, j’ai fait une fausse couche, j’ai eu des nausées gravidiques, j’ai failli crever de mes crises d’endo, j’ai vu le fauteuil roulant de près quand Lana avait 5 mois, je me suis occupée des mes filles alors que j’étais en train de crever d’une pneumonie, alors me dire que je n’assume pas mes enfants, c’est plus que lamentable. C’est plus qu’une offense.

j’ai je ne sais combien de bouquins sur la parentalité bienveillante, positive, machin-bidule et trucmuche. En revanche, tu sais quoi, je n’en ai aucun ( c’est un appel du pied aux éditeurs, une idée comme ça) pour éduquer les adultes et leur apprendre à laisser les parents guider leurs enfants comme ils peuvent. Du mieux qu’ils peuvent. En donnant le meilleur d’eux-mêmes. Et nous faisons des erreurs, mais personne ne fera mieux que nous. Parce que personne ne connaît mieux nos enfants que nous. Même Filliozat. C’est ce que j’aurais aimé que mon mari explique à ce cher monsieur. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que ces petites soient heureuses et qu’elles apprennent à bien se comporter, de leur propre chef. Quand ma grande fait une bêtise, elle revient souvent d’elle-même s’excuser quand elle voit les conséquences. Elle répare d’elle-même. Souvent aussi elle n’en est pas capable. Mais tant pis. J’attends qu’elle le devienne. Ça ne servira qu’à la braquer si je l’oblige. Vouloir les plier à des règles de vie d’adulte ne fait pas partie de nos choix, surtout avec des enfants de 2 et 4 ans, fatiguées et privées de sieste depuis deux jours.

Ah, et puis, au fait, un détail comme ça : les personnes qui ont demandé à changer de table étaient très gênées. Par la fumée de cigarette. Quand un adulte se permet de fumer dans un lieu public rempli de gamins, ce ne sont pas les enfants qui sont en tort. Mais le fumeur. Si quelqu’un  venait me dire que mon enfant dérange je lui dirai simplement d’aller ailleurs. Qu’il change de table, je m’en fous.

Nous avions passé une excellente journée, ensoleillée et pleine de rigolades et de découvertes. Je ne vous remercie pas de nous l’avoir gâchée. Heureusement que ma grande n’a rien entendu de vos vilaines paroles à son égard, elle qui était si heureuse de s’occuper d’une petite fille et de prendre soin d’elle . J’ai passé la nuit à pleurer. Ma petite également. Si la bonne éducation c’est pourrir la vie des enfants en les rendant malheureux, les entendre s’endormir avec des spammes du sanglot, je choisis définitivement la mauvaise éducation. 

 

 

Publié dans défi des cent jours, Le quotidien

Jour 1 : les certitudes

Ça y est, je suis dans la saison 2 de mon défi des 100 jours, cette fois sur le thème de l’intuition. Ce premier jour m’a beaucoup parlé, puisqu’il était question des certitudes. Ces certitudes qu’on nous inculque dès l’enfance et même parfois avant même notre naissance. Tu sais, ces petites phrases qui font sentence ou proverbe dans une famille, ces vérités anodines que l’on dit à tout bout de champ et parfois même en pensant que c’est tout à fait gratuit, sans conséquence.

Par exemple, dans ma famille, le travail n’est perçu comme honnête et réel que s’il est lié à une fatigue et une souffrance physique. Inutile de te dire que je suis une grosse feignasse depuis ma naissance. J’ai fait des études et je suis la seule à l’avoir fait. J’aime lire, et écrire, et dessiner. Et le théâtre. Que de choses purement inutiles.

Je ne dis pas que quelque fois cela n’a pas été appréciée, je dis en revanche qu’on a toujours tout fait pour me rappeler que cela n’avait rien à voir avec un  » vrai travail » un travail  » de vrai travailleur  » comme tu peux l’entendre en ce moment à la télévision. Pourtant dans mon travail, on en bave et j’ai vécu de sacrées épreuves en 2005. Etant donné les réactions de ma famille, je suis obligée de taire leurs propos.  Dernièrement, j’ai vécu d’autres épreuves personnelles et honnêtement j’ai préféré ne pas avoir ma famille à proximité : cela aurait été pire. Rien ne compte dans ma vie selon eux, si ce n’est eux. Ils devaient être ma priorité. Je devais passer après eux dans l’ordre de ma vie. Alors pour avoir une vie, j’ai fui.

Et puis, j’ai le malheur d’être fille unique. Sache -le, les enfants uniques sont des feignasses, égoïstes, pourris gâtés, et donc branlent rien. Personnellement je suis devenue individualiste et solitaire par la force des choses. Enfant unique, tu apprends à ne compter que sur toi et à être mis à l’écart. Tes copines préféreront toujours leur frère ou leur sœur. Et toi tu ne connaîtras jamais ça. Donc oui, tu deviens perso parce que tout le monde t’as appris à jouer perso. On ne naît pas enfant unique. On le devient. Et surtout on porte sur soi l’égrégore des enfants uniques : un ensemble de pensées à la con que tout le monde véhicule sans que ce ne soit jamais prouvé. Tu arrives quelque part et paf, tu es catalogué. Tu me diras c’est pareil quand t’es immigré, noir, handicapé… C’est vrai, ce sont les égrégores, çà colle à tout.

Du coup, cela pose des questions sur ce que nous pouvons nous-même véhiculé comme sentences, comme certitudes qui vont barrer la route des rêves de nos enfants.
L’important c’est d’arriver à se démarquer de tout ça. De ne pas se faire enfermer par des paroles et des pensées qui ne sont que des paroles et des pensées.  J’ai longtemps été enfermée par ces paroles, je les entendais résonner dans ma tête plus fort que mes propres pensées. Dès que je faisais un truc en rapport avec ça, j’entendais ces pensées. Ca les faisait grossir encore plus.

Dans le même temps, j’ai toujours entendu dire  » il n’y a pas de sot métier ». C’était une façon pour eux de valoriser les métiers manuels ou ingrats. Et bien aujourd’hui je réponds : non , il n’y a pas de sot métier, et c’est valable pour moi aussi.

J’ai d’autres fausses certitudes ancrées bien profondément, sur l’argent, la santé, le sens de la vie, ce qu’on doit faire, ce qui est important, le sens des priorités , le mal, le bien. Par exemple, dès qu’un événement arrivait, on n’en voyait que les aspects négatifs. En particulier les aspects négatifs concernant le point de vue d’une certaine personne qui ne voyait le monde et notre vie que sur son centre à elle. Qu’on ne vienne pas me parler d’égocentrisme, j’ai vécu avec quelqu’un qui maîtrisait très bien. Tu lui annonçais un truc bien pour toi, si jamais elle pensait que ça allait lui nuire, elle le détruisait à belles dents.

Aujourd’hui j’ai réussi à avoir mon propre système de valeur, être en congruence. Ne pas me laisser parasiter par le système des pensées des autres, qui m’éloigne de moi.  Si tu savais le nombre de personnes qui viennent à moi pour me faire faire des trucs pour eux, à leur place, parce que ça les arrange, et gratuitement en plus.

Je ne veux plus obéir à des gens qui viennent me créer des priorités qui les arrangent et qui viennent me pomper l’air au sens littéral. Ma priorité, je la connais, elle a deux têtes et plein de boucles dans les cheveux. FB_IMG_1490873617427.jpg

 

Publié dans apprendre, Coups de coeur, Coups de gueule, Le quotidien

Mes zèbres sont des enfants comme les autres

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Non, non je ne vous ai pas oubliés ! Ni les fans de planners, ni les amatrices de soupe, et encore moins les fans de méditation. Mais voilà : j’ai une angine très forte, je suis très fatiguée. Et puis tu sais, mes deux filles me crèvent. Je les aime, mais elles sont usantes !!! Ca me fait penser que je voulais te conseiller depuis longtemps un bouquin que j’aimerais lire bientôt si mes filles m’en laissent le temps un jour . Un  bouquin sur les zèbres. Non, pas les zèbres du zoo, mais les enfants précoces, les drôles de zèbres.

Tu as peut-être déjà remarqué que mes filles ne sont pas raccord avec l’âge requis pour les activités. Selon les boîtes de jouets, Comète aurait 6 ans et Tempête 24 mois. Tempête a 19 mois et Comète a 3 ans et demi. Pour Comète, c’est clairement allé en s’amplifiant de mois en mois. Elle évolue par pallier et non linéairement. Il existe aussi des décalages entre ses capacités qui ne sont pas toutes au même point d’évolution, et cela la rend grave en colère.

Je ne me pose même plus la question : sont-elles précoces ? Elles le sont. En tout cas Comète l’est clairement et fortement. Ce que je me demande c’est à quel point, faut-il tester ? Et pour le moment je pense que non, car nous avons une maîtresse qui gère, avec une classe de Maternelles qui mélange les niveaux.

Evidemment tu peux te dire que je vante mes filles, que j’exagère, comme beaucoup de parents, crois-tu qui pensent que leur enfant est très intelligent. En vérité, c’est pas vraiment le problème. Si je le dis, c’est que j’en ai ma claque des jouets reçus dont elles se moquent parce que ce n’est déjà plus de leur âge. J’en ai ma claque des vêtements trop petits parce qu’on a cru que je mentais sur leur taille ( oui elle sont ET précoces ET géantes). Vous pouvez croire que je connais mes filles mieux que vous ?

Le vrai problème ? Ce sont les normes. C’est ce qu’on attend de mes filles, comme on voudrait que mes filles soient. On me dit  » A tel âge on fait ça  »  » on pense ça »  » on ressent ça ». Mes filles n’ont pas de case, n’ont pas d’étiquette. Et je n’en avais pas d’ailleurs. Aujourd’hui j’avoue avoir séché des cours en CE2. J’avoue ne pas avoir fait mes devoirs cette année-là et avoir grugé le maître qui devait vérifier notre cahier de textes que je ne remplissait jamais. M. Beau, je vous ai menti une année entière et vous n’avez rien vu ! Je me suis ennuyée, je me suis cachée. Je n’ai rien osé dire.

Et puis, on n’est pas forcément en avance en tout quand on est très douée quelque part. En 4e je suis devenue archi nulle en maths, sans doute à cause d’un souci de communication avec ma prof. La situation a empiré, alors que j’avais plus de 16 en 5e que j’adorais ça. Bizarrement, en L, je suis tombée sur un peu prof, en hop, j’ai à nouveau adoré les maths, parce que c’étaient des maths qui me parlaient. Avec la prof que je n’aimais pas j’avais 6, et sur le même contrôle de probabilités, le même sujet d’étude, j’avais 19 avec l’autre prof !

Tout ce qui ne passait pas par le plaisir de découvrir ne rentrait pas. Je fonctionnais  » à l’affectif » mais si j’en crois mes dernières lectures, c’est le mode d’apprentissage le plus performant dans la nature. C’est ce qui fait partie de l’instinct. Des lois naturelles de l’enfant et des bébés animaux aussi.

Quand on est zèbre, on avance aléatoirement, anarchiquement, par pallier, sans progression très claire.  On régresse des fois, on gère mal ses émotions, mais une chose dont je me souviens, c’est que les autres te regardent de travers et voient ta différence. Certains l’apprécient et sont tes amis. La plupart te rejette. Tu écris des cahiers entiers de poèmes, tu écris un roman à 8 ans. Il y a même des adultes pour ne remarquer que les fautes d’orthographe. Sérieusement, si un enfant de 8 ans vient vers toi avec un roman qu’il a écrit, ne sois pas con, lis-le et ne regarde pas les fautes. Des fois, je me dis que cela traduisait sans doute un dépassement de la situation, une jalousie. C’était une façon de vouloir me remettre à ma place d’enfant, moi qui n’avait ni le vocabulaire ni les loisirs des enfants. En tout cas, pas seulement.

Ma fille n’est absolument pas rejetée. Car grand bien pour elle, je crois bien que les enfants comme elle sont de plus en plus nombreux.

Tu sais quoi ? Je crois qu’il n’y a plus de norme et que peut-être simplement, il n’y en a jamais eu. Que tout simplement cette répartition en âge est complètement conne. Que les enfants devraient être libres de progresser à des rythmes différents et différemment selon les matières, activités, centres d’intérêt ou de désintérêt. Précoce, pas précoce, ils sont eux-mêmes avec leur personnalité, leurs capacités qui changeront peut-être. Ce que je mets par exemple en place pour les DYS est utile pour TOUS LES ENFANTS.  Ce qu’il faudrait mettre en place pour les zèbres, tel est mon avis serait le BON FONCTIONNEMENT POUR TOUT LE MONDE. OU PLUTOT POUR CHACUN. Tout le monde, cela n’existe pas. Il n’y a que des personnes, pas des groupes. Le concept de groupe n’a d’intérêt en ce qu’il apporte aux personnes, individuellement.

On apprend autant de ceux qui sont en difficulté, une difficulté qui peut devenir une force que de ceux qui sont en avance, une avance qui peut vite devenir un handicap. On est souvent trop intelligent pour être heureux. Ajoutons à cela une multipotentialité souvent partagée par les personnes haut potentiel, et tu comprends pourquoi ces zèbres-là ont bien du mal à savoir qui ils sont. Je suis cotre l’idée de dire qu’ils doivent trouver leur place. Ils en ont plusieurs et notre monde nous amènera à tous changer de place plusieurs fois dans notre vie. Non, ce qu’il faut trouver c’est le moyen d’exprimer tout notre potentiel, dans sa diversité, tout l’éventail des capacités qui nous mettent en joie.

Du coup, je te laisse et je te préviens : Bientôt je te parlerai de ABERKANE et d’ALVAREZ.

Lé révolution est en marche, pour le bien des enfants qui ne sont pas des légos à trier, pas des pièces à mettre dans des cases et pas de braves petits soldats formatables.

Je te bise.

NOËL

PS: ce que je veux dire quand je dis que ce sont des enfants comme les autres ce n’est pas que je veux nier leurs particularités mais que ces enfants ont le droit à une enfance.

Publié dans Le quotidien

Les limites de l’éducation positive

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Tu sais, avec ma grande comète, je fais tout pour mettre en pratique l’éducation positive : je lis des bouquins du genre de Filiozat ou Se faire obéir sans crier.
J’en ai conclu qu’il fallait expliquer à l’enfant pourquoi ce n’était pas bien, lui montrer les conséquences naturelles de ses actes, passer par le dialogue. J’en ai appris beaucoup sur les pulsions, le fonctionnement du cerveau d’un enfant, toujours en perpétuel reconstruction ( un peu comme dans Matrix, tu vois ? ça se ré-agence sans cesse…. ou comme dans Dark City !). Je sais ce qui est physiologique, psychologique, ce qu’il ne maîtrise pas. Pourquoi il se décharge sur ses parents, pourquoi il a des réactions contradictoires comme fuir le parent qui lui a manqué car la charge éotionnelle est alors trop forte pour lui. Bref, je ne regrette pas de tenter cette voie et j’apprends beaucoup, pour mes filles, pour mes élèves également, même s’ils sont souvent déjà trop grands pour qu’on mette en pratique toutes ces choses.
Mais je vais te dire, je tique sur pas mal de points.

Déjà , dans les bouquins ils te disent que si tu es énervée suite à une bêtise tu dois quitter la pièce et non dire à l’enfant de partir dans sa chambre ou d’aller au coin. Que sinon, il dormira mal dans cette chambre-lieu de punition et que le coin ça atteint sa dignité.
Franchement, ma fille, ça n’atteint pas sa dignité et elle préfère y aller seule, au coin. Et puis si c’est moi qui pars, et vais dans ma chambre, comme ils le préconisent, qui surveille la maison ? Qui regarde que Grande Comète ne touche pas aux casseroles de la cuisine, ou ne fait pas de mal à sa soeur? Je trouve que cette fuite du parent est hyper dangereuse.

Ensuite, ils te disent de montrer les conséquences naturelles de ses actes et de ne pas punir. par exemple, si l’enfant ne prend pas de petit déjeuner, de laisser courir, il verra dès le premier matin qu’il a faim et doit attendre longtemps le repas du midi. Que s’il ne met pas d’écharpe il aura un rhume et s’en souviendra. Youpi. Comète joue avec tous les chats, on n’arrête pas de lui dire de faire attention, de ne pas toucher les chats inconnus mais rien n’y fait. Je pense que si j’avais été un peu plus ferme et qu’on avait carrément puni elle ne serait pas fait griffer le visage lundi dernier. Ma Comète fait de graves bêtises, des trucs hyper dangereux, si j’attends les conséquences naturelles c’est la mort assurée. Merci bien.

Et puis, j’ai une copine du net, c’est la femme d’un copain de la danse, bref une fille avec qui je cause que éducation par Facebook et du coup on a des conversations très posées sur le sujet, dénuées de jugement perso sur elle ou moi vu que je crois bien qu’on ne s’est jamais vu en vrai, ou peut-être une fois en soirée. Et l’autre jour, elle m’écrit ça :

L’éducation positive ou bienveillante est plein de bonnes idées c’est incontestable, et des idées qui marchent. Cependant ce qui me gène dans toutes ces méthodes c’est que quelque part le caractère de l’enfant passe un peu à la trappe. Et ses capacités.(mais peut être est ce dans les mauvais exemples que j’ai pu voir). Je m’explique : c’est très bien de verbaliser, d’expliquer à l’enfant, mais il faut rester dans un niveau d’explication qu’il est en capacité de comprendre en fonction de son âge et de sa maturité, vouloir le faire grandir trop vite à ce niveau là me semble un mauvais calcul, si on lui en demande trop on le met en situation d’échec. Et puis il y a ceux à qui on dit une fois que jouer dans la poubelle n’est pas une bonne idée et qui n’y touchent plus et ceux avec lesquels la poubelle finit dans un placard fermé à double tour. Et enfin, ne pas oublier les limites de l’enfant est primordial mais il ne faut pas oublier ses propres limites à soi en tant que parents ! Et ça l’ enfant si on lui explique comprend assez bien ce qui n’est pas synonyme d’être d’accord.

Je trouve que ma copine  a bien résumé. Ma fille a tout à fait compris les interdits, mais elle s’en moque. Elle se moque même des conséquences, la griffure la fait rire. Car heureusement elle n’a pas eu un œil touché. Elle n’est pas capable de COMPRENDRE la gravité des conséquences possibles aussi bien qu’un gamin de 15 ans ne comprend pas que son exercice non fait engendrera à court termes des lacunes qui seront préjudiciables sur ses apprentissages à moyen terme, entraînant, dans le long terme, son échec au bac et donc de sa future carrière de jenesaisquelprojetambitieux. Le mec qui fume, il le sait qu’il y a des conséquences néfastes, non ? Bon, alors comment veux-tu raisonner un enfant de deux ans si le mec de 40 piges n’est pas raisonnable ?

En attendant, je suis toujours les conférences de Filliozat, les fiches de Camille et Olivier.  Et puis Maman Zen qui est adorable. Franchement à chaque fois, je me rends compte que naturellement nous avions avec mon mari une éducation bienveillante et positive, mais que naturellement Comète a un caractère qui fait que ça ne suffit pas. Point. Est-ce dû à sa précocité ?  Exemple de précocité: dire que les volets roulants c’est  » merveilleux » et allez dire au mec qui les a installés  » c’est incroyable, je vais mieux dormir, et ça se ferme tout seul ». Sans même que l’on ait formulé la chose, sans qu’on ait montré que la nuit dans sa chambre serait de meilleure qualité ( plus de faux jour).

Alors, tu vois bien qu’elle comprend les relations de cause à conséquence avec son volet roulant ?

Concernant sa fourchette au sol et ses tapes sur sa sœur, elle s’en moque. On faisait les choses bien, dès le décollage, souvent on te dit que l’éducation bienveillante est longue à mettre en place quand on  a fonctionné autrement dans la famille. Ici, on a toujours fonctionné ainsi, et ce n’est pas mieux !

On ne va pas passer à l’autoritarisme forcené, mais bon, voilà, on est souvent assez démuni.

Si tu as un avis sur la question, exprime-toi dans les commentaires !

 

 

 

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Malala, la petite soeur

Malala-Quote-10_10-TwitterOn ne présente plus Malala, mais peu de personnes ont écouté ou lu son discours quand elle a obtenu le prix Nobel de la paix. Je me permet ici de te le cite, pour que tu te rendez compte combien cette gamine est pleine de sagesse. On grandit vite sous les balles, et sous la méchanceté, sous la torture et sous la dictature, sous l’oppression, malheureusement.

« Ils pensent que Dieu est une toute petite personne conservatrice… » Malala Yousafzai

Malala Yousafzai

Discours de Malala Yousafzai
À l’ONU, pour le « Malala Day », 12 Juillet 2013 :

Bismi Allāhi Ar-Raĥmāni-r-Raĥīm
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Honorable Secrétaire général, M. Ban Ki-moon,
Respecté Président de l’Assemblée générale Vuk Jeremic
Honorable émissaire de l’ONU pour l’éducation mondiale M. Gordon Brown,
Aînés respectés et mes chers frères et sœurs;
Aujourd’hui, c’est un honneur pour moi de prendre la parole à nouveau après longtemps. Être ici avec des personnes si honorables est un grand moment dans la vie.

Je ne sais pas par où commencer mon discours. Je ne sais pas ce que les gens s’attendent à ce que je dise. Mais tout d’abord, merci à Dieu, pour qui nous sommes tous égaux, et merci pour toute personne qui a prié pour mon rétablissement rapide et une nouvelle vie. Je ne peux pas croire à quel point les gens m’ont montré de l’amour. J’ai reçu des milliers de bonnes cartes de vœux et des cadeaux venant du monde entier. Merci à tous. Merci à tous les enfants dont les paroles innocentes m’ont encouragée. Merci à mes aînés dont les prières m’ont donné de la force.

Je tiens à remercier mes infirmières, les médecins et tout le personnel des hôpitaux au Pakistan et au Royaume-Uni et le gouvernement des Émirats arabes unis qui m’ont aidé à aller mieux et à récupérer mes forces. Je soutiens pleinement M. Ban Ki-moon, le Secrétaire général, dans son Initiative « Education First » et le travail de l’envoyé spécial de l’ONU M. Gordon Brown. Et je les remercie tous les deux pour l’impulsion qu’ils continuent à apporter. Ils continuent à nous donner envie d’agir.

Chers frères et sœurs, souvenez vous de quelque chose. Le « Malala day » n’est pas mon jour. Aujourd’hui est le jour de chaque femme, de chaque garçon et de chaque fille qui ont élevé la voix pour leurs droits. Il y a des centaines de militants des droits de l’homme et de travailleurs sociaux qui non seulement parlent en faveur des droits de l’homme, mais qui se battent pour atteindre leurs objectifs d’éducation, de paix et d’égalité. Des milliers de personnes ont été tuées par les terroristes et des millions ont été blessés. Je ne suis que l’un d’entre eux.

Donc ici, je suis … une fille parmi d’autres.
Je parle – non pour moi, mais pour toutes les filles et les garçons.
J’élève ma voix – pas pour que je puisse crier, mais pour ceux qui n’ont pas voix puissent être entendus.
Ceux qui ont lutté pour leurs droits:
Leur droit de vivre en paix.
Leur droit d’être traité avec dignité.
Leur droit à l’égalité des chances.
Leur droit à l’éducation.

Chers amis, le 9 Octobre 2012, les talibans m’ont tiré sur le côté gauche de mon visage. Ils ont tiré sur mes amis aussi. Ils pensaient que les balles allaient nous faire taire. Mais ils ont échoué. Et puis, sur ce silence se sont élevées des milliers de voix. Les terroristes pensaient qu’ils pourraient nous faire changer d’objectifs et arrêter nos ambitions mais cela n’a rien changé dans ma vie, sauf ceci: la faiblesse, la peur et le désespoir sont morts. La force, la puissance et le courage sont nés. Je suis la même Malala. Mes ambitions sont les mêmes. Mes espoirs sont les mêmes. Mes rêves sont les mêmes.

Chers frères et sœurs, je ne suis contre personne. Je ne suis pas non plus ici pour parler en termes de vengeance personnelle contre les talibans ou contre tout autre groupe de terroristes. Je suis ici pour parler du droit à l’éducation de chaque enfant. Je veux de l’éducation pour les fils et les filles de tous les extrémistes, en particulier les Talibans.

Je n’ai même pas de haine contre le Talib qui m’a tiré dessus. Même si j’avais une pistolet en main et qu’il se trouvait en face de moi, je ne lui tirerait pas dessus. C’est la compassion que j’ai apprise de Mohammed, le prophète de la miséricorde, que j’ai apprise de Jésus-Christ et de Bouddha. C’est l’héritage du changement que j’ai hérité de Martin Luther King, de Nelson Mandela et de Muhammad Ali Jinnah. C’est la philosophie de la non-violence que j’ai apprise de Gandhi Jee, de Bacha Khan et de Mère Teresa. Et c’est le pardon que mon père et la mère m’ont appris. Et c’est ce que mon âme me dit, soit pacifique et aimant pour tout le monde.

Chers frères et sœurs, c’est dans les ténèbres que nous nous rendons compte de l’importance de la lumière. Nous sommes conscients de l’importance de notre voix quand nous sommes réduits au silence. De la même manière, lorsque nous étions à Swat, dans le nord du Pakistan, nous avons réalisé l’importance des stylos et des livres quand nous avons vu les armes de guerre.

Cette parole sage est vraie :: «La plume est plus puissante que l’épée ». Les extrémistes ont peur des livres et des stylos. La puissance de l’éducation leur fait peur. Ils ont peur des femmes. La puissance de la voix des femmes leur fait peur. Et c’est pourquoi ils ont tué 14 étudiants en médecine innocents dans l’attentat récent de Quetta. Et c’est pourquoi ils ont tué de nombreuses enseignantes et de personnes luttant contre la polio à Khyber Pukhtoon Khwa et les zones tribales du Pakistan. C’est pourquoi ils dynamitent chaque jour des écoles. Parce qu’ils étaient et qu’ils ont encore peur du changement, peur de l’égalité que nous apporteront dans notre société.

Je me souviens qu’il y avait un garçon dans notre école à qui un journaliste a demandé « Pourquoi est-ce que les talibans sont contre l’éducation? » Il a répondu très simplement, en montrant son livre, il dit: « Un Talib ne sait pas ce qui est écrit dans ce livre. » Ils pensent que Dieu est une toute petite personne conservatrice qui enverrait des filles en l’enfer juste parce qu’elles sont allées à l’école. Les terroristes utilisent à mauvais escient le nom de l’Islam et de la société pachtoune pour leurs propres avantages personnels. Le Pakistan est un pays démocratique qui aime la paix. Les Pachtounes veulent l’éducation de leurs filles et de leurs fils. Et l’Islam est une religion de paix, d’humanité et de fraternité. L’Islam dit que ce n’est pas seulement le droit de chaque enfant de recevoir une éducation, il mais que c’est leur devoir et leur responsabilité.

Monsieur le Secrétaire général, la paix est nécessaire à l’éducation. Dans de nombreuses parties du monde, en particulier au Pakistan et en Afghanistan, le terrorisme, les guerres et les conflits empêchent les enfants d’aller à l’école. Nous sommes vraiment fatigués de ces guerres. Les femmes et les enfants souffrent dans de nombreuses régions du monde à bien des égards. En Inde, des enfants innocents et pauvres sont victimes du travail des enfants. Beaucoup d’écoles ont été détruites au Nigeria. Les gens en Afghanistan ont été empêchés de vivre par l’extrémisme depuis des décennies. Les jeunes filles ont à faire du travail domestique et sont obligés de se marier à un âge précoce. La pauvreté, l’ignorance, l’injustice, le racisme et la privation des droits fondamentaux sont les principaux problèmes rencontrés par les hommes et les femmes.

Chers amis, aujourd’hui je me concentre sur les droits des femmes et l’éducation des filles parce que ce sont elles qui souffrent le plus. Il fut un temps où des femmes militantes ont demandé à des hommes de se lever pour défendre leurs droits. Mais, cette fois, nous allons le faire nous-mêmes. Je ne dis pas aux hommes d’arrêter de parler en faveur des droits des femmes , mais je me concentre sur cet objectif, que les femmes soit autonomes dans leurs propres combats.

Chers sœurs et frères, le moment pour parler est venu.
Aujourd’hui, donc, nous appelons les dirigeants du monde à changer leurs politiques stratégiques en faveur de la paix et de la prospérité.
Nous appelons les dirigeants du monde afin que tous les accords de paix protègent effectivement les droits des femmes et des enfants. Un accord qui va à l’encontre de la dignité des femmes et de leurs droits est inacceptable.
Nous appelons tous les gouvernements à garantir une éducation gratuite et obligatoire pour tous les enfants du monde entier.
Nous appelons tous les gouvernements à lutter contre le terrorisme et la violence, à protéger les enfants contre les brutalités et les dommages.
Nous appelons les pays développés à soutenir l’expansion des possibilités d’éducation pour les filles dans le monde en développement.
Nous appelons toutes les communautés à faire preuve de tolérance. À rejeter les préjugés fondés sur les castes, les croyances, les confessions, les religions ou le sexe. À garantir la liberté et l’égalité pour les femmes afin qu’elles puissent s’épanouir. Nous ne pouvons pas tout réussir si la moitié d’entre nous sont tenus en arrière.
Nous appelons nos sœurs du monde entier à être courageuses – à prendre en main la force qui est en elle-même et à réaliser leur plein potentiel.

Chers frères et sœurs, nous voulons des écoles et de l’éducation pour offrir un avenir lumineux à chaque enfant. Nous allons continuer notre voyage vers notre objectif de paix et d’éducation pour tous. Personne ne peut nous arrêter. Nous allons parler de nos droits et nous allons changer les choses par nos paroles. Nous devons croire en la puissance et la force de nos mots. Nos mots peuvent changer le monde.
Parce que nous sommes tous ensemble, unis pour la cause de l’éducation. Et si nous voulons atteindre notre objectif, alors nous nous laisserons renforcer par cette arme qu’est le savoir et nous nous laisserons protéger par l’unité et la solidarité.

Chers frères et sœurs, nous ne devons pas oublier que des millions de personnes souffrent de la pauvreté, de l’injustice et de l’ignorance. Nous ne devons pas oublier que des millions d’enfants ne vont pas à l’école. Nous ne devons pas oublier que nos frères et sœurs sont en attente d’un avenir pacifique et lumineux.
Alors laissez-nous mener une lutte globale contre l’analphabétisme, la pauvreté et le terrorisme et nous prendrons en main nos livres et nos stylos. Ce sont nos armes les plus puissantes.

Un enfant, un enseignant, un stylo et un livre peuvent changer le monde.

L’éducation est la seule solution. Education First.

 

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Parrainer un enfant : comment ça se passe ?

MARRAINE/PARRAIN: qu’est-ce que cela représente?

Être marraine ou parrain, pour moi, c’est très important. On a le devoir de garder un œil sur l’enfant, de lui inculquer quelques valeurs, de prendre le relai des parents, de veiller à son épanouissement.

J’aurais aimé devenir de marraine pour un petit, car ce rôle me convient et j’aime m’occuper des petits, mais cela ne s’est jamais fait. J’en suis extrêmement peinée et j’aurais aimé que ce soit différent, mais apparemment certaines personnes ne pensent pas que je sois dignes de cette confiance, cela les regarde, mais maintenant j’ai fait mon choix, moi aussi.

Pour moi, quand on choisit une marraine ou un parrain, ce n’est pas l’argent ou la proximité géographique qui doivent primer mais :

_ l’amour des enfants

_ lé générosité humaine

_ le partage des valeurs et des notions éducatives avec les parents

_ cette lumière qui émane de certaines personnes et qui guident les autres.

_ l’écoute et la capacité à accueillir les idées de l’enfant. Son respect !

La première fois que j’ai entendu parler de parrainage j’avais 8 ans environ. C’était le Père Paul Vincent pour ceux qui le connaissent qui était le parrain d’une petite fille en Afrique il me semble. J’avais trouvé cette démarche extraordinaire et je m’étais fait la promesse de suivre cet exemple. Le Père Vincent n’avait pourtant pas de gros revenus mais il donnait à tous ceux qui venaient à lui.

Bref, des événements récents dans ma vie ont fait que j’avais de plus en plus envie d’aider un petit enfant qui n’aurait pas eu la chance d’avoir des Barbies à Noël, et vous avouerez que ce n’est que « superflu » même si la possibilité de jouer et de s’émerveiller fait partie des notions nécessaires à l’épanouissement d’un enfant.

J’aurais imaginé que les réactions auraient été « petites » autour de nous, mais pas du tout. Julie parraine déjà un petit garçon et en est ravie. Je pensais qu’on me dirait qu’en étant loin, ça ne rimait à rien cette affaire -là. Laurent au contraire, parrain deux fois, m’a dit  » là tu vas vraiment changer sa vie, tu as un rôle super important », c’est vrai. Finalement nous avons un rôle très important.. Nous amenons 20 % de plus aux revenus des parents ! Au Mexique, c’est énorme !

COMMENT DEVENIR MARRAINE/PARRAIN: le choix de l’association

Nous avons demandé une petite fille ( les filles ont moins accès à l’école en général dans le monde et les droits des femmes  ont encore besoin d’être défendues...) d’Amérique latine hispanophone. C’est plus pratique quand on connaît la même langue, du moins la langue officielle du pays.

Là dessus, j’ai donc fait le tour des associations de parrainage, comme PLAN , mais cela ne m’a pas convaincu, les échanges sont trop peu nombreux, les retombées sont floues. J’ai aussi mis de côté une association qui proposait de choisir l’enfant sur photo, ce n’est pas un concours de beauté ! Et enfin, j’ai mis de côté une association catholique qui utilisait une partie de l’agent pour l’éducation religieuse des enfants, car je n’ai pas envie que l’on impose encore au XXI e siècle un culte aux enfants. Restait donc « Un enfant par la main » qui permettait de choisir le sexe de l’enfant ( dans une autre association, ils insistent même sur la défense des droits des femmes) et le pays. J’ai eu Sergio au téléphone, lui-même Mexicain, qui m’a doit qu’il ferait en sorte que j’ai une petite du Mexique, étant donné mon rapport à ce beau pays. Enfin, comme nous ne sommes pas effrayés par l’engagement sur le long terme, car le parrainage est aussi un échange affectif et non pas  seulement financier, qu’il ne faut pas rompre sur un coup de tête, nous nous sommes engagés pour avoir un enfant très petit… On a signé pour 20 ans ! Enfin je l’espère !

Une fois le dossier envoyé, nous avons attendu de recevoir celui de la petite…

Mon mari me suit sur cette aventure parce que tout cela est important pour lui, mais le choix du pays ou de l’association lui importait peu car il n’a jamais eu ce genre d’expérience, à part peut-être en Turquie, mais il n’a pas trop côtoyé les gens du pays… Il est quand même gentil, il me laisse tout choisir et il sait que c’est super important pour moi.

PS: oui, certaines personnes trouvent ces idées malsaines, pour des raisons que je trouve ridicules, mais sachez tout de même que l’agent versé aide toute la famille, la fratrie et aussi le village entier. Paraît aussi qu’on le fait par égoïsme. AH… intéressant, je pense effectivement que toute aide humanitaire est une valorisation du moi mais de là à dire qu’on est égoïste faudrait pas pousser mémé dans les orties !