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Jour 1 : les certitudes

Ça y est, je suis dans la saison 2 de mon défi des 100 jours, cette fois sur le thème de l’intuition. Ce premier jour m’a beaucoup parlé, puisqu’il était question des certitudes. Ces certitudes qu’on nous inculque dès l’enfance et même parfois avant même notre naissance. Tu sais, ces petites phrases qui font sentence ou proverbe dans une famille, ces vérités anodines que l’on dit à tout bout de champ et parfois même en pensant que c’est tout à fait gratuit, sans conséquence.

Par exemple, dans ma famille, le travail n’est perçu comme honnête et réel que s’il est lié à une fatigue et une souffrance physique. Inutile de te dire que je suis une grosse feignasse depuis ma naissance. J’ai fait des études et je suis la seule à l’avoir fait. J’aime lire, et écrire, et dessiner. Et le théâtre. Que de choses purement inutiles.

Je ne dis pas que quelque fois cela n’a pas été appréciée, je dis en revanche qu’on a toujours tout fait pour me rappeler que cela n’avait rien à voir avec un  » vrai travail » un travail  » de vrai travailleur  » comme tu peux l’entendre en ce moment à la télévision. Pourtant dans mon travail, on en bave et j’ai vécu de sacrées épreuves en 2005. Etant donné les réactions de ma famille, je suis obligée de taire leurs propos.  Dernièrement, j’ai vécu d’autres épreuves personnelles et honnêtement j’ai préféré ne pas avoir ma famille à proximité : cela aurait été pire. Rien ne compte dans ma vie selon eux, si ce n’est eux. Ils devaient être ma priorité. Je devais passer après eux dans l’ordre de ma vie. Alors pour avoir une vie, j’ai fui.

Et puis, j’ai le malheur d’être fille unique. Sache -le, les enfants uniques sont des feignasses, égoïstes, pourris gâtés, et donc branlent rien. Personnellement je suis devenue individualiste et solitaire par la force des choses. Enfant unique, tu apprends à ne compter que sur toi et à être mis à l’écart. Tes copines préféreront toujours leur frère ou leur sœur. Et toi tu ne connaîtras jamais ça. Donc oui, tu deviens perso parce que tout le monde t’as appris à jouer perso. On ne naît pas enfant unique. On le devient. Et surtout on porte sur soi l’égrégore des enfants uniques : un ensemble de pensées à la con que tout le monde véhicule sans que ce ne soit jamais prouvé. Tu arrives quelque part et paf, tu es catalogué. Tu me diras c’est pareil quand t’es immigré, noir, handicapé… C’est vrai, ce sont les égrégores, çà colle à tout.

Du coup, cela pose des questions sur ce que nous pouvons nous-même véhiculé comme sentences, comme certitudes qui vont barrer la route des rêves de nos enfants.
L’important c’est d’arriver à se démarquer de tout ça. De ne pas se faire enfermer par des paroles et des pensées qui ne sont que des paroles et des pensées.  J’ai longtemps été enfermée par ces paroles, je les entendais résonner dans ma tête plus fort que mes propres pensées. Dès que je faisais un truc en rapport avec ça, j’entendais ces pensées. Ca les faisait grossir encore plus.

Dans le même temps, j’ai toujours entendu dire  » il n’y a pas de sot métier ». C’était une façon pour eux de valoriser les métiers manuels ou ingrats. Et bien aujourd’hui je réponds : non , il n’y a pas de sot métier, et c’est valable pour moi aussi.

J’ai d’autres fausses certitudes ancrées bien profondément, sur l’argent, la santé, le sens de la vie, ce qu’on doit faire, ce qui est important, le sens des priorités , le mal, le bien. Par exemple, dès qu’un événement arrivait, on n’en voyait que les aspects négatifs. En particulier les aspects négatifs concernant le point de vue d’une certaine personne qui ne voyait le monde et notre vie que sur son centre à elle. Qu’on ne vienne pas me parler d’égocentrisme, j’ai vécu avec quelqu’un qui maîtrisait très bien. Tu lui annonçais un truc bien pour toi, si jamais elle pensait que ça allait lui nuire, elle le détruisait à belles dents.

Aujourd’hui j’ai réussi à avoir mon propre système de valeur, être en congruence. Ne pas me laisser parasiter par le système des pensées des autres, qui m’éloigne de moi.  Si tu savais le nombre de personnes qui viennent à moi pour me faire faire des trucs pour eux, à leur place, parce que ça les arrange, et gratuitement en plus.

Je ne veux plus obéir à des gens qui viennent me créer des priorités qui les arrangent et qui viennent me pomper l’air au sens littéral. Ma priorité, je la connais, elle a deux têtes et plein de boucles dans les cheveux. FB_IMG_1490873617427.jpg

 

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Mes zèbres sont des enfants comme les autres

41qigyeu-al__sx330_bo1204203200_Coucou !

Non, non je ne vous ai pas oubliés ! Ni les fans de planners, ni les amatrices de soupe, et encore moins les fans de méditation. Mais voilà : j’ai une angine très forte, je suis très fatiguée. Et puis tu sais, mes deux filles me crèvent. Je les aime, mais elles sont usantes !!! Ca me fait penser que je voulais te conseiller depuis longtemps un bouquin que j’aimerais lire bientôt si mes filles m’en laissent le temps un jour . Un  bouquin sur les zèbres. Non, pas les zèbres du zoo, mais les enfants précoces, les drôles de zèbres.

Tu as peut-être déjà remarqué que mes filles ne sont pas raccord avec l’âge requis pour les activités. Selon les boîtes de jouets, Comète aurait 6 ans et Tempête 24 mois. Tempête a 19 mois et Comète a 3 ans et demi. Pour Comète, c’est clairement allé en s’amplifiant de mois en mois. Elle évolue par pallier et non linéairement. Il existe aussi des décalages entre ses capacités qui ne sont pas toutes au même point d’évolution, et cela la rend grave en colère.

Je ne me pose même plus la question : sont-elles précoces ? Elles le sont. En tout cas Comète l’est clairement et fortement. Ce que je me demande c’est à quel point, faut-il tester ? Et pour le moment je pense que non, car nous avons une maîtresse qui gère, avec une classe de Maternelles qui mélange les niveaux.

Evidemment tu peux te dire que je vante mes filles, que j’exagère, comme beaucoup de parents, crois-tu qui pensent que leur enfant est très intelligent. En vérité, c’est pas vraiment le problème. Si je le dis, c’est que j’en ai ma claque des jouets reçus dont elles se moquent parce que ce n’est déjà plus de leur âge. J’en ai ma claque des vêtements trop petits parce qu’on a cru que je mentais sur leur taille ( oui elle sont ET précoces ET géantes). Vous pouvez croire que je connais mes filles mieux que vous ?

Le vrai problème ? Ce sont les normes. C’est ce qu’on attend de mes filles, comme on voudrait que mes filles soient. On me dit  » A tel âge on fait ça  »  » on pense ça »  » on ressent ça ». Mes filles n’ont pas de case, n’ont pas d’étiquette. Et je n’en avais pas d’ailleurs. Aujourd’hui j’avoue avoir séché des cours en CE2. J’avoue ne pas avoir fait mes devoirs cette année-là et avoir grugé le maître qui devait vérifier notre cahier de textes que je ne remplissait jamais. M. Beau, je vous ai menti une année entière et vous n’avez rien vu ! Je me suis ennuyée, je me suis cachée. Je n’ai rien osé dire.

Et puis, on n’est pas forcément en avance en tout quand on est très douée quelque part. En 4e je suis devenue archi nulle en maths, sans doute à cause d’un souci de communication avec ma prof. La situation a empiré, alors que j’avais plus de 16 en 5e que j’adorais ça. Bizarrement, en L, je suis tombée sur un peu prof, en hop, j’ai à nouveau adoré les maths, parce que c’étaient des maths qui me parlaient. Avec la prof que je n’aimais pas j’avais 6, et sur le même contrôle de probabilités, le même sujet d’étude, j’avais 19 avec l’autre prof !

Tout ce qui ne passait pas par le plaisir de découvrir ne rentrait pas. Je fonctionnais  » à l’affectif » mais si j’en crois mes dernières lectures, c’est le mode d’apprentissage le plus performant dans la nature. C’est ce qui fait partie de l’instinct. Des lois naturelles de l’enfant et des bébés animaux aussi.

Quand on est zèbre, on avance aléatoirement, anarchiquement, par pallier, sans progression très claire.  On régresse des fois, on gère mal ses émotions, mais une chose dont je me souviens, c’est que les autres te regardent de travers et voient ta différence. Certains l’apprécient et sont tes amis. La plupart te rejette. Tu écris des cahiers entiers de poèmes, tu écris un roman à 8 ans. Il y a même des adultes pour ne remarquer que les fautes d’orthographe. Sérieusement, si un enfant de 8 ans vient vers toi avec un roman qu’il a écrit, ne sois pas con, lis-le et ne regarde pas les fautes. Des fois, je me dis que cela traduisait sans doute un dépassement de la situation, une jalousie. C’était une façon de vouloir me remettre à ma place d’enfant, moi qui n’avait ni le vocabulaire ni les loisirs des enfants. En tout cas, pas seulement.

Ma fille n’est absolument pas rejetée. Car grand bien pour elle, je crois bien que les enfants comme elle sont de plus en plus nombreux.

Tu sais quoi ? Je crois qu’il n’y a plus de norme et que peut-être simplement, il n’y en a jamais eu. Que tout simplement cette répartition en âge est complètement conne. Que les enfants devraient être libres de progresser à des rythmes différents et différemment selon les matières, activités, centres d’intérêt ou de désintérêt. Précoce, pas précoce, ils sont eux-mêmes avec leur personnalité, leurs capacités qui changeront peut-être. Ce que je mets par exemple en place pour les DYS est utile pour TOUS LES ENFANTS.  Ce qu’il faudrait mettre en place pour les zèbres, tel est mon avis serait le BON FONCTIONNEMENT POUR TOUT LE MONDE. OU PLUTOT POUR CHACUN. Tout le monde, cela n’existe pas. Il n’y a que des personnes, pas des groupes. Le concept de groupe n’a d’intérêt en ce qu’il apporte aux personnes, individuellement.

On apprend autant de ceux qui sont en difficulté, une difficulté qui peut devenir une force que de ceux qui sont en avance, une avance qui peut vite devenir un handicap. On est souvent trop intelligent pour être heureux. Ajoutons à cela une multipotentialité souvent partagée par les personnes haut potentiel, et tu comprends pourquoi ces zèbres-là ont bien du mal à savoir qui ils sont. Je suis cotre l’idée de dire qu’ils doivent trouver leur place. Ils en ont plusieurs et notre monde nous amènera à tous changer de place plusieurs fois dans notre vie. Non, ce qu’il faut trouver c’est le moyen d’exprimer tout notre potentiel, dans sa diversité, tout l’éventail des capacités qui nous mettent en joie.

Du coup, je te laisse et je te préviens : Bientôt je te parlerai de ABERKANE et d’ALVAREZ.

Lé révolution est en marche, pour le bien des enfants qui ne sont pas des légos à trier, pas des pièces à mettre dans des cases et pas de braves petits soldats formatables.

Je te bise.

NOËL

PS: ce que je veux dire quand je dis que ce sont des enfants comme les autres ce n’est pas que je veux nier leurs particularités mais que ces enfants ont le droit à une enfance.

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Les limites de l’éducation positive

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Tu sais, avec ma grande comète, je fais tout pour mettre en pratique l’éducation positive : je lis des bouquins du genre de Filiozat ou Se faire obéir sans crier.
J’en ai conclu qu’il fallait expliquer à l’enfant pourquoi ce n’était pas bien, lui montrer les conséquences naturelles de ses actes, passer par le dialogue. J’en ai appris beaucoup sur les pulsions, le fonctionnement du cerveau d’un enfant, toujours en perpétuel reconstruction ( un peu comme dans Matrix, tu vois ? ça se ré-agence sans cesse…. ou comme dans Dark City !). Je sais ce qui est physiologique, psychologique, ce qu’il ne maîtrise pas. Pourquoi il se décharge sur ses parents, pourquoi il a des réactions contradictoires comme fuir le parent qui lui a manqué car la charge éotionnelle est alors trop forte pour lui. Bref, je ne regrette pas de tenter cette voie et j’apprends beaucoup, pour mes filles, pour mes élèves également, même s’ils sont souvent déjà trop grands pour qu’on mette en pratique toutes ces choses.
Mais je vais te dire, je tique sur pas mal de points.

Déjà , dans les bouquins ils te disent que si tu es énervée suite à une bêtise tu dois quitter la pièce et non dire à l’enfant de partir dans sa chambre ou d’aller au coin. Que sinon, il dormira mal dans cette chambre-lieu de punition et que le coin ça atteint sa dignité.
Franchement, ma fille, ça n’atteint pas sa dignité et elle préfère y aller seule, au coin. Et puis si c’est moi qui pars, et vais dans ma chambre, comme ils le préconisent, qui surveille la maison ? Qui regarde que Grande Comète ne touche pas aux casseroles de la cuisine, ou ne fait pas de mal à sa soeur? Je trouve que cette fuite du parent est hyper dangereuse.

Ensuite, ils te disent de montrer les conséquences naturelles de ses actes et de ne pas punir. par exemple, si l’enfant ne prend pas de petit déjeuner, de laisser courir, il verra dès le premier matin qu’il a faim et doit attendre longtemps le repas du midi. Que s’il ne met pas d’écharpe il aura un rhume et s’en souviendra. Youpi. Comète joue avec tous les chats, on n’arrête pas de lui dire de faire attention, de ne pas toucher les chats inconnus mais rien n’y fait. Je pense que si j’avais été un peu plus ferme et qu’on avait carrément puni elle ne serait pas fait griffer le visage lundi dernier. Ma Comète fait de graves bêtises, des trucs hyper dangereux, si j’attends les conséquences naturelles c’est la mort assurée. Merci bien.

Et puis, j’ai une copine du net, c’est la femme d’un copain de la danse, bref une fille avec qui je cause que éducation par Facebook et du coup on a des conversations très posées sur le sujet, dénuées de jugement perso sur elle ou moi vu que je crois bien qu’on ne s’est jamais vu en vrai, ou peut-être une fois en soirée. Et l’autre jour, elle m’écrit ça :

L’éducation positive ou bienveillante est plein de bonnes idées c’est incontestable, et des idées qui marchent. Cependant ce qui me gène dans toutes ces méthodes c’est que quelque part le caractère de l’enfant passe un peu à la trappe. Et ses capacités.(mais peut être est ce dans les mauvais exemples que j’ai pu voir). Je m’explique : c’est très bien de verbaliser, d’expliquer à l’enfant, mais il faut rester dans un niveau d’explication qu’il est en capacité de comprendre en fonction de son âge et de sa maturité, vouloir le faire grandir trop vite à ce niveau là me semble un mauvais calcul, si on lui en demande trop on le met en situation d’échec. Et puis il y a ceux à qui on dit une fois que jouer dans la poubelle n’est pas une bonne idée et qui n’y touchent plus et ceux avec lesquels la poubelle finit dans un placard fermé à double tour. Et enfin, ne pas oublier les limites de l’enfant est primordial mais il ne faut pas oublier ses propres limites à soi en tant que parents ! Et ça l’ enfant si on lui explique comprend assez bien ce qui n’est pas synonyme d’être d’accord.

Je trouve que ma copine  a bien résumé. Ma fille a tout à fait compris les interdits, mais elle s’en moque. Elle se moque même des conséquences, la griffure la fait rire. Car heureusement elle n’a pas eu un œil touché. Elle n’est pas capable de COMPRENDRE la gravité des conséquences possibles aussi bien qu’un gamin de 15 ans ne comprend pas que son exercice non fait engendrera à court termes des lacunes qui seront préjudiciables sur ses apprentissages à moyen terme, entraînant, dans le long terme, son échec au bac et donc de sa future carrière de jenesaisquelprojetambitieux. Le mec qui fume, il le sait qu’il y a des conséquences néfastes, non ? Bon, alors comment veux-tu raisonner un enfant de deux ans si le mec de 40 piges n’est pas raisonnable ?

En attendant, je suis toujours les conférences de Filliozat, les fiches de Camille et Olivier.  Et puis Maman Zen qui est adorable. Franchement à chaque fois, je me rends compte que naturellement nous avions avec mon mari une éducation bienveillante et positive, mais que naturellement Comète a un caractère qui fait que ça ne suffit pas. Point. Est-ce dû à sa précocité ?  Exemple de précocité: dire que les volets roulants c’est  » merveilleux » et allez dire au mec qui les a installés  » c’est incroyable, je vais mieux dormir, et ça se ferme tout seul ». Sans même que l’on ait formulé la chose, sans qu’on ait montré que la nuit dans sa chambre serait de meilleure qualité ( plus de faux jour).

Alors, tu vois bien qu’elle comprend les relations de cause à conséquence avec son volet roulant ?

Concernant sa fourchette au sol et ses tapes sur sa sœur, elle s’en moque. On faisait les choses bien, dès le décollage, souvent on te dit que l’éducation bienveillante est longue à mettre en place quand on  a fonctionné autrement dans la famille. Ici, on a toujours fonctionné ainsi, et ce n’est pas mieux !

On ne va pas passer à l’autoritarisme forcené, mais bon, voilà, on est souvent assez démuni.

Si tu as un avis sur la question, exprime-toi dans les commentaires !

 

 

 

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Malala, la petite soeur

Malala-Quote-10_10-TwitterOn ne présente plus Malala, mais peu de personnes ont écouté ou lu son discours quand elle a obtenu le prix Nobel de la paix. Je me permet ici de te le cite, pour que tu te rendez compte combien cette gamine est pleine de sagesse. On grandit vite sous les balles, et sous la méchanceté, sous la torture et sous la dictature, sous l’oppression, malheureusement.

« Ils pensent que Dieu est une toute petite personne conservatrice… » Malala Yousafzai

Malala Yousafzai

Discours de Malala Yousafzai
À l’ONU, pour le « Malala Day », 12 Juillet 2013 :

Bismi Allāhi Ar-Raĥmāni-r-Raĥīm
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Honorable Secrétaire général, M. Ban Ki-moon,
Respecté Président de l’Assemblée générale Vuk Jeremic
Honorable émissaire de l’ONU pour l’éducation mondiale M. Gordon Brown,
Aînés respectés et mes chers frères et sœurs;
Aujourd’hui, c’est un honneur pour moi de prendre la parole à nouveau après longtemps. Être ici avec des personnes si honorables est un grand moment dans la vie.

Je ne sais pas par où commencer mon discours. Je ne sais pas ce que les gens s’attendent à ce que je dise. Mais tout d’abord, merci à Dieu, pour qui nous sommes tous égaux, et merci pour toute personne qui a prié pour mon rétablissement rapide et une nouvelle vie. Je ne peux pas croire à quel point les gens m’ont montré de l’amour. J’ai reçu des milliers de bonnes cartes de vœux et des cadeaux venant du monde entier. Merci à tous. Merci à tous les enfants dont les paroles innocentes m’ont encouragée. Merci à mes aînés dont les prières m’ont donné de la force.

Je tiens à remercier mes infirmières, les médecins et tout le personnel des hôpitaux au Pakistan et au Royaume-Uni et le gouvernement des Émirats arabes unis qui m’ont aidé à aller mieux et à récupérer mes forces. Je soutiens pleinement M. Ban Ki-moon, le Secrétaire général, dans son Initiative « Education First » et le travail de l’envoyé spécial de l’ONU M. Gordon Brown. Et je les remercie tous les deux pour l’impulsion qu’ils continuent à apporter. Ils continuent à nous donner envie d’agir.

Chers frères et sœurs, souvenez vous de quelque chose. Le « Malala day » n’est pas mon jour. Aujourd’hui est le jour de chaque femme, de chaque garçon et de chaque fille qui ont élevé la voix pour leurs droits. Il y a des centaines de militants des droits de l’homme et de travailleurs sociaux qui non seulement parlent en faveur des droits de l’homme, mais qui se battent pour atteindre leurs objectifs d’éducation, de paix et d’égalité. Des milliers de personnes ont été tuées par les terroristes et des millions ont été blessés. Je ne suis que l’un d’entre eux.

Donc ici, je suis … une fille parmi d’autres.
Je parle – non pour moi, mais pour toutes les filles et les garçons.
J’élève ma voix – pas pour que je puisse crier, mais pour ceux qui n’ont pas voix puissent être entendus.
Ceux qui ont lutté pour leurs droits:
Leur droit de vivre en paix.
Leur droit d’être traité avec dignité.
Leur droit à l’égalité des chances.
Leur droit à l’éducation.

Chers amis, le 9 Octobre 2012, les talibans m’ont tiré sur le côté gauche de mon visage. Ils ont tiré sur mes amis aussi. Ils pensaient que les balles allaient nous faire taire. Mais ils ont échoué. Et puis, sur ce silence se sont élevées des milliers de voix. Les terroristes pensaient qu’ils pourraient nous faire changer d’objectifs et arrêter nos ambitions mais cela n’a rien changé dans ma vie, sauf ceci: la faiblesse, la peur et le désespoir sont morts. La force, la puissance et le courage sont nés. Je suis la même Malala. Mes ambitions sont les mêmes. Mes espoirs sont les mêmes. Mes rêves sont les mêmes.

Chers frères et sœurs, je ne suis contre personne. Je ne suis pas non plus ici pour parler en termes de vengeance personnelle contre les talibans ou contre tout autre groupe de terroristes. Je suis ici pour parler du droit à l’éducation de chaque enfant. Je veux de l’éducation pour les fils et les filles de tous les extrémistes, en particulier les Talibans.

Je n’ai même pas de haine contre le Talib qui m’a tiré dessus. Même si j’avais une pistolet en main et qu’il se trouvait en face de moi, je ne lui tirerait pas dessus. C’est la compassion que j’ai apprise de Mohammed, le prophète de la miséricorde, que j’ai apprise de Jésus-Christ et de Bouddha. C’est l’héritage du changement que j’ai hérité de Martin Luther King, de Nelson Mandela et de Muhammad Ali Jinnah. C’est la philosophie de la non-violence que j’ai apprise de Gandhi Jee, de Bacha Khan et de Mère Teresa. Et c’est le pardon que mon père et la mère m’ont appris. Et c’est ce que mon âme me dit, soit pacifique et aimant pour tout le monde.

Chers frères et sœurs, c’est dans les ténèbres que nous nous rendons compte de l’importance de la lumière. Nous sommes conscients de l’importance de notre voix quand nous sommes réduits au silence. De la même manière, lorsque nous étions à Swat, dans le nord du Pakistan, nous avons réalisé l’importance des stylos et des livres quand nous avons vu les armes de guerre.

Cette parole sage est vraie :: «La plume est plus puissante que l’épée ». Les extrémistes ont peur des livres et des stylos. La puissance de l’éducation leur fait peur. Ils ont peur des femmes. La puissance de la voix des femmes leur fait peur. Et c’est pourquoi ils ont tué 14 étudiants en médecine innocents dans l’attentat récent de Quetta. Et c’est pourquoi ils ont tué de nombreuses enseignantes et de personnes luttant contre la polio à Khyber Pukhtoon Khwa et les zones tribales du Pakistan. C’est pourquoi ils dynamitent chaque jour des écoles. Parce qu’ils étaient et qu’ils ont encore peur du changement, peur de l’égalité que nous apporteront dans notre société.

Je me souviens qu’il y avait un garçon dans notre école à qui un journaliste a demandé « Pourquoi est-ce que les talibans sont contre l’éducation? » Il a répondu très simplement, en montrant son livre, il dit: « Un Talib ne sait pas ce qui est écrit dans ce livre. » Ils pensent que Dieu est une toute petite personne conservatrice qui enverrait des filles en l’enfer juste parce qu’elles sont allées à l’école. Les terroristes utilisent à mauvais escient le nom de l’Islam et de la société pachtoune pour leurs propres avantages personnels. Le Pakistan est un pays démocratique qui aime la paix. Les Pachtounes veulent l’éducation de leurs filles et de leurs fils. Et l’Islam est une religion de paix, d’humanité et de fraternité. L’Islam dit que ce n’est pas seulement le droit de chaque enfant de recevoir une éducation, il mais que c’est leur devoir et leur responsabilité.

Monsieur le Secrétaire général, la paix est nécessaire à l’éducation. Dans de nombreuses parties du monde, en particulier au Pakistan et en Afghanistan, le terrorisme, les guerres et les conflits empêchent les enfants d’aller à l’école. Nous sommes vraiment fatigués de ces guerres. Les femmes et les enfants souffrent dans de nombreuses régions du monde à bien des égards. En Inde, des enfants innocents et pauvres sont victimes du travail des enfants. Beaucoup d’écoles ont été détruites au Nigeria. Les gens en Afghanistan ont été empêchés de vivre par l’extrémisme depuis des décennies. Les jeunes filles ont à faire du travail domestique et sont obligés de se marier à un âge précoce. La pauvreté, l’ignorance, l’injustice, le racisme et la privation des droits fondamentaux sont les principaux problèmes rencontrés par les hommes et les femmes.

Chers amis, aujourd’hui je me concentre sur les droits des femmes et l’éducation des filles parce que ce sont elles qui souffrent le plus. Il fut un temps où des femmes militantes ont demandé à des hommes de se lever pour défendre leurs droits. Mais, cette fois, nous allons le faire nous-mêmes. Je ne dis pas aux hommes d’arrêter de parler en faveur des droits des femmes , mais je me concentre sur cet objectif, que les femmes soit autonomes dans leurs propres combats.

Chers sœurs et frères, le moment pour parler est venu.
Aujourd’hui, donc, nous appelons les dirigeants du monde à changer leurs politiques stratégiques en faveur de la paix et de la prospérité.
Nous appelons les dirigeants du monde afin que tous les accords de paix protègent effectivement les droits des femmes et des enfants. Un accord qui va à l’encontre de la dignité des femmes et de leurs droits est inacceptable.
Nous appelons tous les gouvernements à garantir une éducation gratuite et obligatoire pour tous les enfants du monde entier.
Nous appelons tous les gouvernements à lutter contre le terrorisme et la violence, à protéger les enfants contre les brutalités et les dommages.
Nous appelons les pays développés à soutenir l’expansion des possibilités d’éducation pour les filles dans le monde en développement.
Nous appelons toutes les communautés à faire preuve de tolérance. À rejeter les préjugés fondés sur les castes, les croyances, les confessions, les religions ou le sexe. À garantir la liberté et l’égalité pour les femmes afin qu’elles puissent s’épanouir. Nous ne pouvons pas tout réussir si la moitié d’entre nous sont tenus en arrière.
Nous appelons nos sœurs du monde entier à être courageuses – à prendre en main la force qui est en elle-même et à réaliser leur plein potentiel.

Chers frères et sœurs, nous voulons des écoles et de l’éducation pour offrir un avenir lumineux à chaque enfant. Nous allons continuer notre voyage vers notre objectif de paix et d’éducation pour tous. Personne ne peut nous arrêter. Nous allons parler de nos droits et nous allons changer les choses par nos paroles. Nous devons croire en la puissance et la force de nos mots. Nos mots peuvent changer le monde.
Parce que nous sommes tous ensemble, unis pour la cause de l’éducation. Et si nous voulons atteindre notre objectif, alors nous nous laisserons renforcer par cette arme qu’est le savoir et nous nous laisserons protéger par l’unité et la solidarité.

Chers frères et sœurs, nous ne devons pas oublier que des millions de personnes souffrent de la pauvreté, de l’injustice et de l’ignorance. Nous ne devons pas oublier que des millions d’enfants ne vont pas à l’école. Nous ne devons pas oublier que nos frères et sœurs sont en attente d’un avenir pacifique et lumineux.
Alors laissez-nous mener une lutte globale contre l’analphabétisme, la pauvreté et le terrorisme et nous prendrons en main nos livres et nos stylos. Ce sont nos armes les plus puissantes.

Un enfant, un enseignant, un stylo et un livre peuvent changer le monde.

L’éducation est la seule solution. Education First.

 

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Parrainer un enfant : comment ça se passe ?

MARRAINE/PARRAIN: qu’est-ce que cela représente?

Être marraine ou parrain, pour moi, c’est très important. On a le devoir de garder un œil sur l’enfant, de lui inculquer quelques valeurs, de prendre le relai des parents, de veiller à son épanouissement.

J’aurais aimé devenir de marraine pour un petit, car ce rôle me convient et j’aime m’occuper des petits, mais cela ne s’est jamais fait. J’en suis extrêmement peinée et j’aurais aimé que ce soit différent, mais apparemment certaines personnes ne pensent pas que je sois dignes de cette confiance, cela les regarde, mais maintenant j’ai fait mon choix, moi aussi.

Pour moi, quand on choisit une marraine ou un parrain, ce n’est pas l’argent ou la proximité géographique qui doivent primer mais :

_ l’amour des enfants

_ lé générosité humaine

_ le partage des valeurs et des notions éducatives avec les parents

_ cette lumière qui émane de certaines personnes et qui guident les autres.

_ l’écoute et la capacité à accueillir les idées de l’enfant. Son respect !

La première fois que j’ai entendu parler de parrainage j’avais 8 ans environ. C’était le Père Paul Vincent pour ceux qui le connaissent qui était le parrain d’une petite fille en Afrique il me semble. J’avais trouvé cette démarche extraordinaire et je m’étais fait la promesse de suivre cet exemple. Le Père Vincent n’avait pourtant pas de gros revenus mais il donnait à tous ceux qui venaient à lui.

Bref, des événements récents dans ma vie ont fait que j’avais de plus en plus envie d’aider un petit enfant qui n’aurait pas eu la chance d’avoir des Barbies à Noël, et vous avouerez que ce n’est que « superflu » même si la possibilité de jouer et de s’émerveiller fait partie des notions nécessaires à l’épanouissement d’un enfant.

J’aurais imaginé que les réactions auraient été « petites » autour de nous, mais pas du tout. Julie parraine déjà un petit garçon et en est ravie. Je pensais qu’on me dirait qu’en étant loin, ça ne rimait à rien cette affaire -là. Laurent au contraire, parrain deux fois, m’a dit  » là tu vas vraiment changer sa vie, tu as un rôle super important », c’est vrai. Finalement nous avons un rôle très important.. Nous amenons 20 % de plus aux revenus des parents ! Au Mexique, c’est énorme !

COMMENT DEVENIR MARRAINE/PARRAIN: le choix de l’association

Nous avons demandé une petite fille ( les filles ont moins accès à l’école en général dans le monde et les droits des femmes  ont encore besoin d’être défendues...) d’Amérique latine hispanophone. C’est plus pratique quand on connaît la même langue, du moins la langue officielle du pays.

Là dessus, j’ai donc fait le tour des associations de parrainage, comme PLAN , mais cela ne m’a pas convaincu, les échanges sont trop peu nombreux, les retombées sont floues. J’ai aussi mis de côté une association qui proposait de choisir l’enfant sur photo, ce n’est pas un concours de beauté ! Et enfin, j’ai mis de côté une association catholique qui utilisait une partie de l’agent pour l’éducation religieuse des enfants, car je n’ai pas envie que l’on impose encore au XXI e siècle un culte aux enfants. Restait donc « Un enfant par la main » qui permettait de choisir le sexe de l’enfant ( dans une autre association, ils insistent même sur la défense des droits des femmes) et le pays. J’ai eu Sergio au téléphone, lui-même Mexicain, qui m’a doit qu’il ferait en sorte que j’ai une petite du Mexique, étant donné mon rapport à ce beau pays. Enfin, comme nous ne sommes pas effrayés par l’engagement sur le long terme, car le parrainage est aussi un échange affectif et non pas  seulement financier, qu’il ne faut pas rompre sur un coup de tête, nous nous sommes engagés pour avoir un enfant très petit… On a signé pour 20 ans ! Enfin je l’espère !

Une fois le dossier envoyé, nous avons attendu de recevoir celui de la petite…

Mon mari me suit sur cette aventure parce que tout cela est important pour lui, mais le choix du pays ou de l’association lui importait peu car il n’a jamais eu ce genre d’expérience, à part peut-être en Turquie, mais il n’a pas trop côtoyé les gens du pays… Il est quand même gentil, il me laisse tout choisir et il sait que c’est super important pour moi.

PS: oui, certaines personnes trouvent ces idées malsaines, pour des raisons que je trouve ridicules, mais sachez tout de même que l’agent versé aide toute la famille, la fratrie et aussi le village entier. Paraît aussi qu’on le fait par égoïsme. AH… intéressant, je pense effectivement que toute aide humanitaire est une valorisation du moi mais de là à dire qu’on est égoïste faudrait pas pousser mémé dans les orties !

 

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Les routines des enfants

routinematinmieuxJ’ai lu plein d’articles vantant le mérite des routines pour enfant. C’est un outil pédagogique très utilisé en milieu scolaire, crèche, et pour enfant autiste par exemple.

Cela permet aux enfants de savoir ce qu’il y a à faire sans que les parents ne répètent les consignes. Cela les responsabilisent. cela donne des points de repère pour la journée. Ils aiment bien regarder les pictogrammes et il y a une marche à suivre précise qui dépersonnalise la situation de conflit, quand par exemple, il faut s’habiller pour sortir alors que l’enfant ne veut pas. Il y a des choses qui deviennent alors des automatismes, comme le lavage des mains et qui les aidera toute leur vie. cela aide à grandir, tout simplement.

Mon bébé Comète est plutôt autonome et elle aime bien aider. Elle sait ce qu’il y a à faire mais quelque fois il y a des histoires… Des colères pour un rien. Elle n’a que deux ans donc je ne peux pas lui parler d’heure mais pour un enfant plus grand on vous conseille de fixer une heure pour chaque consigne, ou une consigne sur deux, afin de dépersonnaliser encore plus. Ce n’est pas le parent qui ordonne, c’est la montre qui dit que c’est le moment !

Voici la photo de mes consignes du matin pour enfant de deux ans, sachant que la concernant on ne lave pas encore les dents le matin ( juste le soir c’est suffisant paraît-il…) mais que cela va venir.

Si tu as des idées pour l’améliorer je suis preneuse !

Je te conseillerai pour faire la tienne de noter quelles sont les actions indispensables que tu peux confier à l’enfant. Puis de les écrire, de trouver ensuite une image qui corresponde car même si l’enfant sait lire cela lui permettra de mieux mémoriser.

J’ai fait la mienne moi-même parce que toutes les autres mentionnaient l’école par exemple, ou  » prendre son sac ». Or, elle est trop petite pour prendre son sac ou le préparer.

Quand l’enfant se laver et s’habille seul, on peut même faire des routines détaillées à fixer près de l’endroit où il s’habille. Mais je trouve assez contre-productif les routines de plus de 10 étapes.

Attention, j’ai piqué les dessins sur internet, je ne te propose donc pas cette routine à télécharger ! Je n’en ai pas trouvé les auteurs mais ceux-ci peuvent signer en commentaire. ( J’ai laissé exprès le shabille afin de te dissuader de pomper bêtement mon jpeg pourri).

J’en ai fait une autre pour le soir, pour avant/après le repas et pour avant de se coucher.

Il en existe sur le net pour savoir se laver les mains, mettre la table, aller aux toilettes. Le site Grandir avec Nathan et Femmes débordées ( un autre site génial !) en proposent.

Et toi ?