Publié dans Coups de coeur, Le quotidien

La bohémienne

Ekphrasis méditative…

auguste-renoir-la-bohemienne-reproduction-grands-maitres-peinture-sur-toile-galerie-art-artiste-peintre-copiste-professionnel-qualite-tableaux-musee-fra

Cette petite bohémienne a accompagné mon enfance. On la voyait dans les salles d’attente des médecins, enfermée dans son cadre bon marché, laissée en souffrance entre deux chaises inconfortables. Chez mon dentiste, j’eus tout le temps, lors de mes nombreuses visites, d’admirer sa jupe rayée rouge et blanc. J’achetai, heureux hasard, la même jupe quinze ans plus tard, par nostalgie, par tendresse, comme pour marquer ma reconnaissance à cette petite jeune fille qui me tint compagnie tant de fois dans l’ennui des heures à patienter sous le bruit de la roulette crissante du spécialiste des caries. La jeune bohémienne m’offrait l’échappatoire de la rêverie.

On la voyait également sur les étalages et les têtes de gondoles, à Noël, entre les nénuphars de Monet et les boulevards parisiens de Pissaro. On la regardait sans la voie, figée dans sa pause artistique, condamnée à être commune, invisible, œuvre d’art privée de cadre artistique, galvaudée, morne reproduction aux couleurs délavées, affichées dans des lieux inappropriés, chez les bourgeois, dans les supermarchés.

Lise, petite fille égarée dans un corps déjà sensuel de femme. Lise, offerte aux esprits, pour le fantasme, ouvrant la fenêtre de l’imaginaire sur l’étranger, l’étrange, l’orientalisme, la magie des diseuses de bonne aventure.

Lise, une touche d’épice sur la fadeur du quotidien.

Elle est assise, le genou ouvert. S’apprête-t-elle à se lever ? Elle semble incertaine tant ses mains, posées entre ses cuisses, semblent au contraire abandonnées, sans volonté, lourdes de tout le ressentiment de Lise. La main gauche menotte le poignet droit. La main droite tient une fleur qui ne semble pas forcer l’admiration de Lise.

Tout en Lise, pourtant, crie la liberté. Liberté des mœurs dans ce chemisier ouvert, offrant à la vue une épaule débrayée. Invitation à l’éveil des sens en ce jour chaud de printemps inondé de verdure. Liberté du peuple errant. Liberté des cheveux libres, ondulés, que rien ne retient, pas même ce petit ruban de satin rouge. Cheveux qui s’éparpillent sur le coup, les épaules, les bras, la nuque, le dos, la gorge : cascade indolente de boucles, chevelure hypnotique de sirène, sirène de la Bohème, vague cousine d’une Loreleï égarée dans un parc parisien. La boucle d’oreille souligne le lobe clair. Les cheveux cachent et dévoilent, encore, la poitrine à demi offerte aux regards. La bouche rouge, garance épanouie, semble sourire sans sourire, sourire dans la gravité à un souvenir évaporé sous le soleil cruel de la réalité.

Lise, ta jupe de bohémienne est une gageure. Lise, tu erres en vérité uniquement dans tes pensées, enfermée dans ton rêve. Lise, ton teint blanc, ta chair généreuse, dément pour toi. As-tu pleuré ? T’as-t-on forcé à posé pour le grand peintre ?

Ton âme est triste, Lise. Où est cet amoureux qui assombrit ton regard si profond, si grand, si doux ? Tu songes, tu ressasses, tu enlaces un espoir, un amour, tu rejettes hors du temps tous les obstacles tout en sachant combien tout cela est vain. Tes yeux sont résignés au chagrin, ta bouche espère encore. Dans l’arbre derrière toi, il y a comme des clartés qui me font espérer pour toi une échappée. Je sais pourtant que tu ne pourras jamais t’éloigner du cadre. Tu resteras encerclée entre le paysage de mer et la jeune fille trop blonde et trop sage que Renoir a condamné à l’obéissance. Une enfant ou une femme, ce n’est une image figée, Lise.

Egare-toi, Lise. Prends la fuite.

Publicités
Publié dans Mes DIY, Passions partagées

Peinture magique : l’atelier prénom

DSCN5495C’est les vacances ! Et qui dit vacances dit activité créative à la maison. je ne te conseillerais pas d’aller lui acheter des Lego, einh, tu sais bien qu’ici on aime créer des bidules et des machins !

Je vais te dire comment tu peux faire pour que les patouilles de bébé ressemblent à une grande œuvre d’art !

Cet atelier, sous surveillance d’un adulte en PERMANENCE, peut se pratiquer dès que bébé sait étaler quelque chose, comme sa purée.

Il te faut :


 

_ des feuilles de papier aquarelle : c’est très épais, ça boit bien, ça ne se déforme pas avec l’eau.

_ de la peinture en tous genres , à l’eau, aquarelle, gouache, peinture au doigt. ce que tu as !

Pour les grands tu peux proposer des pinceaux des éponges et des pinceaux avec réservoir.

_ et surtout l’ingrédient magique de la drawing gum !

C’est quoi ce machin ?
C’est le truc qui s’étale comme de la peinture mais qui est en fait de la gomme liquide et que les aquarellistes utilisent pour faire des marges blanches. Comme par exemple, des lignes très fines pour peindre par dessus et qu’une fois que tu gommes tu as un joli effet fourrure.

Exemple : une toile magnifique comme toutes celles qu’il fait de Michel Cendra-Terrassa, aquarelliste, qui m’a fait connaître la drawing gum !

michel_cendra_terrassa__le_macho_700

Bon, on n’en est pas là, mais voilà ce que tu vas faire :

_ la veille de ton atelier ou quelques heures avant, tu vas dessiner avec un pinceau ce que tu veux. Moi je te propose nos prénoms, mais tu peux faire un cœur, une étoile, ou une silhouette d’animal s tu es douée.

_ Pour l’atelier après avoir protégé tout ce qui doit l’être, dont le bébé, tu lui mets de la peinture entre les doigts. Tu laisses étaler, tu fais attention que la drawing gum ne bouge pas trop. faut pas frotter comme un forcené.

_ Tu laisse sécher

_ tu frottes la drawing gum et voilà. Tu peux vernir.

Si tu n’as pas de drawing gum, tu peux mettre des scotchs type washi. Ca marche aussi. Après tu les retires ( fais attention que ce soit des washis des vrais qui se repositionnent).

Tu peux aussi custumiser à l’infini, mettre des paillettes repeindre en blanc le prénom etc.

En fait avec le procédé du masquage tu peux faire ce que tu veux !

DSCN5498

Sur un châssis, tu peux utiliser des bandes à masquer pour peintre.

N’hésite pas à m’envoyer tes créations. Hum, j’adore ce mot, ma fille fait des CREATIONS à l’école !

DSCN5508 DSCN5509 DSCN5510 DSCN5511 DSCN5512

 

 

 

Publié dans Jeux et hobbies

Bébé artiste: le bon matos

DSCN1298 Depuis quelques temps, Bébé Comète s’intéresse au dessin, ou plutôt au barbouillage. Elle aime étaler les couleurs.
Dans un premier temps elle avait été dotée de ses fameux tapis de dessin à l’eau, mais cela ne l’intéressent pas, ce n’est pas assez concret ni assez précis. On attendra. Dans un second temps, nous avons tenté les feutres, et à la crèche aussi : c’est plutôt une réussite, mais elle s’en met partout, et tente de les manger. Je trouve le rendu assez « bof » il faut bien le dire puisqu’elle se contente de faire de grands traits colorés énergiques. Je n’ai moi-même pas un souvenir transcendant des craies Crayola, parce que je trouvais, quand j’étais petite, qu’elles étaient dures, que les couleurs n’étaient pas très nettes, ni très éclatantes, et que finalement ça servait à rien, ça rayait le papier plutôt que de le colorer.

Que faire ? Transgresser l’interdit, ma bonne dame, et filer regarder du côté du matos pour plus de 36 mois.

Lire la suite de « Bébé artiste: le bon matos »