Publié dans Coups de gueule

Je ne peux pas te laisser dire ça

droitsCombien de fois on entend cette phrase dans sa vie ?
Avant même les événements de mardi, j’avais pour projet un article sur Facebook, les murs et les réflexions des uns et des autres. Dans votre dos, devant vous, ce que vous publiez est critiqué, glosé voire déformé. Aujourd’hui avec le copié-collé, on peut même tronquer vos phrases et les manipuler. Surtout, ce que m’horripile, ce sont ces personnes qui vous reprochent le nombre de vos statuts, que ça les saoule, que ça ne les intéresse pas. Ils vous disent  » arrête de publier. Euh… Si t’es gêné t’arrête de lire, mais mon mur c’est chez moi ! Je fais ce que je veux.

Les radios libres, la presse libre, l’internet libre.
Nous avons des outils de liberté d’expression et nous trouvons cela naturel. Pourtant nous devrions nous battre pour les faire respecter et ne pas céder quand quelqu’un veut nous faire taire.

Au sujet de mardi, j’ai vu des statuts qui ne me plaisent pas.
J’ai le droit de ne pas lire, de ne pas commenter, de ne pas liker.
Mais je ne trouve pas normal de dire aux autres ce qu’ils doivent écrire, quand ils doivent écrire, comment ils doivent écrire.
Chacun réagit avec ses émotions, ses pensées.
N’est-ce pas paradoxal de dire aux autres quoi dire au nom de la liberté d’expression ?

Bref, si ce que vous lisez ne vous plaît pas, il y a plusieurs solutions. Pour un blog, il suffit de ne pas le visiter.
Pour Facebook…

Vous êtes le lecteur

RETIRER DE SES AMIS
C’est radical. Mais on ne revient pas en arrière. Après si vous n’êtes jamais d’accord et vraiment révolté, autant le faire, parce que construire une amitié sur un désaccord trop violent, ça ne se fait pas.

SE DESABONNER OU DECOCHER « RECEVOIR DES NOTIFICATIONS »
Votre ami est toujours dans votre liste, mais vous ne le voyez pas apparaître sur votre mur.
C’est la diplomatie.

MASQUER UNE ACTUALITE
C’est une action ponctuelle pour une actualité particulière. Cela se coche à côté de ce que votre ami a écrit. Il y a aussi  » je n’aime pas cette publication » ou  » retirer de mon mur » ou encore  » ne plus suivre Machin ». Cela dépend de la page sur laquelle vous êtes ( son profil ou votre mur). SI c’est un ami de Machin vous pouvez demander  » tout maquer de Bidule » quand ses publications apparaissent sur le mur de votre ami.

Si vous êtes l’auteur et que vous en avez marre que votre ami critique sans cesse votre présence sur Facebook avec  » t’es tout le temps connecté » ( oui et qu’Est-ce que ça peut te foutre ?) ou vous reproche telle ou telle publication :

RETIRER DE SA LISTE D’AMIS
Moi je l’ai fait pour des gens que je ne vois que dans un contexte loisir et qui visiblement n’ont pas les mêmes centre d’intérêt que moi en dehors de ce loisir particulier. dans la vraie vie je les vois, mais dans l’intimité de Facebook ( paradoxal) je ne les veux pas chez moi. Oui, pour moi Facebook des fois c’est plus intime qu’une heure de salsa.

BLOQUER

Vous n’avez vraiment pas envie qu’il voit ce que vous publiez même chez vos amis communs; radical. Bon il n’est pas prêt de vous payer un mojito mais des fois la tranquillité et la liberté valent plus qu’un mojito.

NE PAS APPARAITRE EN LIGNE
Pour le chat. Je ne me mets jamais en ligne comme ça on arrête de me fliquer et de compter le nombre d’heures passées devant mon ordi, surtout que je bosse mes cours et mes chroniques en même temps que Facebook est ouvert. Je ne suis plus dérangée et plus jugée. Et puis moi le chat ça me gonfle. C’est mon choix. je n’aime pas parler avec deux personnes en même temps.

GERER LA CONFIDENTIALITE PONCTUELLEMENT
On peut personnaliser chaque publication. J’enlève certaines personnes pour certains statuts parce que je sais que ça va être encore des critiques non productives.

GROUPER
Je mets certains en groupe  » connaissance » ou carrément  » restreint ». Ils sont là mais ils ne sont pas là. Les restreints ne voient rien. Les connaissances voient les photos je crois et pas les statuts.
On peut créer ses propres groupes.
Quand c’est délicat de refuser une demande en amitié j’accepte et je mets restreint.

 

J’ai peut-être oublié des solutions.
Cet article est pour tous ceux qui depuis 2007 me demandent des modes d’emploi de Facebook parce qu’ils ne maîtrisent pas.

Les icônes à repérera sont la petite flèche vers le bas sur une publication ( à droite de la ligne 1) le cadenas sur l’onglet de la barre bleue de navigation tout en haut et enfin les onglets sur chaque profil sous la photo de couverture.

Il n’y a pas de raison de se laisser importuner par des publications mais il n’y a pas de raison non plus pour se laisser importuner par des personnes qui veulent vous donner des ordres.

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Publié dans Coups de gueule

Liberté

charlie_hebdo_c_est_dur_d_etre_aime_par_des_cons_cabuÇa peut commencer par un simple statut facebook : tu le penses tu l’écris. On te lit.
Normalement on peut réagir aussi, mais en aucun cas on ne doit t’écrire «  efface ça » et encore moins «  efface ça sinon ». On peut réagir mais on ne dit ni t’insulter ni te souhaiter du mal, t’envoyer des menaces.
On doit respecter ta liberté de penser et ta liberté d’expression.
Évidemment, toi aussi tu te censures, tu atténues, tu modifies, parce que tu ne veux pas blesser. Tu respectes aussi la liberté de penser de l’autre. Mais il arrive que tes convictions nécessitent de ta part une certaine intransigeance.
Normalement, si les gens sont intelligents on peut même être tous intransigeants avec des opinions divergentes sans se lancer des parpaings à la figure.
Ça peut continuer le jour où quelqu’un t’envoie des menaces pour que tu ne publies pas un article sur un blog, sur un journal, une nouvelle dans un recueil. C’est un degré au-dessus. Il y a ta liberté d’expression, mais aussi la liberté de la presse, ou la liberté artistique qui est en jeu.
J’ai connu ça : je suis partie et j’ai publié ladite nouvelle quatre mois en avance.
Un de mes amis récemment décédé a reçu des menaces de mort pour avoir témoigné et publié des idées sur un thème délicat. Il a tenu bon, il n’a jamais faibli. Des fois, c’est dur, tu as envie de tout laisser tomber. Des fois, tu te sens seul, et tu te demandes à quoi bon. Tu te dis que finalement tu sais quoi penser et que peu importe que les autres sachent. Il te reste la liberté de penser. Mais si tu n’exprimes plus tes pensées, elles vont s’assécher, elles vont s’amenuiser, elles vont disparaître. Tu es comme le narrateur de Matin brun, tu te dis que ce ne sont que de petites concessions qui ne prêtent pas à conséquence et que si tu peux être «  plus tranquille comme ça » mieux vaut fermer ta gueule.
Et puis, toi, tu es petit joueur, parce que dans la Grande Cour, il y a des gens qui publient à des milliers d’exemplaires, il y a des gens célèbres, il y a des dessinateurs. Il y a la presse nationale. Et eux, ils ont le service juridique qui va avec, ils font poids parce qu’ils sont un certain nombre, il on un chef de rédaction pour les défendre. Ils ne sont pas seuls. Ils ont même des fans. Tu te dis que eux, leur liberté d’expression elle est bien gardée.
Tu es fatiguée des fois de devoir répondre à certaines petites attaques à la con.
Les Grands se battent pour toi, et même des fois, ils te font rire, même si ils te choquent aussi un peu. Ils jouent avec le feu, mais il faut bien rester éveillés. Ils te font sortir de ta zone de confort, expression bien à la mode pour décrire le ronronnement agréable du quotidien de la classe moyenne, même si en fait toi aussi tu as des tas de problèmes et que ta vie n’est pas si confortable que ça. Surtout, ils te font réfléchir, parce que d’accord ou pas d’accord, une pensée exprimée est le meilleur tremplin pour que toi aussi tu affirmes tes opinions, tu les forges. Ton cerveau a besoin de gens avec qui tu es d’accord et avec qui tu n’es pas d’accord pour rester éveillé, rester allumé.
Et puis un midi, tu réalises que même pour les Grands il y a des risques. Toi tu as répondu à des petites attaques à la con, tu n’en as pas dormi de la nuit.
Eux, ils ne se réveilleront plus.
Ils sont douze, et ils se sont battus pour rester libres d’exprimer ce qu’ils voulaient. Ils étaient souvent attaqués, mais ils faisaient face. Aujourd’hui, les armes ont répondu à leurs mots et à leurs dessins.
C’est scandaleux, révoltant, injustifiable, inexplicable. C’est juste un crime. Un ami disait que c’était Charlie qui avait commencé. Non. Écrire et tuer ce n’est pas pareil. Tuer c’est abominable.
L’erreur ce serait de répondre, et d’attaquer la religion, la même, les autres, toutes.
Le fanatisme et l’extrémisme ne sont pas des religions.
Certains iront se rassembler. D’autres vont appeler à la haine et à la réplique.
Moi je voudrais juste vous inviter à faire trois choses :
_ exprimez-vous avec des mots, des dessins, de l’art et ne vous laissez jamais museler
_ achetez la presse, lisez-la, et n’oubliez jamais qu’elle est un modèle pour le monde entier.
_ arrêtez de vouloir censurer vos amis ( j’en ferai un autre article) sur leur blog sur facebook ou ailleurs. Respectez la première liberté d’expression, celle de tout concitoyen.
Toutes mes pensées vont aux proches des victimes et surtout à la famille de Cabu qui nous a bien fait rire dès l’enfance.
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